‹ Les Soirées du Château de RamezayChapitre 10 sur 50 · SCENE IV LES PEÉCÉ DENTS MOINS PIETRO · texte numérisé non relu

SCENE IV LES PEÉCÉ DENTS MOINS PIETRO

LE DUC, «'approchant de Stella.

Ne craignez rien, pauvre ange !

STELLA, le repoussant.

Halte-là, Monseigneur !. . . Rien de plus entre nous !

LE DUC Stella !

STELLA

Stella n'est plus, elle est morte pour vous !

LE DUC

Pardouue-moi, Stella ! pardon pour mon mensonge ! Je l'avoue, oui, je suis bien coupable ; mais songe Que nous nous aimions. . .

STELLA

Moi !... non. Monseigneur, j'aimais Un jeune homme sans nom et (sans fortune, mais Cœur loyal, qui m'offrait de partager sa vie. Je n'ai jamais vécu pour contenter l'envie D'un séducteur sans foi, d'un riche et grand seigneur Capable de mentir pour m'arracher l'honneur !

LE DUC

Si j'ai menti, Stella, c'était dans mon ivresse ;

Je ne t'ai pas trompée au moins sur ma tendresse,

Car je t'aime I. . . je t'aime !. . .

Ah ! je ne vous crois plus :

LE DUC, la main au cœur.

Ces sentiments, pourtant, tu dois les avoir lus. . .

STELLA, interrompant.

Ah ! trêve. Monseigneur, d'inutiles paroles ! J'ai servi de jouet il vos amours frivoles ; Que voulez-vous de plus ?

LE DUC

Je veux votre pitié.

En attendant d'avoir droit à voti-e amitié. Stella, ne soyons pas si cruels à nous-mêmes. . . Nous souffririons tous deux, car je t'aime et tu m'aimes!

STELLA

Mei, vous aimer, après tant de vœux solennels Trahis !. . . Non. non !. . .

LE DUC

Au moins, point d'adieux éternels !

Engager l'avenir est toujours téméraire.

STELLA

Quoi ! vous espéreriez. . .

LE DUCi interrompant.

Je veux être ton frèi"e !

Si je ne puis t'aimer autrement désormais, Je pourrais embellir ta vie au moins. . .

STELLA

Jamais I

Voyons, ma Stella . . .

STELLA, faiblissant

Non, laissez-moi !

LEDUC

Je t'en prie !

Je f ei-ai ta jeunesse enviée et fleurie ! . . .

STELLA, hésitant

Non !. . .

LEDUC

Soit! adieu!... Plus tard, tu regretteras bien D'avoir fait si gaîment ton malheur et le mien ! (Il sort.)

STELLA, prise de désespoir, et le rappelant.

Ah I Lorenzo ! . . .

CLe Due rentre et se précipite dans les bras de Stella qui pleure.)

LE DUC

Stella ! . . . ma Stella que j'adore ! . . . Tu me pardonnes donc ! tu m'aimes donc encore ! . . . Tu fais renaître au jour mon cœur désespéré ! Ah ! je t'aimerai bien, vois-tu, je t'aimerai ! Oui, nous nous aimerons tous deux à la folie !. . . Scellons par ce baiser le» pacte qui nous lie. Notre pacte sacré d'éternelles amours ! . . .

'Pendant qu'il l'embrasse éperdument, on aperçoit, soulevant les

rideaux de l'alcôve, la Duchesse, qu'Yesouf retire vivement

en arrière.)

Maintenant, à demain, cher ange, et pour toujours !. . .

(II sort, et Stella se jette à genoux sur un prie-Dieu en sanglotant, tandis que la Duchesse, masquée, sort lentement de l'alcôve.)

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