‹ Les sources de l'histoire de FranceChapitre 39 sur 779 · DES IMPRIMÉS · texte numérisé non relu

DES IMPRIMÉS

Catalogue de t Histoire de France. — Publié par ordre

de l'Empereur.

Paris, Didot, 1855-1870, 10 vol, in-4'.

Le premier catalogue méthodique qu*ait eu la Bibliothèque du roi fut rédigé par Nicolas Clément de 1675 à 1684. C'était une entreprise relative* ment facile, car la bibliothèque ne renfermait guère alors plus de quarante mille volumes. Mécontent de son œuvre, Clément entreprit presque aussitôt de la refaire, et, quatre ans après, il avait achevé les catalogues dits de 1688, qui furent mis au net par le laborieux écrivain Buvat.

Vers 1735, on sentit la nécessité de refondre ce travail; les intercalations commençaient à devenir confuses, et les divisions adoptées n'étaient plus toujours en rapport avec les progrès de la production littéraire, Capperonnier, Boudot et Sallier se chargèrent de reviser et de compléter Tœuvre de Clément, et l'impression de ce nouveau catalogue fut décidée. Commencée en 1739, elle s'arrêta au sixième volume en 1753, et la partie relative à l'histoire de France ne vit pas le jour. Les trois premiers tomes sont, en efTet, consacrés à la théologie, les deux suivants aux belles-lettres, eile sixième à un fragment de la jurisprudence. On dut s'arrêter là, car les richesses de l'établissement augmentaient sans cesse, et à peine un volume était-il terminé qu'il eût fallu , pour le compléter, en doubler l'étendue.

La Révolution arriva. Les biens des maisons ecclésiastiques supprimées firent retour à l'État, et plus de trois cent mille volumes entrèrent ainsi à la Bibliothèque nationale. Celle-ci, en 1820, possédait presque un million de volumes, et les acquisitions, les dons, l'organisation sérieuse du dépôt légal accroissaient ce chiffre chaque jour. Il devenait donc de plus en plus nécessaire d'établir un classement dans ce vaste dépôt des productions de l'intelligence.

CATALOGUE DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 11

L*inienrention do rÉtat Ait à plusieurs reprises [sollicitée, et les vœux exprimés prirent peu à peu un caractère général. Enfin, ep 1838, les chambres accordèrent un crédit de plus d*un million , qui devait être a^ecté aux reliures, au complément des collections commencées, et à la rédaction du catalogue des imprimés. Mais, soit inexpérience de la part des personnes chargées du travail, soit incertitude et divergence dans les méthodes proposées, le catalogue resta à Tétat de projet, et le crédit fut absorbé tout entier par les acquisitions et les reliures.

Une coDunission, instituée en 1847 et presque aussitôt dissoute, se borna à constater Tinexécution des travaux.

Une nouvelle commission se réunit trois ans après. Elle fit ressortir les inconvénients qu*ofIî*aient tous les projets présentés, mais ne prit aucune résolution. Pendant ce temps, la Bibliothèque continuait à s^accroître , on 16 trouyait en présence de quinze cent mille volumes, et la rédaction du catalogue commençait à passer pour une entreprise chimérique.

Le décret du 24 janvier 1852 mit fin à ces incertitudes. « Considérant, y est-il dit, qu*il importe d*assurer le résultat des sacrifices faits pour achever les catalogues de la Bibliothèque nationale; attendu que, pour mettre aussi promptement que possible le public en possession des catalogues, le moyen le plus efficace est de faire peser sur un chef unique la responsabilité actuellement divisée de ce vaste travail »

Un autre décret du même jour nommait M. J. Tascheraau administrateuradjoint de la bibliothèque, et le chargeait de surveiller et de diriger les travaux du catalogue.

Le nouveau directeur-adjoint se mit aussitôt à Tœuvre, et débuta par le catalogue des ouvrages relatifs à Thistoire de France, dont le premier volume parut en 1855; les volumes suivants furent publiés à intervalles irréguliers, mais sans interruption. M. Taschereau , devenu administrateur général de la Bibliothèque, continua ses soins à Tœuvre qu'il avait heureusement inaugurée, et qui est restée la plus utile de sa carrière administrative.

Le plan adopté pour ce travail a été Tobjet de sérieuses critiques. On lui a reproché surtout d*être trop compliqué, et il est certain que ses cotes composées de majuscules, de minuscules, d'exposants, de chiffres et de sous-chiffres manquent de simplicité et de clarté. Au premier abord, il semble qu'un numéro eût suffi pour désigner, par exemple, l'édition de 1723 des Mémoires de Comines, qui se trouve cotée ainsi : La** 10. Mais il ne faut pas oublier que la Bibliothèque nationale est un dépôt destiné à s'accroître sans cesse, que toutes les séries restent ouvertes, et qu'un

i2 BIBLIOTHÈQUE IMPÉRIALE.

numérotage unique et continu eût rendu bien difficiles les intercalations. En somme, tant bien que mal, et plutôt bien que mal, Tœuvre tentée depuis cent ans se trouve réalisée en partie, et les dix volumes du catalogue de rhistoire de France forment un utile supplément à la Bibliothèque historique du P. Lelong.

A côté des livres d'histoire proprement dits, on a eu soin de faire figurer dans ce catalogue un nombre considérable d'autres ouvrages' qui, bien qu'ayant leur place marquée dans d'autres 'catégories bibliographiques, se rattachent cependant par quelques côtés à l'histoire de notre pays; tels sont les édits et ordonnances des rois de France, les arrêts des cours souveraines possédant un caractère historique, les pièces de poésie, panégyriques ou satires, nées des faits, et reflets de l'opinion générale ou de l'opinion d'un parti. Les diverses éditions d'un môme ouvrage sont indiquées dans leur ordre avec les modifications que les titres ont pu subir. La rédaction des titres n'a jamais été modifiée, on s'est borné à les abréger dans certains cas. Leur orthographe môme a été scrupuleusement [reproduite pour tous les livres antérieurs à Louis XIII ; à partir de cette époque, l'orthographe moderne a été partout adoptée, on ne sait trop pourquoi, sauf toutefois à l'égard des noms propres, auxquels on a toujours conservé la forme qu'ils affectent sur les frontispices des ouvrages catalogués. Pour les pièces sans titre, une courte analyse a dû être rédigée, et elle est suivie des premiers mots du document. Tous les titres, en langues anciennes ou étrangères, autres que les langues grecque, latine et leurs dérivés, sont accompagnés d'une traduction française placée entre crochets.

Un supplément contiendra les ouvrages imprimés depuis la publication des précédents volumes du catalogue , ceux qui, ayant échappé aux premières recherches, ont été découverts trop tard pour prendre place à leur rang, et, en outre, tous les livres relatifs à l'histoire de France dont la Bibliothèque nationale ne possède point d'exemplaire, et qui existent dans d'autres bibliothèques publiques de Paris. Enfin, des tables générales et alphabétiques résumeront les noms d'auteurs, ceux des personnages et ceux des lieux cités dans les dix volumes. C'est, en effet, là le corollaire indispensable d'une publication qui contient la notice de 187,652 ouvrages. . 163,524 d'entre eux concernent l'histoire, les 24,128 autres ne s'y rattachent qu'indirectement.

CATALOGUE DE L'HISTOIRE DE FRANGE

TOMEI.

A Sa Majesté l'empereur Napoléon m.

[Dédicace, signée H. Fortoul.]

A Son Excellence Monsieur le Ministre de rinstruction publique et des cultes.

[Rapport, siçné J. Taschereau, 25 décembre 1854J.

Régies suivies pour la confection du catalogue.

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