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411237 hectares, ce qui représente une proportion de 32,9 °/,; mais 1l faut retrancher de ces 411 237 hectares 100 802 hectares de vides intérieurs et de vacants domaniaux des hautes montagnes qui sont entièrement improductifs. Le taux de boisement tombe alors à 24°.
Avec les pentes excessives des Pyrénées, leurs pluies abondantes,
leurs roches en partie altérables, ce taux est manifestement insuffi-
sant, d'autant plus que le cinquième des bois communaux n’est pas soumis au régime forestier. Livrés sans défense à la discrétion des aulorités municipales, ces bois disparaissent graduellement.
« Les terrains primaires occupent presque exactement la moitié de la superficie recouverte par les bois. Les terrains secondaires et les terrains massifs se partagent l’autre moitié, en proportion presque égale ; mais ils sont bien moins uniformément distribués que les terrains primaires (*). De la constitution géologique du sol dépend sa composition minérale et de cette dernière résultent les qualités physiques et chimiques dont il est doué. De là les différences si tranchées qu’on remarque d’un bout à l’autre de la chaine.
« À l’est, les terrains siliceux sont tout à fait prédominants dans les forêts des Pyrénées-Orientales ; à l’ouest et au centre, ce sont les terrains calcaires. À l’exception des terrains purement siliceux qui sont pauvres, on peut dire que le sol forestier des Pyrénées est partout d’une bonne fertilité moyenne. Parfois, comine dans l’Aude et sur d’autres nombreux points de la chaîne, il est d’une profondeur, d’une fraîcheur et d’une fertilité exceptionnelles. Et à l'influence du sol sur la végétation viennent s’ajouter les bienfaits d’un climat privilégié. » (DE GoRssE, loc. cit.)
Si elles étaient exploitées avec ménagement, les forêts pyrénéennes formeraient des massifs bien pleins, d’autant plus néces-
saires pour la régularisation du régime des cours d’eau et leur uti-
lisation industrielle que les Pyrénées n’ont pas les glaciers et les neiges éternelles des Alpes pour alimenter en été les chutes hydrau-
1. De Saint-Girons à Bagnères-de-Bigorre, il y a une zone plus forestière que tout le reste ; elle correspond presque en totalité à des affleurements de calcaire jurassique.
liques (!) et que les lacs sont comblés ou en voie de disparition. Mais, au contraire, elles sont en prote à à tous les abus (hache des délinquants, incendies, exploitations à outrance, enlèvement des feuilles mortes, et surtout exercice immodéré du pâturage qui, à lui seul, cause aux forêts plus de préjudice que tous les autres fléaux réunis).
D'autre part, les pâturages surchargés se détériorent, le sol s’y dénude et s’y ravine plus vite encore que dans les clairières des forêts. Aussi les éboulements, glissements, inondations, laves torrentielles se multiplient de plus en plus (?). « Toutefois, le torrent n’est encore dans les Pyrénées qu’à l’état d'exception, mais exception qui deviendra bien vite la règle, si on n’y veille attentivement... Quand l’armature végétale a disparu, quand ces terrains s’entament et sont livrés sans protection à l’action destructive des météores, les érosions se développent avec une vitesse et une énergie effrayantes. » (DE GORSSE, loc. cit.)
De l'avis unanime, cette aggravation de la torrentialité résulte de la dégradation progressive des hauts pâturages et du déboisement, et cette œuvre de destruction est en grande partic déterminée par le régime de la propriété en montagne, qui est le collectivisme.
Depuis quelques années un mouvement sérieux s’est dessiné et s’accuse de jour en jour en faveur de la conservation, de l’amélioration et de l’extension si nécessaires des forêts pyrénéennes, en faveur aussi de la restauration des pâturages dégradés.
Des associations se sont formées, groupant toutes les bonnes volontés et prêchant la bonne parole.
Espérons qu’enfin ce concours persévérant d'efforts finira par amener des résultats tangibles (°).
1. Il n'y a de neiges persistantes que sur le versant nord, où elles ne descendent pas au-dessous de 2 730 mètres. Comme la hauteur moyenne de la chaîne est de 3 000 mètres, il y en a donc très peu. Le point culminant est, en Espagne, la Malacetta (3 404 mètres), en France, le Vignemale (3 298 mètres).
2. En trente-cinq ans, de 1871 à 1906, sur la route Lourdes —Barèges —Cauterets— Gavarnie, il a été dépensé 1 150 000 francs (!) en travaux de réparation el rélec- {ion à la suite de crues ou d'éboulements.
3. Jusqu’alors (1904), dit M. ne Gonsse, l'œuvre du reboisement dans le bassin de la Garonne est restée presque stationnaire.
