RELATIF ENCORE AU CHAPITRE II DU LIVRE PREMIKR
lIECEIi ET li'HECiEIilA^ISIVIE (suite) i.
Une philosophie n'est jamais réfutée par des arguments ; on ne la réfute pas, elle se réfute elle-même. Une philosophie est une hypothèse, et toute hypothèse s'uî-e contre la réalité. Elle ne se superpose jamais aux faits, et il faut bien que le désaccord finisse par se trahir. Tôt ou tard les hommes s'aperçoivent que la solution proposée ne résout point toutes les questions, ne satisfait pas à tous les besoins ; on la délaisse alors, quitte à recourir à une autre explication. — Est-ce à dire qu'il ne reste rien de la première? Loin de là. Il serait plus juste de la comparer à la semence dont parle l'évangile, et qui ne fructifie qu'à la condition de mourir. Gomme la cloche qu'a chantée Schiller, elle ne vient au jour que si sa forme tombe en morceaux. Je l'ai déjà dit, toute philosophie digne de ce nom se compose de deux parties,
' Cette citation comprend le n" YI tout entier, sans aucune omission; ce numéro est la suite logique du u'' IV. Le n° V, que nous ne citons pas, n'est qu'une digi-ession sur les disriples de l'hégélianisme.
Tune transitoire, Tautre éternelle; en vivant elle se développe, et en se développant elle se ti'ansforme, c'est-àdire qu'elle abandonne d'elle-même ses éléments inférieurs pour en dégager un petit nombre de vérités dont s'accroît le grand patrmioine de Tliumanité. Cette transformation, c'est sa mort, c'est aussi sa résurrection. Seulement, tandis que son esprit est absorbé par l'esprit universel, ce qui reste d elle sur la terre n'est qu'un squelette dessécbé et grimaçant. Tout cela est arrivé à l'hégélianisme. Comme doctrine, il a fait son temps; comme système, il a'existe plus ql'a l'état de formule
STÉRILE, DE RITOURNELLE DIALECTIQUE. C'eST LE GOBELET
DU PRESTIDIGITATEUR SOUS lequel OU retrouve ce quon y a caché, et rien de plus. La réalité lui a été séi'ère. Il a été mis à C épreuve^ et il n'a pas résisté. De quelles promesses il avait séduit Tàme humaine, et qu'il les a mal tenues! Oui, il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre que la philosophie ne saurait en expliquer, fût-ce la philosophie de l'absolu. Les questions restent debout devant nous, toujours aussi obscures et aussi menaçantes, et nous, pour les résoudre, nous avons 1 espérance de moins et le découragement de plus. Hegel nous apportait l'infini dans une formule, mais l'infini qui se formule n'est pas l'infini. Il n'y a qu'un infini, celui de nos désirs et de nos aspirations, celui de nos besoins et de nos efforts, l'infini de la vérité, de la liberté, de la perfection. Ah ! nous satisfaire, ce serait nous limiter '. Il est heureux que vous ne le puissiez pas.
Mais si rhégélianisme s est usé dans les esprits par un effet du mouvement continuel des choses et de son
' Pensée très-inexacte, et empruntée aux formules hégéliennes.
propre développement, il n'en est pas moins vrai qu'il
A LAISSÉ AU monde PLUSIEURS IDEES (loilt OU tisque (t'ou-
blier rorii>ine, précisément parce quelles ont passé dans la substance de Pesprit moderne. Essayons de les découvrir en nous plaçant de nouveau en présence du système, non plus pour en étudier le mécanisme, mais, au contraire, pour chercher sous C enveloppe scolastique la