‹ Les sols forestiersChapitre 118 sur 180 · ET TO TT TN CP DER RE VERTE · texte numérisé non relu

ET TO TT TN CP DER RE VERTE

même temps qu'aux champs, ont produit deux fois et un tiers autant de matière sèche, c’est-à-dire de récolte, que les champs contigus.

La récolte obtenue a donc été sensiblement proportionnelle à la quantité d'eau consommée (*).

Dans quelles mesures ces résultats s’appliqueraient-ils à la végétation forestière, c’est ce qu’il serait intéressant de savoir.

HaLz a étudié pendant plusieurs années (*) l'influence de la pluie et de la température sur diverses espèces d’arbres en Écosse. II déduit de ses recherches que, dans les conditions où il se trouvait, c’est la pluie qui est le facteur important; la température et ‘la lumière solaire ne jouent qu’un rôle secondaire, En général, dit aussi BoGue (°), il y à une relation directe entre les précipitations atmosphériques et l’accroissement des arbres.

Si l’on admet une récolte moyenne de blé, pesant 7 500 kilogr. à hectare (grain et paille), soit 6 275 kilogr. de matière sèche, il lui aura fallu transpirer 1 883 mètres cubes d’eau, à raison de 300 parties d’eau évaporée pour une partie de matière sèche fixée.

Nous avons vu précédemment que la forêt produisait annuelle- - ment par hectare à peu près ce même poids de matière sèche. En admettant qu’on ait le droit de transporter à la forêt les chiffres obtenus pour les céréales, une lame d’eau de 20 centimètres, en supposant qu’elle passe tout entière dans le corps de l'arbre, suffirait à la production annuelle du bois, des feuilles et des graines des massifs forestiers. Mais il y a de telles différences entre un champ de blé et une forêt, qu’on ne peut ici faire état en aucune façon des résultats précédents.

Il faut des recherches spéciales.

De l’eau qui passe dans le corps de l’arbre il y a deux parts à faire. Une portion entre dans la constitution du manteau ligneux annuel et des feuilles. Celle-là est susceptible d’une évaluation à peu près rigoureuse. Puisque la quantité totale de matière organique sèche

1. L. Granprau (Annales de la Science agronomique française et élrangère, 1594-1895, re If, P: 252).

2. Trans. and Proc. Bot. Soc. Edinburgh, 1901, p. 71-88. 3, Mo, Weather Rev., 1905, p. 250.

fabriquée annuellement par un hectare de forêt en massif plein (feuillu ou résineux) ne s’écarte pas beaucoup de 6 000 kilogr. et que la moitié environ de ce poids est formée par l’eau — le carbone constituant l’autre moitié — l’arbre fixe dans ses tissus pour-son accroissement un poids d’eau qui ne s’écarte guère de 3 000 kilogr. par hectare, quantité insignifiante.

L'autre portion de l’eau absorbée par les racines est infiniment plus considérable. Est-elle, comme la première portion, à peu près égale à celle que l’on a déterminée chez les plantes agricoles ? Est-elle plus grande ou plus petite? Nous possédons fort peu de renseigne- | ments sur ce sujet et moins encore sur la question connexe de la relation entre la transpiration et la production de la récolte annuelle (bois, feuilles, graines).

En tout cas, les différences (enracinement, nutrition, longévité, formation de la récolte, etc.) sont telles, comme nous venons de le dire, qu’on ne peut de plano transporter à la végétation forestière les résultats déjà obtenus pour les plantes agricoles.

Les premières recherches sur la transpiration des arbres paraissent être celles de HaLes, en 1727, qui furent reprises, plus d’un siècle après, par un autre Anglais, l’agronome sir Joux B. Lawes (en 1851). Les pesées montrèrent que l’évaporation est beaucoup plus active pour un temps donné dans les arbres à feuilles caduques que chez ceux à feuilles persistantes.

