‹ Les soirées parisiennes de [1874-] 1884 (volume 5)Chapitre 98 sur 126 · LE TOUR DU MONDE · texte numérisé non relu

LE TOUR DU MONDE

7 novembre.

On s'est embarqué à sept heures quinze minutes au Port Saint-Martin (La Porte-Saint-Martin va, pendant quelque temps, porter ce nom.)

Temps assez doux. Un peu de brouillard.

Laissez-moi vous présenter le capitaine, M. Jules Verne.

C'est un homme de taille moyenne, au regard vif.

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musclé> fort, portant toute 9a barbe. Cheveux grisonnants. Beau type de marin. La parole brève, celle d'un homme habitué au commandement. On te dit bon et on ne lui connaît que des amis* Pas un pays qu'il n'ait visité. Il a exploré le centre de l'Afri<jue — en ballon ; il s'est approché de la lune et est descendu à l'intérieur du globe terrestre. Quand il s'est proposé d'arriver quelque part, il y arrive, malgré .les obstacles, les accidents, les catastrophes; il tente tout, brave tout et surpasse tout. Jamais capitaine n'a inspiré plus de confiance !

Vous savez quel est son second : c'est Adolphe d'Ennery.

Un navigateur émérite, connaissant tous les écueils et sachant les éviter. Ne compte plus ses traversées heureuses. A fait quelquefois naufrage, ce qui lui a donné le calme dans le danger et le sang-froid au milieu des plus horribles tempêtes.

Signe particulier : ne voyage que lesté d'énormes paquets de ficelles qui lui servent à boucher les voies d'eau lorsqu'il s'en produit.

J'ai organisé, pour tenir mon public au courant dtss péripéties du voyage, un service spécial de pigeonsvoyageurs. Les mêmes ont fait, lors de la dernière session législative, le service du journal la Liberté; c'està-dire qu'on peut compter sur eux.

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