Les soirs [microforme]
Noirs 4 Soirs étoiles ou soirs DOTOSFS, Noirs sohtnolents on Soirs d'orage, les Soirs ont en eux toute la poésie des êtres et des choses. Qu'ils soient faits de calme on de grondements, c'est la grande voir de l'amour qui parle, cette voir que le poète entend dans
toute son intensité.
Et les poètes aiment à chanter les Soirs.
Voici que dans notre poésie, les Soirs ont maintrnant leur chantre : un tout june homme doué d'une ime d'artiste. Ses \ Soirs nu sont des visions, pas mé me des visions, des successions d'impressions. Il ne s’est pas attardé à décrire des couchers de soleil, des pâleurs de lune, ou des scintillements d'étoiles : ce ne sont ni les changements de nuances, ni la transforma-
tion des couleurs, ni les fantasmagories d'ombres qu'il A {1
ti Pr sfuice
« dépeints dans les soirs d'où naît sa poésie : mais plutot, poussant plus loin son art, il a évoqué des impres sions aussi insaisissables que des rayons d: lune, aussi
troublantes que les soirs eux-mêmes.
Partout, dans les Noirs du jeune poète, surgit la vision de la femme : c'est un peu, c'est peut-être uniquement pour la femme qu « écrit son livre Et la femme, qui ne vit que des multiples impressions qui la font vibrer — et qui, plus sage que l'homme, ne se soucie pas d'analyser ces impressions — la femme aime-
ru ces payes, les comprenant par intuilion.
Les n Soirs sont une œuvre de jeunesse. L'auteur s'y révèle un vrai poète. En donnant au public cette première œuvre, il contracte une obligation : puisqu'il est doué des quaiités du poète, son devoir est d'enrichir notre littérature d'œuvres müries par le travail et la méditation. Je souhaîte qu'il soit à l'abri des angoisses de la vie matérielle, ces écueils toujours jutals aux âmes faiblement trempées — à cause de leur
impressionnabilité — que sont généralement les vrais
Préface iii
poètes. Qu'il s'en tienne à ce qu'i dit dans sa pièce, lu Oiseau divin , et puisse-t-il
Dans l'azur de son réve où montent des desastres, Malgré Cinuime effroi des noires visions, Garder loujours l'espoir de ses illusions.
puisque Son me est un oiseau que monte vers les astres.
(fermain BEAULIEU.
Décembre 1910.