‹ Les soirées parisiennes de [1874-] 1884 (volume 3)Chapitre 32 sur 114 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les mêmes, LE SPECTRE DE KERGUEN

(Le spectre de Kerguen sort d*un vase de Chine et regarde Smilis, mais en restant invisible pour Georges. Smilis de* meure terrifiée.)

GEORGES

Te ne me réponds pas, m'aimes-tu ?

SMILIS, se parlant à elle-même

Mon Dieu ! mon Dieu, c'est pourtant vrai que je suis cause de sa mort. C'est moi, oui, c'est moi qui l'ai tué! Pauvre père! Le voilà qui semble me reprocher de m'être donnée à un autre. Non, ne crains rien, je ne me donnerai pas, jamais, jamais!

GEORGES

Mais que dit-elle ? que dis-tu ? Il me semble que nous bourlinguons, ô ma douce colombe. (Le spectre a disparu,)

SMiLis, comme sortant d*un rêve

Oui... pardonne-moi... il y a eu un peu de tangage... mais voilà le calme revenu . . . Mon cher Georges. . . {Elle va pour V embrasser. Le spectre de Kerguen sort d*une lunette marine, mais nest visible que pour Georges seulement,)

^•4 LKS SOTRKF.S PARIPilENNES

GEORGES

Que vois-je? Est-ce possible) C'est le spectre de l'amiral I II se dresse entre Smilis et moi... Oh! malheureux que nous sommes 1 (Le spectre disparaît,)

SMILIS

A ton tout", qu'as-tu?

GEORGES

Rien... une vision... On a beau avoir le pied marin, cela VOUS surprend...

SMILIS

Mais c'est fini...

GEORGES

Tout à fait fini...

SMILIS

Mon chéri...

GEORGES

Ma mignonne...

(Le spectre les sépare, visible, cette fois, pour les deux époux. Ses lèvres ont l'air d'articuler ces mots: Assassins !)

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