‹ Les soirées parisiennes de 1874- 1884 (volume 2)Chapitre 65 sur 99 · CE QUE JE PENSE DE MEILHAC · texte numérisé non relu

CE QUE JE PENSE DE MEILHAC

M. Henry Meilhac a du talent. On ne peut même lui refuser un esprit assez primesauticr agrémenté d'une note mondaine suffisamment personnelle. Peu de ses compatriotes savent passer, comme lui, des plus fines remarques à la charge de bon aloi, sans jamais verser dans la trivialité. La coquetterie de son dialogue lui permet d'aller fort loin sans que le pubHc y prenne garde. C'est le peintre le plus aimable des mille et une petites perversités parisiennes, mais par cela même son répertoire ne peut intéresser qu'un public très restreint. Ses œuvres ne s'adressent pas à l'humanité entière comme mon Amour dans rembarras {Love in a maze) par exemple, qui a fait le tour du monde.

GÉ QUE JE PENSE DÉ. SAkDOU

On s'accorde à trouver à cetauteur un grand savoir faire. Les thuriféraires louent très fort l'ingéniosité de ses combinaisons dramatiques, et, de fait, il serait injuste de ne pas lui reconnaître une certaine habileté.

11 présente passablement une situation , embrouille et débrouille avec assez de bonheur ses péripéties; mais à quoi aboutissent ses complications? Le plus souvent au mariage banal d'un fade jeune premier avec une ingénue insignifiante. N'ascitur ridiculus mz/s. Jele confesse, je ne tiens qu'en médiocre estime ses comédies les plus vantées. S'il a, comme on Ta dit, copié exactement les mœurs^de ses compatriotes, je ne fais mon compliment ni'au peintre ni aux modèles. Pour expliquer la renommée de M. Victorien Sardou, je ne vois guère qu'une œuvre ; encore n'est-elle pas citée parmi ses plus heureuses. La Taverne des étudiants^ tut sqmXq être comparée, sans trop de désavantage, au Vampire^ dont je suis l'auteur.

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