‹ Les Sonnets de la guerreChapitre 33 sur 74 · AUX FIANCEES · texte numérisé non relu

AUX FIANCEES

Je ne les plaindrai point les âmes trépassées

De ceux qui défendaient nos chères libertés,

Ni vous, sœur, femme ou mère aux sublimes fiertés,

C'est sur vous que je pleure, ô douces fiancées...

Vous qui ne gardez pas des étreintes passées, Au miroir de vos cœurs, les émois reflétés. Ni l'enfant, souvenir d'autres félicités !... Qui pourra vous guérir, éternelles blessées ?

Vous n'aurez point connu l'amour, et vous aimez. Tabernacles vivants pour jamais refermés, Du cœur de nos héros splendides sépultures !

Et sur d'autres blessés et sur d'autres soldats Vous versez le trésor de vos tendresses pures En songeant à celui qui ne reviendra pas.

PAUL DE MONTALCHER

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