POUR NOS BLESSÉS
Vous qui vous relevez d'entre les trépassés Pour revivre, joyeux, après des nuits de râles, Les gloires vous sourient, physiques et morales, Car vous n'êtes plus vous. Vous êtes les Blessés.
La France d'aujourd'hui songe à ses grands passés.
Personnages présents d'époques magistrales,
O soldats mutilés, frères des cathédrales,
Le pays vous salue et vous dit : " C'est assez ! »
Vous avez attendu l'heure réparatrice.
La plaie en guérissant laisse sa cicatrice, Place de l'héroïque et suprême grief.
Désormais vous direz : '< J'étais de la tuerie ! » Et, sur l'ample balafre ou le membre trop bref. Vos cadets envieux épelleront : « Patrie ».
EMMANUEL DENARIÉ