SCÈNE II
Les mêmes, LE SPECTRE DE KERGUEN
(Le spectre de Kerguen sort d*un vase de Chine et regarde Smilis, mais en restant invisible pour Georges. Smilis de* meure terrifiée.)
GEORGES
Te ne me réponds pas, m'aimes-tu ?
SMILIS, se parlant à elle-même
Mon Dieu ! mon Dieu, c'est pourtant vrai que je suis cause de sa mort. C'est moi, oui, c'est moi qui l'ai tué! Pauvre père! Le voilà qui semble me reprocher de m'être donnée à un autre. Non, ne crains rien, je ne me donnerai pas, jamais, jamais!
GEORGES
Mais que dit-elle ? que dis-tu ? Il me semble que nous bourlinguons, ô ma douce colombe. (Le spectre a disparu,)
SMiLis, comme sortant d*un rêve
Oui... pardonne-moi... il y a eu un peu de tangage... mais voilà le calme revenu . . . Mon cher Georges. . . {Elle va pour V embrasser. Le spectre de Kerguen sort d*une lunette marine, mais nest visible que pour Georges seulement,)
^•4 LKS SOTRKF.S PARIPilENNES
GEORGES
Que vois-je? Est-ce possible) C'est le spectre de l'amiral I II se dresse entre Smilis et moi... Oh! malheureux que nous sommes 1 (Le spectre disparaît,)
SMILIS
A ton tout", qu'as-tu?
GEORGES
Rien... une vision... On a beau avoir le pied marin, cela VOUS surprend...
SMILIS
Mais c'est fini...
GEORGES
Tout à fait fini...
SMILIS
Mon chéri...
GEORGES
Ma mignonne...
(Le spectre les sépare, visible, cette fois, pour les deux époux. Ses lèvres ont l'air d'articuler ces mots: Assassins !)