‹ Les Sonnets de la guerreChapitre 21 sur 74 · AVRIL · texte numérisé non relu

AVRIL

A la chère mémoire du poète Louis Sailhan tué à l'ennemi.

Pleins de bière et de haine et d'incurable envie, Pillards invétérés qui se croient des héros, Vaste horde par les Borusses asservie, Ils arrivaient, clamant qu'ils nous rompraient les os.

Ayant à notre école à peme appris la vie. Ils voulaient nous civiliser, ces Ostrogoths ! La bête d'Outre- Rhm n'est jamais assouvie. Mais le vieux coq de Gaule a crispé ses ergots...

La bête saigne et hurle aux forêts de l'Argonne. Hardi, le coq ! Et sus au monstre, jusqu'au bout ! Cambre ton bleu poitrail que le sang écussonne.

Dieu ! comme le printemps est héroïque et doux ! Un paysan, là-bas, dans la lumière accrue, Guide, au terroir français, l'éternelle charrue.

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