‹ Les sols forestiersChapitre 99 sur 180 · AZOTE | P? O · texte numérisé non relu

AZOTE | P? O

DRES

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Or, ces trois principes vis-à-vis desquels la végétation forestière montre une frugalité si marquée sont précisément, nous l’avons dit souvent, ceux qu'il importe le plus de maintenir dans le sol.

Pour la chaux seule, les arbres forestiers sont plus exigeants que les végétaux agricoles.

Même le pin sylvestre demande plus de chaux qu’un champ de céréales.

Le taux de cendres des arbres forestiers est par suite influencé surtout par la richesse du sol en chaux. C’est dans le bouleau, le sapin, le pin weymouth que le taux de chaux atteint son minimum.

La simple inspection du tableau G montre, sans qu’il soit besoin de

longues explications, pourquoi la forêt peut prospérer sur beaucoup

de sols dont l’agriculture ne saurait tirer parti.

82. Comment la forêt répare ses pertes minérales. — Ces 25 à 90 kilogr. de matières minérales assimilables perdues par le sol forestier lors des exploitations sont récupérés — et au delà — par le Jeu des forces naturelles qui agissent incessamment sur la réserve du sol (sur les silicates, par exemple) pour la faire passer peu à peu à l’état assimilable. Deux de ces agents naturels (et les principaux), l'acide carbonique et l’action des racines, ont leur maximum d’activité dans les sols forestiers, ainsi qu’il a été indiqué au début (n° 3). Il est inutile de revenir sur ce point.

La preuve que la forêt répare ses pertes annuelles, si même elle n’augmente insensiblement son stock d’assimilable, est fournie par ce fait incontestable qu’elle maintient indéfiniment, sans fumure, sa force productive.

b) CAS D’UNE EXPLOITATION ABUSIVE (Récolte du bois, du tapis végétal et des feuilles mortes) 83. Épuisement par la récolte du tapis végétal. — Tout ce

qui vient d’être dit s’applique à la majorité des forêts françaises, à celles où s’exerce une sylviculture rationnelle, normale, à celles où

l’on n’exploite que le bois, laissant retourner au sol toutes les autres matières organiques qu'il a pu produire.

Malheureusement, dans trop de contrées encore, même en France, on ne se contente vas d'extraire le produit naturel principal et d’exploiter en bon père de famille, on s’en prend au tapis végétal — fougères, bruyères, airelles, ajoncs, genêts, buis, graminées, mousses, — qu'on vient exploiter régulièrement, parfois chaque année, pour le faire servir à une foule d’usages, mais principalement comme litière.

Ces extractions, surtout si elles sont répétées à courts intervalles

et si elles se pratiquent sur des sols pauvres, ont le plus fâcheux retentissement sur leur fertilité.

Il n’a pas été tenu compte jusqu'ici de l’épuisement par la couverture vivante (tapis végétal ou végétation buissonnante), parce que cet épuisement est nul dans les forêts protégées, c’est-à-dire sans droits d'usage, Toute la matière organique revient au sol au bout d’un certain temps ; quelquefois même cette végétation basse, si elle est formée de légumineuses, est une cause d’enrichissement en azote. |

Mais si on tolère son enlèvement, la perte en matière minérale devient bien supérieure aux 25 à 50 kilogr. dont il vient d’être ques-

tion. Il a déjà été parlé (n° 32) de la détérioration du sol forestier

par l'enlèvement de la couverture vivante, au point de vue général.

Pour continuer le sujet, pour permettre d'apprécier le dommage causé soit par des enlêvements délictueux, soit par des incendies ou par toute autre cause, on a réuni dans le tableau I les analyses des cendres des végétaux le plus fréquemment exploités comme soutrage, comme litière. |

Parmi ces végétaux les uns sont pauvres en cendres comme les bruyères, le genêt à balai; d’autres, tels que les fougères, les graminées, ont un taux de cendres trois ou quatre fois plus élevé, si bien que l'enlèvement d’un même poids de ces divers soutrages détermine des pertes bien différentes en matières minérales.

Ainsi 1 000 kilogr. de bruyère sèche contiennent 21 kilogr. de -

cendres ; 2#,7 de potasse ; 15,4 d’acide phosphorique, et 1 000 kilogr. de fougère sèche contiennent 65 kilogr. de cendres ; 25 kilogr.

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