AZOTE CENDRES POTASSE CHAUX
ACIDE phosphorique
kilogr. kilogr. kilogr. kilogr. kilogr.
I. — Dépenses minérales annuelles en culture normale (bois seul). (exprimées en kilogrammes).
La production ligneuse annuelle d'un massif plein de chêne extrait du sol au moins} 10 20516 T2 0 2,9 14,4 (le chêne étant plus exigeant que le hêtre).
II. — Dépenses minérales annuelles en culture-vampire (bois, soutrage, couverture morte).
BOIS OU) ne, PA ee Dante 10 29,6 4,6 fe | 14,4 Douterire morte, DT ee Ur or 0e AUS EU 8 6 9,9 10,5 81,9 Soutrage (1 500 kilogr. de bruyère) [‘]. . 18 31 ,2 4,0 2,1 6,7 Total. iv 4 680 946,312 18,5 0e 15,5 OPA
1. Ge chiffre de 1 500 kilogr. est extrait de l'Étude sur les Landes et les Foréts dites Fulaics plantées dans la région des plateaux sous-pyrénéens, par M. FABRE (Bulletin de la Sociélé Ramond), 36° année, 2° série, t. VI, p. 175).
« On peut admettre que l'hectare de forêt exploité au point de vue agricole donne
L’appauvrissement marche cinq fois plus vile pour la potasse et l'acide phosphorique, sept à huit fois plus vite qu’en culture normale pour l'azote, pour la chaux et le total des cendres.
Le stock d’acide phosphorique, en supposant que la production d'acide phosphorique assimilable s’arrête, ne serait épuisé qu’en quatre cents ans avec la culture normale, tandis qu’avec le mode barbare actuellement en usage tout l’acide phosphorique serait enlevé en soixante-huit ans.
C'est surtout la réserve de chaux, principe si rare dans tous ces sols dits boulbènes, qui s’épuise vite, comme le montre le tableau L, et c’est elle qui, par la couverture, sert à compléter la maigre provision des terres cultivées. Ce principe, indispensable à la végéta- . tion, devient insuffisant pour le maintien des forêts qui disparaissent peu à peu au grand détriment de l’économie générale de la région (°). « Des centaines d’hectares de forêts s’acheminent ainsi vers l’état de landes. »
Nous avons signalé (n° 52) une autre région de France (*), où les extractions annuelles d'herbes et de feuilles mortes mènent les forêts à la ruine et où l’on pourrait appliquer les mêmes calculs d’épuisement. |
Et ce ne sont pas les seuls points de notre pays où règnent ces détestables pratiques.
« Dans la Sarthe il y a 70 000 hectares au moins de pineraies ; dans cinquante ans, si cet abus (récolte de bruyère) n’est pas enrayé, il y aura 15 000 hectares qui auront fait retour à l’état de landes où rien ne veut plus pousser. Cet état se constate déjà; dans certains
environ quarante-quatre quintaux nets de soutrage. Comme l'étendue des forêts considérées est ouverte au moins sur un tiers à cette exploitation, l'hectare boisé donne environ quinze quintaux nets. » Nous supposons qu'il s'agit de bruyères pures ; si dans le soutrage il entre une proportion importante de fougère, l'épuisement en cendres totales et en potasse est très augmenté.
1. « Les restitutions calciques exigées par l'exportation culturale sont faites à l’aide du marnage et surtout de l'incorporation aux fumiers de la couverture végétale des landes, tuye, brande, soutrage qui devient elle-même l'objet d'une sorte de culture d'exportation et par conséquent une source permanente d'épuisement du sol. » (FABRE.)
2. Les Forêts en Bresse, Dombes et Revermont, par L. Trier, inspecteur des forêts. Bourg-en-Bresse, 1901.
cantons, et J'ai vu, moi-même, des dizaines d'hectares d’un seul tenant complètement vides et absolument ruinés comme sol. » Aïnsi s’exprime M. RouzLeau ('), inspecteur des forêts au Mans, qui estime que l’on récolte 10 000 kilogr. de bruyère par hectare, tous les trois ans, dans les forêts particulières de cette région. Ce soutrage correspond à un enlèvement de 200 kilogr. de principes minéraux assimilables contenant environ 90 kilogr. de chaux, 20 kilogr. de potasse, 20 kilogr. d'acide phosphorique. On comprend qu’un tel prélèvement, renouvelé tous les trois ans, sur un stock déjà minime, amène promptement le sol à la stérilité. |
Grâce aux persévérants efforts des forestiers, et notamment de M. RouLLEAU, le soutrage, qui se pratiquait en grand dans la forêt domaniale de Bercé, ne se fait plus.
Que les professeurs d'agriculture, les instituteurs, les sociétés : d'agriculture unissent leurs efforts à ceux des agents forestiers pour extirper enfin de notre sol ces pratiques routinières condamnées par l’agriculture moderne.
Comme contrôle de la méthode précédente d’évaluation de l’épuisement du sol, on peut analyser deux sols forestiers primitivement identiques, dont l’un est resté garni de sa couverture morte quia été régulièrement enlevée sur l’autre. L'exemple relaté plus haut (p. 92 ad nolam) montre aussi nettement que possible la différence qu'amèêne dans la composition chimique et physique du terrain le ratissage répété de la couverture. Dans une couche de 47 centimètres d'épaisseur le sol intact présente par hectare un excédent de 3099 kilogr. d'azote, 1 666 kilogr. de potasse, 1353 kilogr. de chaux et 585 kilogr. d’acide phosphorique.
La lévigation a donné pour le sol intact 1 315 000 kilogr. de terre fine à l’hectare et 576 000 kilogr. seulement pour le sol ratissé, soit une différence de 739 000 kilogr. en faveur du sol qui avait conservé sa couverture ; ce fait confirme pleinement ce qui a été dit plus haut (n° 28) quant à l'influence de l’humus sur l’ameublement du sol. La
1. Lettre du 14 mars 1906 : « La lutte est finie. Le professeur d'agriculture a institué des champs d'expériences pour démontrer aux cultivateurs qu'ils pouvaient avec les engrais obtenir plus de litière sur leurs propres terres qu'ils n'en récoltaient jadis avec le concours du sol forestier. »
faculté d’imbibition du sol intact est aussi beaucoup plus grande à cause du taux plus élevé d’humus et de terre fine.
85. Épuisement par les jeunes plants en pépinière. — I] est un cas où le sylviculteur imite forcément les procédés de l’agriculture la plus intensive ; c’est dans l’éducation des jeunes plants en pépinière. On ne produit que des tiges très jeunes, par suite riches en principes rares, et qu’on extrait entièrement du sol, si bien qu'aucune partie de la récolte ne retourne au terrain.
Dans de telles conditions, les pépinières arriveraient vite à Ja stérilité si l’on n’y apportait des engrais (chap. XVID).
Divers auteurs ont cherché à déterminer l’appauvrissement du sol des pépinières. Ainsi, d’après W. ScamiTz-DumonrT, la production de Jeunes pins sylvestres de un et de deux ans exige par hectare et par an les quantités d'éléments nutritifs indiquées ci-dessous :
MOYENKE arte POMMES TABAC
PREMIÈRE | DEUXIÈME Abu rs DE TERRE | (feuill>s a 18 000 kgr.
deux geres de
années RP AbbÈTEs
sèches) tubercules 2 500 |
année année
mms né D
Re oi, 147,36 | 93,67 ns 79,50 | 50,94 Acide phosphorique. .| 36,24 | 23,00 LL SRE 61,44 | 36,70 Magnésie, . . : 29,11 | 18,09
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