LOUIS XIV
Texte par Bardin; gravures faites en 1641 : impression retardée pendant plus de vingt ans.
Vok : — d'Haussonville, Histoire de la réunion de la Lorraine à la France, t. III, }>. 153; — Beaupré, Recherches historiques et bibliographiques sur les commencements de l'imprimerie en Lorraine.,., Saint-Nicolas du Port, 1845, in-8*.
0° L'affaire de la garde corse, 1662-1664.
(.Voir nos 2946 et 2947 et chapitre Sources étrangères.)
3878. Régnier-Desmarais (François Séraphin, abbé), + 1713. Histoire des démêlés de la cour de France avec la cour de Home au sujet de l'affaire des Corses, Paris, 1707, in-4°.
Régnier-Desmarais était le secrétaire de l'ambassadeur de France à Rome, le duc de Gréquy, lors de l'attentat des Corses : il déclare avoir composé sa relation depuis très longtemps, mais n'avoir pu obtenir qu'en 1707 l'autorisation de la publier. « Tout ce qui y est rapporté, dit-il, m'a passé par les mains : je l'ai écrite sur les instructions et les dépêches du roi et celles de l'ambassadeur. »
Le récit de ce membre de l'Académie française est très diffus, rempli de longueurs et fort insuffisant en ce qui touche l'attentat lui-même. Seules les preuves, insérées à la fin de l'ouvrage, ont un grand intérêt.
3879. Yigneul-Marville. Mélanges d'histoire et de littérature, Rotterdam, 1700, in-18°, 2 vol. — Aut. édit. : Rotterdam, 1702,— Paris, 1725, in-12°, 3 vol., 4e édit.
Vigneul-Marville, pseudonyme de Bonaventure d'Argonne, était un ami de Régnier-Desmarais : c'est de lui évidemment qu'il tient les détails sur l'affaire des Corses (t. IL p. 457-458 de la 4e édit.). Renseignements de seconde main et peu importants.
3880. Créquy (Charles III, sire de Blanchefort et prince de Poix, duc de), 16237-1687. Lettres, pub. p. Ch. Gérin, Louis XIV et le Saint-Siège, Paris, 1894, in-8°, 2 vol. (au t. I, p. 283 et sq., 483 etsq.), — de Mouy, L'ambassade du duc de Créquy, Paris, 1893, in-8°, 2 vol. (fait d'après de nombreuses sources : t. I, p. 211, note 1, indication des notes ou relations, manuscrites pour la plu-
part, relatives à l'attentat des Corses), — d'Ornano, La Corse militaire, Paris, 1904, in-8° (en outre, des lettres importantes de Louis XIV et de Hugues de Lionne à Christine de Suède). — V. aussi n° 1130.
Tous ces documents sont essentiels pour connaître, non seulement l'incident, mais la politique de la cour de France. Créquy y explique sa sortie de Rome par l'hostilité constante du Saint-Siège à l'égard de la France : il est convaincu que l'attentat a été prémédité et organisé par la cour pontificale. Malgré quelque partialité, ces lettres constituent une source de premier ordre.
3881. Relation contenant ce qui s'est passé à l' attentat commis sur la personne du duc de Créquy, ambassadeur de France dans la ville de Rome, slnd., in-4°, 4 p.
Sous forme de lettre, écrite de Rome par un témoin oculaire : récit circonstancié de l'attentat.
3882. Ferrare-Du Tôt (Charles de). Relation de la cour de Rome d'Angelo Correr.
Cette relation courut d'abord manuscrite dès 1660. Elle parut en italien en 1662, — en français et en latin, à Leyde, 1663, in-12° et in-4°, et en 1664. Elle fut répandue dans toute l'Europe pour indisposer les puissances contre le pape Alexandre VII.
