‹ Les soirées parisiennes de 1874- 1884Chapitre 53 sur 112 · ARTISTES DES PRINCIPAUX THEATRES DE PARIS · texte numérisé non relu

ARTISTES DES PRINCIPAUX THEATRES DE PARIS

]nfin, un nouveau pensionnaire des Variétés : Gri-

-elui-là, par exemple, n'est pas absolument enc nté de reparaître dans une féerie. Je ne sais si ce -, parfois amusant, a jamais été l'objet de sa vocamais il est certain qu'il l'a pris en horreur de- [u'il a chanté des romances et des ensembles ^oz/r ai dans les représentations de l'ex-Théâtre-Ly-

assé au grade de chanteur sérieux, il n'avait déjà

repris son rôle de Mercure, lors de la dernière appa tiôn d'Orphée, qu'avec des larmes dans la voix, peu de temps après, ayant rencontré un camarade ' le boulevard Montmartre :

— Qu'as-tu donc? tu semblés tout joyeux, lui manda ce dernier.

— Ce que j^ai !... répliqua Grivot en se frottant mains, j'ai que je vais changer d'air ! Cette maud Gaîté peut ressusciter maintenant, on ne m'y ve plus; je ne jouerai plus dans les féeries.

— Ah bah ! Pourquoi?

— Dame, c'est tout à fait impossible : je viens de gner avec Bertrand, je suis des Variétés!

L'infortuné trial oubliait qu'il ne suffit pas de gner avec le directeur des Variétés pour être des ^ riétés.

Et, amère fumisterie de la destinée, c'est sur la se dont il était plus que rassasié que son nouveau dii teur lui fait remplir — à lui artiste à peu près lyrl — le rôle d'un chat!

J'arrive aux décors, aux trucs et aux costumes.

Je n'ai, du reste, à parler de la pièce qu'à ce p« de vue extérieur et pittoresque, qui est, à vrai din plus important dans ce genre spécial.

Sous ce rapport, il y a, dans le Chat botté, de fets ratés et des effets réussis. Il m'est doux de i mencer par ces derniers.

Citons donc, parmi les bonnes choses du pre acte, le finale dansé des lumières. Cet effet n'esi absolument inédit : nous avons déjà vu quelque ^ des danseuses et des figurantes se trémousser en tant des lanternes vénitiennes montées sur mancl balai, mais comme il réussit toujours, on ne peut • applaudir quand il est bien mis en scène. La toil< fond, représentant dans le lointain une ville ilit née, a été très-remarquée.

Dans ce premier acte, j'aime moins, mais beaucoup 3ins le cortège des prétendants. Un malveillant me re que les costumes en ont été dessinés par Grévin, jis ils laissent tant à désirer — surtout comme fanisie — que j'ai peine à croire cette petite calomnie, f, en vérité, tous ces prétendants ne peuvent guère étendre à l'originalité du costume.

Autre critique. Pourquoi nous montrer, à la Gaîté, 1 nouveau ballet des Mouches, après celui que nous :nons d'y revoir tout récemment ?

On mé dira que ce ballet est intitulé, sur l'affiche, Ballet des Fleurs animées. » Mais malgré la préncede quelques fleurs, c'est encore l'élémc^ut :.. juche n domine.

C'est dans le second acte que l'on a essayé d'accuuler les attractions.

On y voit le fameux troupeau de moutons articulés ■ un joli truc acheté par OfFenbach à Londres et qu'il 'ait rintention d'intercaler dans son Don Quichotte; ville de fer, avec des manœuvres exécutées par des nazones complètement vêtues de perles de toutes )uleurs; la ville d'or — trop de jaune! — et enfin le illetdes Monnaies.

C'est la grande surprise de la soirée. Et il y a vrailent bien de quoi. Jugez-en.

Le mauvais génie vient d'enlever la "fille du roi. Et )ut à coup, pour célébrer cet enlèvement, on voit ener des femmes-drapeaux, pavillons de toutes les naons, russes, anglais, autrichiens, italiens, amérilins, belges, prussiens mêmes, et enfin le drapeau icolore. Au fond, au milieu des soleils tournants et a-dessous d'une immense guirlande de femmes susendues, on voit... Quoi? Je vous le donne en mille : i colonnade du Trocadéro!

Ce ballet des Monnaies est le ballet de l'Exposition. O Perrault, qu'en penses-tu ?

l8o LES SOIRÉES PARISIENNES.

Grâce à la durée des actes, durée qui n'est dépasS' que par celle des entr'actes, il est plus de minu quand commence le troisième acte.

Je me sauve... comme un chroniqueur.

Ce qui me console un peu, c'est que je ne perdr pas tout.

Un ami dévoué, qui veut bien rester jusqu'au boi me fait une douce promesse :

Il me racontera l'apothéose!

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