‹ Les soirées parisiennes de [1874-] 1884 (volume 5)Chapitre 94 sur 126 · TRIOLETS · texte numérisé non relu

TRIOLETS

Pierski, Pierson et Persoons Sont trois perturbantes personnes.

Tous en chœur nous applaudissons Pierski, Pierson et Persoons.

Dans un ménage de garçons, Toutes trois seraient bien en bonnes.

Pierski, Pierson et Persoons Sont trois perturbantes personnes.

Persoons, Pierson ou Pierski

Quelle parfaite perspective !

Quelle est la mieux des trois... oui, qui?

Persoons? — Pierson? ou Pierski?

Persoons a le rire exquis,

Mais Pierski me semble plus vive.

Persoons, Pierson ou Pierski,

Quelle parfaite perspective ! . . .

Pierski, Persoons et Pierson...

Ah ! Pierson si belle et si Blanche ! Sa voix est comme une chanson...

— Pierski, Persoons et Pierson !

Elle rit... — c'est Mimi-Pinson, Courant dans les blés, le dimanche. Pierski, Persoons et Pierson, Ah ! Pierson si belle et si Blanche.

NOVEMBRE. 38l

Mais qu'il y avait donc, derrière moi, aux stalles d'orchestre, des gens agaçants !

Le mari et la femme. La femme doit être couturière.

Pendant toute la soirée, ils n'ont pas cessé de critiquer ou de louer les toilettes. Et — je vous l'ai dit — il y en a beaucoup, et de charmantes, dans la Veuve!

— Il est joli, ce chapeau !

— Oui, mais le corsage est trop nu t

— Ah ! vois donc... comme cette épaulette est comprise ! Est-elle comprise, cette épaulette !

Voilà des gens qui n'étaient pas venus pour la pièce, je vous le garantis.

MM. Meilhac et Halévy n'ont pas renoncé définitivement, comme on Pavait dit, — à l'opérette. Mais l'un des deux auteurs, Henri Meilhac, manifeste pour ce genre de pièces une grande répugnance.

Meilhac n'aime pas la musique, ni la mise en scène, ces deux éléments si importants des opéras-bouffes.

Quand il assiste à la première représentation d'une bouffonnerie musicale, il se tient généralement au fond d'une loge, écoutant le dialogue.

On a beau se pâmer, dans la salle, aux morceaux plus ou moins réussis de la partition; on a beai| bisser les couplets, applaudir les décors et les costumes, si le dialogue ne l'a pas amusé :

— Voilà un succès qui ne peut pas durer ! dit-il.

Et notez que, le plus souvent, l'événement confirme sa prédiction, qui tout d'abord a paru baroque. Malgré cela, Meilhac adore les petits théâtres.

382 LES SOIRÉÇS PARISIENNES.

On le voit souvent aux Fplieç- Bergère. Les clowns lui causent un plaisir sans mélange, et il maudit la mqnie qu'ont les direçtçqrs dfi do^ier lp\\çs premières le samedi, parce que cela l'empêche d'aller au Cirque.

Il est vrai que dans ce milieu; ou les spectacles s'adressent aux yeux e{ non $ l'esprit, Meilhac poursuit presque toujours quelque situation ébauchée dans la journée. Il est plus facile, en effet, de trouver des scènes de la Veuvç pendant les exercices de M. Loyal que pendant le quatrième acte des Ifuguer^ats.

Pradeau ne joue donc plus que les joailliers au Gymnase?

Il $ déjà rempli, daus An4r4q, un rôle de joaillier qui ressemblait fort à celui de ce soir.

Les demoiselles des avant-scènes \\\i fpnt Jes yeyx doux. Il est évident qu'il leur rappelle les vitripçs de la rue de la Paix.

C'est égal, si cela continue aipsi, on gç dira plu« l'acteur Pradeau, mais la maison Pradeau.

On me glisse ce mot — je vous proviens qu'il est mauvais :

— Pradeau est d'âge à jouer les pères rçpbles, seulement il préfère jouer les Samper nobles I

rçQVEMBpp. 383

Page 1