L'auteur, conseiller au parlement de Rouen, mort en 1694, était lié avec Chapelain, Montausier, Claude Pellot, dont il a fait un éloge en latin (n° 1837), et le Hollandais Heinsius. Il présente sa relation comme une traduction de celle d'Angelo Correr, ambassadeur de Venise à Rome en 1600. Cette attribution est fausse : v. le Dictionnaire de Moréri, le Journal de Trévoux (juillet 1702), les Supercheries littéraires de Quérard (dernière édit.) et l'article de Ch. Gérin, dans Rev. Quest. Hist., 1880, t. XXVII, p. 570-583.
D'après ce dernier auteur, il s'agit bien d'une œuvre de Ferrare- Du Tôt qui, sous une apparente modération, a composé une satire habile contre la cour de Rome et fort dangereuse pour elle.
3883. Relation de Rome, tirée d un des plus curieux cabinets de Rome, Paris, 1662, in-12°, 148 p.
Cette relation, dédiée au duc de Saint-Aignan, ne doit pas être confondue avec la précédente : elle est très probablement l'œuvre
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du père Le Cointe. L'auteur expose le gouvernement du pape, les revenus certains et douteux, les noms et qualités de toutes les maisons romaines, les divers tribunaux, etc. Il n'y a là nullement une satire.
3884. Retz (cardinal dk). Sentiment sur l'affaire de Rome (octobre 1662), pub. p. Chantelauze, Le cardinal de Retz et ses missions diplomatiques, p. 85-123 : copie aux A. E., Rome, t. CXLVII, fos 54 et sq.
3885. Relation de tout ce qui se passa entre le pape Alexandre. VII et le roi de France au sujet de l'insulte que les papalins firent au duc de Créquy le 20 août de l'an 1662, traduit de l'italien, Cologne (?), 1670, in-12°, 145 p.
Ce n'est pas une traduction, mais une œuvre française, peut-être parue à l'étranger. L'auteur, hostile au pape, ne raconte pas l'attentat, mais ses suites. S'il ne méconnaît pas le caractère altier du duc de Créquy, il rejette toute la responsabilité sur les neveux du pape. Il insère des documents, harangues d'Alexandre VII, lettres de ce pape et de plusieurs cardinaux, lettres de Louis XIV, etc. Il relate ensuite le voyage du nonce à Paris, les intrigues du souverain pontife en Espagne, les négociations entre le légat Rasponi et le duc de Créquy et donne enfin un texte incomplet du traité de Pise.
En somme, œuvre fort inégale, mais intéressante.
3886. Arrêt de la cour du parlement de Provence portant réunion de la ville d'Avignon et du Comtat-Venaissin au domaine de la couronne, Paris, 1663, in-8°, 8 p.
Arrêt du 26 juillet 1663. Longue énumération des titres historiques invoqués et des actes juridiques exécutés : envoi d'une délégation pour prendre possession et organiser provisoirement l'administration. Suit l'ordonnance des commissaires-députés.
3887. Procès-verbal de la prise de possession de la ville d'Avignon et du comté Venaissin, pub. p. André (J. F.), Rev. Soc. Sav. Dèp., 1864, 3e série, t. IV, p. 438.
Henri de Maynier, baron d'Oppède, fut chargé d'exécuter l'arrêt signalé au numéro précédent. Il rend compte au roi de sa mission et se montre, en somme, satisfait de l'accueil des habitants.
3888. Traité de Pise entre notre très Saint Père le pape Alexandre Vil et très puissant prince Louis XIV, roi Très Chrétien de France et de Navarre, Paris, 1664, in-4°, 24 p. — Trad. ital. et holland.
Traité du 12 février 1664 en quinze articles : suivent les pleins pouvoirs.
3889. Menestrier (Claude François). Relation de l'entrée de Monseigneur V èminentissime cardinal Flavio Chigi, neveu de Sa Sainteté et son légat apostolique dans la ville de Lyon, Lyon, 1664, in-f°, 40 p.