LE | RÉPARTITION DES FORÊTS ET DÉGRADATION DU sOL 371
4 418. Jura. — Le Jura est, comme les Vosges, une région géolo- | gique où le taux, l’état et la répartition des forêts, ainsi que l’état de | : - conservation du sol (les deux seuls points dont il soit question e satisfont pleinement l’économiste et réalisent à peu près l’idéal rêvé 2 Elle nous retiendra donc moins longtemps que les deux régions pré- — cédentes où ces deux conditions essentielles de prospérité laissent tant … àdésirer.
La chaîne du Jura forme, au sud des Vosges dont elle est séparée par la trouée de Belfort, une région montagneuse disposée en arc de cercle, allant jusqu’au coude du Rhône, près de Belley.
. Elle a 240 kilomètres de long sur 50 ou 60 de large ; elle est comà D entièrement dans les trois départements Doubs, Jura, Ain qui Du la France de la Suisse.
Ces montagnes sont constituées par des calcaires et des marnes | jurassiques et infracrétacées dont les couches puissantes sont à l’est, | vers la Suisse, affectées de nombreuses SRE parallèles à la . courbure générale de la chaîne, tandis qu’à l’ouest, vers la Bresse, 1 la région centrale des plateaux est subdivisée par trois grandes à failles en gradins successifs, offrant, à mesure qu’on s’avance vers à l'est, des altitudes plus grandes et des affleurements de terrains plus Ds
- Les divers étages du jurassique et de l’infracrétacé affleurent en Die étroites, souvent alternantes. Les calcaires, généralement durs et résistants, forment les saillants du relief et donnent sur les plateaux et les crêts un sol superficiel et sec, très filtrant à cause des À nombreuses fissures (/ésines) du sous-sol. Ce sol est dû, comme sur les Causses et sur les coteaux jurassiques du bassin parisien, à l’accu- Ë “mulation des résidus laissés par la lixiviation lente du calcaire. Quand il est très superficiel, 1l n’est propre qu’à la forêt, qui y végète à mer- veille grâce à la grande humidité du climat et aux fentes remplies \ de terre dans lesquelles les hêtres, sapins, épicéas, enfoncent leurs à | racines et trouvent leur nourriture,
Les sapinières du Jura sont les plus belles du monde et donnent souvent un rendement de 150 francs par hectare et par an.
…. Les zones marneuses, à sol plus profond, sont plutôt réservées à a culture pastorale, également très prospère.
Ces deux modes se partagent à peu près également (‘) le sol, dont la force productive est ainsi utilisée au mieux, la forêt occupant, soit en grands massifs, soit par petits bouquets, les bandes de sol maigre ou rocheux, les prairies s’emparant des meilleures parties, le tout formant les prés-bois du Jura. Comme dans les Vosges, ce sont . presque exclusivement des vaches qui pâturent ces herbages et, comme dans les Vosges aussi, le sol est partout en bon état, recouvert de son armature végétale, prairie ou forêt. Les hautes falaises calcaires abruptes qui surplombent les plateaux, les combes ou les cluses peuvent bien se déliter l'hiver sous l'influence de la gelée et former des plans d’éboulis ; mais c’est là un fait inévitable et sans importance dans le Jura. Ces éboulis ne s’y présentent jamais en masses assez considérables pour qu’il s’y forme des torrents à clappes comme dans les Alpes, et leur base est bien vite fixée par la végétation forestière,
114. Alpes. — Les Alpes sont, de toutes les chaînes européennes, la plus complexe et la plus importante par son étendue et son altitude. 4 | Une faible partie seulement se trouve en France ; c’est le versant À occidental des Alpes occidentales, qui s’étendent du lac Léman à la Méditerranée. Au sud, la ligne de faîte s’incurve vers l’est et s’abaisse brusquement jusqu’à 500 mètres au col de Cadibone, où se terminent les Alpes et où commencent les Apennins. La ligne de faîte se mantient généralement à plus de 3000 mètres; mais elle est de temps en temps profondément entaillée par des cols qui s'ouvrent E souvent au-dessous de 2000 mètres.
Les Alpes françaises s'étendent depuis la frontière, qui suit cette ligne de faîte, jusque très près du Rhône, notamment à la hauteur de «« Montélimar, où la largeur du versant atteint 150 kilomètres. Elles FA couvrent de leurs contreforts, en totalité ou en grande partie, les #& départements de Haute-Savoie, Savoie, Isère, Drôme, Hautes-Alpes, Basses-Alpes, Vaucluse, Bouches-du-Rhône, Alpes-Maritimes. o
Cette région géologique correspond à la région forestière dite
{. Le département du Doubs, entièrement compris dans la zone montagneuse, a un à quart de sa surface en forêts et un quart en prairies. \
Dr RÉPARTITION DES FORÊTS ET DÉGRADATION DU SOL 319
be | ape (Voir tableau IT) qui, sur 5 millions d’hectares, présentait un 4 coefficient de boisement de 22,3 °/, en 1892. Ce taux n’a augmenté pire de 1 ©}, en trente ans.
