AMÉLIE A SUZANNE
Ah I vous ne voulez pas me tutoyer et vous rejetez mes conseils ! Dès lors, je n*avais plus aucun ménagement à garder avec vous, ma chère, et je vous ai traitée en ennemie
J'ai, en conséquence, écrit de ma main à M. ïe docteur Lerman et je lui ai raconté tout ce qu'il ignorai! ; c'est-à-dire que vous n'aviez refusé son neveu que par
CORRESPONDANCE D'UNE INBTITDTTICE. 99 délicatesse et pour consacrer votre dot au bonheur de votre famille.
Récriez-vous I rougissez I tr^tez.-moi d'extravagante I peu m'importe 1 J'ai toujours pensé que pour être utile & ses amis on n'avait point besoin de leur permission , et que ceux qui l'attendaient ne cherchaient qu'un prétexte pour ue rien faire.
S'il y a inconvenance, elle restera à ma charge ; s'il y a succès, vous en profiterez.
Sur ce, ma belle, que Dieu vous ait en sa sainte garde. Je vous souhaite toutes sortes de prospérités... £t je t'embrasserais si tu voulais être une bonne aiuie comme autrefois.
Ah ! qu as~tu fiùt ! Et eembien je t'accuserais si je n'avais autant à le Cette lettre à N uand
ton billet m'en a instruite , j'ai poussé un cri de surprise et de désolation I Mais songe à ce que j'ai dû éprouver lorsqu'un instant après on m'a avertie que le docteur demandait à me parler. Je suis arrivée au petit salon tremblante, étourdie, ne sachant ce que j'allais devenir.
^M. Lerman m'a présenté ta lettre en me demandant simplement si je connaissais la signataire.
J*ai répondu affirmativement.
Si ce que la lettre renfermait était la vérité ?
— J'ai balbutié je ne sais quelle réponse ambiguë qui a fait à M. Lerman me regarder en face.
— Saviez-vous que votre amie m'écrivait ? a-t-il demandé.
Je lui ai , à mon tour , présenté le billet que je venais de recevoir.
Tout s'est trouvé expliqué. 11 m'a alors pris les deux mains avec attendrissement en m'appelant sa nièce , et, malgré moi, je me suis jetée dans ses bra^.
CORUESPOiNÛANCE D'UNE INSTITUTRICE. lOî