XIV INTRODUCTION
de ses œuvres. Voici comment il raconte la jeunesse de notre poète :
« La famille de Pétrarque était ancienne et considérée à Florence, non par les titres, les grands emplois ou les richesses, mais par une grande réputation d'honneur et de probité, qui est aussi une illustration et un patrimoine. Son père était notaire, comme l'avaient été ses aïeux; et cette fonction était alors relevée par tout ce que la confiance publique peut avoir de plus honorable. Il se nommait Pietro; les Florentins, qui aiment à modifier les noms, pour leur donner une signification augmentative ou diminutive, l'appelèrent Petracco, Petraccolo, parce qu'il était petit.
«Petracco était ami du Dante, et du parti des Blancs comme lui. Exilé de Florence en même temps et par le même arrêt, il partagea avec lui les dangers d'une tentative nocturne que les Blancs firent en 1 304 pour y rentrer1. Il revint tristement à Arezzo, où il s'était réfugié avec sa femme Eletta Canigiani. Il trouva que dans cette même nuit, si périlleuse pour lui, elle lui avait donné un fils, après un accouchement difficile qui avait mis aussi sa vie en danger. Ce fils reçut le nom de François, Francesco di Petracco, François, fils de Petracco. Dans la suite, dès qu'il commença à rendre ce nom célèbre, on changea par une sorte d'ampliation ce di Petracco en Petrarcha, et ce fut le nom qu'il porta toujours depuis.
« Sept mois après, sa mère eut la permission de revenir à Florence; elle se retira à Incisa, dans le Val d'Arno, où son mari avait un petit bien. C'est là que Pétrarque fut élevé jusqu'à sept ans. Son père, s'étant alors établi à Pise, y appela sa famille, et y donna pour premier maître à son fils un vieux grammairien nommé Convennole da Prato; mais il n'y resta pas longtemps.
1 Pendant la nuit du 19 au 20 juillet.