RELATIF AU CHAPITRE II DU LIVRE SECOND
o La famille , qu'elle provînt cVun ou de plusieurs « mariages, était assez nombreuse. Jésus avait des frères M et des sœurs ^ dont il semble avoir été l'aîné ^. Tous «< sont restés obscurs ; car il paraît que les quatre
' Matth., XII, 46 et suiv. : « Ecce mater ejtis et l'ralres ejus stabaat
« foris qua; est mater mea et qui sunt fratres mei? » — xtii, 55 et
suiv. : « Nonne hic est fabri filius? Nonne mater ejus dicitur Maria, et « fratres ejus Jacobus et Joseph et Simon et Judas ? Et sorores ejus nonne «« omnes apud nos sunt? » — Marc, m, 3i et suiv. : « El veniunt mater
« ejus et fratres, et foris stantes miserunt ad eum » — vi, 3: « Nonne
« hic est faber, filius Mariœ, frater Jacobi et Joseph et Judœ et Simonis ? «< Nonne et sorores ejus hic nobiscum sunt? » — Luc, viii, 19 et suiv.: « Veneruntautemad iUum mater et fratres ejus. »> — Jean, 11, 12 : « Ipse, « et mater ejus et fratres ejus et discipuli ejus. » — vu, 3: « Dixerunt « autem ad eum fratres ejus. » — 5 : « Neque enim fralres ejus credebant « in eum. » — 10: « Ut autem ascenderunl fratres ejus. » — Act.; i,
« 14 : « Ibi omnes erant eum mulieribus et Maria matre Jesu et fratribus
« ejus. »
» Matth., I, aS : « Et non cognoscebat eam, donec peperit filium suum « primogenitum.... »
« personnages qui sont donnés comme ses frères, et
« parmi lesquels un au moins, Jacques, est arrivé à une
<« grande importance dans les premières années du dé-
n veloppement du christianisme, étaient ses cousins ger-
« mains. Marie, en effet, avait une sœur nommée aussi
« Marie \ qui épousa un certain Alpliée ou Gléophas (ces
« deux noms paraissent désigner une même personne)^
« et fut mère de plusieurs fils qui jouèrent un rôle con-
« sidérable parmi les premiers disciples de Jésus. Ces
« cousins germains, qui adhérèrent au jeune maître pen-
'< dant que ses vrais frères lui faisaient de l'opposition^,
'• prirent le titre de frères du Seigneur^. Les vrais frères
« de Jésus n'eurent d'importance, ainsi que leur mère,
» Les deux sœurs portant le même nom sont un fait singulier. Il y a là probablement quelque inexactitude, venant de l'habitude de donner presque indistinctement aux Galiléennes le nom de Marie.
* Ils ne sont pas étymologiquement identiques. Î^Xçxïo; est la transcription du nom syro-chaldaïque Halphaï ; KXMTiàç ou KXzôna^ est une forme écourtée de KXsouaTpo;. Mais il pouvait y avoir substitution de l'un à l'autre, de même que les Joseph se faisaient appeler « Hégésippe, » les Eliakim « Alcimus », etc.
3 Jean, vu, 3 et suiv. : « Dixerunt autem ad eum fratres ejiis : Transi Il hincet vade in Judjeam... »
4 « En effet les quatre personnages qui sont donnés (Matth., xiii, 55 : « Nonne hic est fabri filius ? Nonne nialer ejus dicitur Maria, et fràtres ejns <« Jacobus et Joseph et Simon et Judas? » — Marc, vi, 3 : « Nonne hic « est faber, filius Mariœ, frater Jacobi et Joseph et Judse et Simonis.' ») « comme fds de Marie, mère de Jésus, se retrouvent ou à peu près comme « hls de Marie et de Cléophas (Matth., xxvci *, 56 : « Inter quas erat Maria '< Magdalene, et Maria Jacobi et Joseph mater, et mater filiorum Zebe- « dœi. » — Marc, xv, 40 : ■< Erant aulem et mulieres de longe adspi- •t cientes, inter quas erat Maria Magdalene, et Maria Jacobi minoris et • Joseph mater. » — Galat., r, 19 : « Allum aulem aposlolorum vidi nemi- <« nem nisi Jacobum fratrem Uoniini. » — Epist. JuJ., I, i : « Judas, Jesu
[» * Il faut aussi citer Matth., X, 3. « Jacobus Alphaei, » et Joan. xix, 25. « Sta- .. bant aulem juxia crucem Jesu mater ejus et soror matris ejus, Maria Cleophœ « et Maria Magdalene. »
« qu'après sa mort*. Même alors, ils ne paraissent pas « avoir é^alé en considération leurs covisins, dont la « conversion avait été plus spontanée et dont le caractère « paraît avoir eu plus d'originalité. Leur nom était in- " connu, à tel point que quand Tévangéliste met dans la « bouche des gens de Nazareth l'énumération des frères « selon la nature, ce sont les noms des fils de Cléophas « qui se présentent à lui tout d'abord. »
•• Christi servus, frater aiitem Jacobi. » — Euseb., Chron. ad ann., R. « Dcccx; Hist. eccl., m, ii, 32 ; — Conslitiit. Apost., vu, 46.) L'hypo- « thèse que nous supposons lève seule l'énorme difficulté que l'on trouve à « supposer deux sœui's ayant chacune trois ou quatre fils portant les mêmes « noms, et à admettre que Jacques et Simon, les deux premiers évéques de « Jérusalem, qualifiés de « frères du Seigneur, » aient été de vrais frères de « Jésus, (jui auraient commencé par lui être liosliles, puis se seraient con- •< vertis. L'évangéliste, entendant appeler ces quaire fils de (Héophas ■< frères « du Seigneur, » aura mis, par erreur, leur nom au passage Malth., xiii, 55 ; « — Marc, VI, 3, à la place des noms des vrais frères, restés toujours « obscurs. On s'explique de la sorte comment le caractère des personnages << appelés « frères du Seigneur,» de Jacques, par exemple, est si différent « de celui des vrais frères de Jésus, tel qu'on le voit se dessiner dans « Jean, vu, 3 et suiv. L'expression « de frère du Seigneur» constitua évi- « demment, dans l'Eglise primitive, nue espèce d'ordie parallèle à celui des ■< apôtres. Voir surtout I Cor., ix, 5. « Numquid non liabemus potestateiu ■< mnlierem circumducendi, sicul et ceteri Apostoli, et fratres Domini, et ■< Cepbas ?
' Act.,,1, 4.