Le célèbre père jésuite a écrit une relation très détaillée et très précise en citant des noms. Il décrit l'arc de triomphe qui a été élevé, énumère les commandants des milices des quartiers, les consuls, les notables, et dédie son ouvrage, avec un sonnet, au prévôt des marchands et aux échevins. Cette relation vaut mieux qu'une autre, parue aussi à Lyon, la même année, sans nom d'auteur.
3890. Sur le séjour du cardinal Chigi à Paris, voir la Gazette, 1664, p. 323, 370, 526, 528-530,550-553, 578, 603, 651, 652, 686- 688, 762-764, 785, 787, 789, 810-812.
Outre les ouvrages cités, voir : — P. Charpenne, Histoire des réunions temporaires d'Avignon et du Comtat Venaissin à la France, Paris, 1880, in-8°, t. I; — E. Cappelli, L'ambasceria del duca di Crequy alla corte pontificia, Rocca San Casciano, 1899, in-8°, 104 p.; — A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. V, p. 12, note 3 (indication de textes relatifs à l'affaire des Corses); — Duhamel, Mém. Acad. Vaucluse, 1882, t. I, p. 69.
7° Le rachat de Dunkerque, 1662.
(Voir nos 2948 et 2950.)
3891. Traité conclu entre le roi Très Chrétien, d'une part, et le roi d'Angleterre, de l'autre, touchant l'achat de la ville de Dunkerque, slnd., in-4°, 8 p.
Texte du traité du 27 octobre 1662. Dunkerque vendue pour cinq millions de livres : si les Espagnols l'assiègent ou s'en emparent, le roi d'Angleterre s'engage à aider la France pendant deux ans à la défendre ou à la reprendre. A la lin, état très détaillé de l'artillerie, des armes et des munitions.
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Ce traité est amplement expliqué parles documents inédits pub. p. L. Lemaire, Le rachat de Dunker que par Louis XIV , Dunkerque, 1924, in-8°, 224 p. (fort important).
Voir : — O. Airy, The english Resloration and Louis XIV, Londres, 1888; — de Groucby, Rev. Gén., 1882j 18e année, p. 711-721; — A. de Saint-Léger, L'acquisition de Mardych par Louis XIV, 1899, in-8°, et Rev. hist. mod. et ami., 1900-1901, t. II; — Marboulin, Rev. Ag., 1917, juillet-août; — E. Mancel, Bul. Un. Faulc, 1901, t. IV, p. 551-585; — A. Duinont, Mém. Soc. DunL, 1904, t. XL, p. 378-389.
8° La campagne de Hongrie, 1664.
(Voir nos 839, 1135 et 2954, et chapitre Sources étrangères.)
3892. Bissv (Claude de Thiard, comte de), 1620-1701. Relation en forme de journal de la campagne de Hongrie en 1664, pub. p. G. Pontus de Thiard, Histoire de Pontus de Thiard, Neufchâtel, 1784, in -8°, p. 155-212.
L'auteur, qui fit toute sa carrière dans l'armée, devint lieutenant général et commandant des Trois-Evêchés. Saint-Simon vante « son équité, sa discipline, la netteté de ses mains ». Bissy fit la campagne de Hongrie comme capitaine des chevau-légers sous les ordres de Coligny-Saligny, qui commandait l'expédition, et il rédigea son journal par le commandement du roi.
Sa relation est très détaillée et très précise. Elle raconte la marche de la cavalerie, partie d'Italie pour secourir l'empereur Léopold Ier, et la part active qu'elle prit à la bataille de Saint-Gothardt. Elle présente de l'intérêt, bien que les noms géographiques soient trop souvent défigurés.
3893. Relation de la campagne de Hongrie et des combats de Kermain et de Saint-Gothard entre les Allemands, les Français et les Turcs, pub. dans Recueil historique contenant diverses pièces (n° 2913), p. 59-97.
Complète le récit précédent en ce sens que l'auteur décrit l'itinéraire suivi par les troupes venues de France en Allemagne. Combat de Saint-Gothardt brièvement rapporté : retour des troupes clairement exposé.