. Au point de vue géologique et, par suite, à celui que nous envisa- Meons ici et qui découle de la structure géologique (fertilité du sol, he des terrains, formation des torrents, importance du 4 reboisement), il est nécessaire de distinguer d’abord dans ce vaste massif les Préalpes (‘) et les chaines alpines ou grandes Alpés. Elles sont séparées par une suite de dépressions (vallée du Valais [de — Louèche à Saint-Maurice], col d’Anterne, vallées de l’Arly, du Grési- …vaudan et du Drac) jusqu’à l'Embrunais, où les terrains éruptifs et …cristallophylliens ne sont pas représentés dans la chaîne, qui n’est “plus susceptible d’une division nette en Préalpes et chaînes alpi- \ LE €.
… Préalpes. — Les Préalpes se distinguent à leur tour, du nord au 1 Ba en Préalpes de Savoie, du Dauphiné et de Provence. … Nous nous bornerons à dire que toute cette zone extérieure des … Préalpes, dont les derniers contreforts s’avancent, dans la Drôme, … presque Jusqu'au Rhône, est constituée par des terrains solides, opposant une grande résistance à l'érosion et à l’affouillement. … Ce sont presque exclusivement les terrains néojurassiques et cré- | tacés (représentés par des calcaires durs, très agrégés) que l’on y rencontre. Aussi n’y a-t-il pas dans ces Préalpes de véritables torrents.
— Ces couches jurassiques et crétacées, plissées lors des refoulements & À horizontaux qui ont formé les Alpes, se présentent souvent en forme de voûte brisée à la clef; la montagne, en pente douce d’un côté, - aboutit au sommet à une falaise ou à des gradins de falaises abruptes, de 1000 à 4 500 mètres de hauteur.
…— Ces murailles calcaires se délitent par la gelée et forment des plans
. d’éboulis. Parfois les eaux, lors des grandes pluies, viennentremuer, ———
Me 1. On préfère ce terme à celui de Chaînes subalpines donné par Lory pour éviter d toute confusion avec la zone botanique subalpine.
2.0n ne les retrouve plus jusqu'à l'extrémité des Alpes que dans le massif elliptique du Mercantour (Alpes-Maritimes).
bouleverser et entraîner ces matériaux instables lorsqu'ils ne sont pas
fixés par la végétation forestière ; quelques dégâts peuvent alors être commis par ces petits torrents, dits torrents à clappes ou à casses (falaise orientale de la Chartreuse, Ventoux, etc.), dont les dévastations sont peu de chose à côté de celles des grands torrents à glissements et à affouillements des environs d’Embrun et de Barcelonnette. Nous avons déjà dit que l’on ne pouvait empêcher ce délitement dû aux variations de température, aux alternatives de gel et de dégel. Il s'arrêtera de lui-même, mais seulement quand les zones calcaires gélisses du haut de la falaise seront rejointes par le sommel des cônes d’éboulis et que cette couverture de fragments, ce sol rocailleux les protégera contre la gelée. On est parfois obligé d'installer de suite cet abri protecteur sous forme de murs de revêtement pour empêcher les dégradations des tranchées dans les travaux publics (routes, canaux, chemins de fer).
On n’emploie que très exceptionnellement ce procédé coûteux dans les travaux de correction des torrents (combe de Péguëêre). On se contente d'installer une végétation forestière aussi dense et aussi résistante que possible sur la zone inférieure de ces éboulis ; sol et couverture se forment peu à peu; ces boisements, en arrêtant les blocs qui tombent à chaque printemps, s'opposent aux.dégâts, aux
accidents que pourrait causer leur chute; peu à peu la végétation
ligneuse se propage vers le haut.
Cet effritement progressif de la roche calcaire finit par former un sol végétal et, dans certaines circonstances, sur les casses du Ventoux, par exemple, ces innombrables plaquettes jouent un rôle utile en empêchant la terre fine qu’elles recouvrent d’être enlevée par le mistral et en maintenant l’humidité. Si le calcaire dur, non gélif, soubassement solide inaccessible à la dégradation, est préférable
pour l’ingénieur, le calcaire tendre, réductible en petits fragments,
forme plus vite du sol.
Dans toutes les Préalpes, du Chablais aux Alpines, en passant par É les Bauges, la Chartreuse, le Vercors, le Ventoux, le Luberon, ce
sont les couches de calcaire dur qui prédominent de beaucoup.
Le sol est, comme toujours en pareil cas, très superficiel, sec, « filtrant, peu propre à la culture pastorale, sauf dans les Préalpes de
de
A vil met Phar HS ar AS