‹ Les soirs [microforme]Chapitre 24 sur 40 · MARIVAUDAGE · texte numérisé non relu

MARIVAUDAGE

11 semble que la nuit à son front nuagé, N'a plus gardé qu’un voile exquisement léger.

Par les soirs de printemps, j'aime égarer mes pas Dans les jardins fleuris aux sentes parfumées,

A votre bras, madame, et nous parlant tout bas, Enivrés du parfum des paroles aimées.

Car j'adore causer d'amour, tranauillement,

Dans les pares assombris, pleins de senteurs de roses. Pendant que nous prenons — oh ! si discrètement ! — Pour en rougir ensuite, un baiser que l’on ose.

L'hiver a remplacé le doux avril vermeil ; Qu'importe à notre cœur, s’il nous reste quand même Un jardin toujours gai, toujours plein de soleil, Riant enclos de l'âme, où l’on chante, où l'on aime !

Les Soirs étoilés 29

Aussi, quoique le froid soit bien âpre aujourd’hui, | Promenons-nous tous deux dans les routes chantantes Du jardin parfumé de nos cœurs alanguis,

Et cueillons-y les fleurs des baisers, dans les sentes.

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