Les essais du D' Franz R. von Hôunez (‘) sont beaucoup plus importants. Poursuivis pendant trois années, ils lui ont permis de déterminer, pour les conditions dans lesquelles les plants étaient placés, le nombre de kilogrammes d’eau évaporée par 100 grammes de feuilles desséchées à l'air. Voici les chiffres trouvés à Vienne pour les périodes de végétation de 1878, de 1879 et de 1880 (°), : dont les conditions thermiques, si importantes pour la transpiration,

1. Ce travail a paru dans les Millheilungen aus dem forstlichen Versuüchswesen Œsterreichs de 1879 et 1880 et dans les Forschungen de WoLuny, 1881.

2. En 1878, l'expérience ne dura que du 14 juin au 10 octobre; en 1879, sa durée coïncida mieux avec celle de la saison de végétation ; les pesées furent poursuivies du 1° mai au 31 octobre et en 1880 elles commencèrent dès le 1° avril pour finir à ceite même date du 31 octobre,

L'EAU DU SOL ET LA FORÊT 305 ont été trés différentes, ainsi que l’indique l’évaporomètre Piche, qui a accusé pour 1878 une évaporation 2,27 fois plus faible qu’en 1879.

Poids en kilogrammes de l'eau transpirée dans une saison de végétation

À par 100 grammes de feuilles desséchées à l'air 1878 . 1879 1880 (!)

0 0 68,0! Fréné, 205" 98,871 Fréne 0-24 1010

2: 604 Métrés 0 7" 85,9: Douléanr/ St 0758 ; 0 no6, 2 Pouleaut1f.,0"84)5: 7 Hétrels "5 91,4 % D 0 47,2 Charmes 2,51. 15,9, Chdre 4:74 787,2 ; Bmbiepline/ 46/3 \Orme. .. , :..: 75,5: Orme . . . . 82,5 L Érablesycomore. 43,6 Chêne rouvre . . 66,2 Érable sycomore, . 70,4 ; Orme. . . . . 40,7 Érable sycomore . 61,8 Chéne rouvre. 69,1 Ù Chêne rouvre. . 28,3 Ghëne chevelu , . 61,4 Érable plane . 61,2 1 Chêne chevelu . 25,3 Érable plane, . . 51,7 Chêne chevelu. 49,2 ; | A 58 ipiéa. | 1, 90,6 + Épicéa. 14,0 | Pin sylvestre. . 5,8 Pin sylvestre. . . 10,4 Pin sylvestre . 12,1 à DE... NA RO ES AA SVT 0 C0 SADIn ee 9,4 4 D 0 0 242) Sniper TS LIN AGP US 7,0 N : ns Ë .

À Du 1% mai à la fin d'octobre, l’évaporation fut de 463 en 1879 et de 477 en 1880. « Dans les essais de 1880, la terre des vases fut main- — tenue toujours saturée ; car il ne s’agissait pas de déterminer, comme è dans les essais de 1878, combien d’eau les arbres utilisent nécessai- — rement, mais combien ils en peuvent utiliser. » À | On ne peut évidemment compter sur des chiffres concordants 7e

puisque, en admettant même (ce qui n’est pas) que toutes les circonstances relatives aux plantes eussent été identiques pendant ces trois saisons de végétalion, celles-ci ont présenté des différences

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1. Les plants en 1880 ont été constamment en contact avec un sol saturé; il semble donc que les chiffres de 1880 doivent exprimer le maximum d'eau que peuvent absorber les jeunes plants dans les conditions de température, d'éclairement, de sol où ils étaient placés. « On sait que les racines d'une plante prennent un développcment d'autant plus grand que le sol où elles pénètrent est plus pauvre en aliments; ce développement exagéré des racines se traduit par une forte transpiration de la

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€ plante qui emploie, pour élaborer sa matière sèche, une quantité d'eau beaucoup * plus forte que celle qu'elle dépenserait si clle était bien nourrie, » (DERÉRAIN.) Ÿ On ne voit pas pourquoi ce fait, vériñé sur des végétaux herbacés, ne se présenterait

Pas aussi chez les arbres.

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