‹ Les sources de l'histoire de FranceChapitre 51 sur 779 · MINISTÈRE UÈTAT. — ARCHIVES DE L'EMPIRE · texte numérisé non relu

MINISTÈRE UÈTAT. — ARCHIVES DE L'EMPIRE

Inventaires et documents,

publies par ordre de F Empereur sous la direction

de M. le marquis de Laborde,

directeur général des archives de f Empire.

Paris, 1863-1875, 13 vol. in-4«.

I. Inventaire sommaire. — M. le marquis de Laborde avait fait commencer, en 1867, un inventaire général des docimients conservés aux archives de l'Empire. Ce travail fournissait, suivant Tordre des trente-neuf séries dont se composent les archives, Tindication de chaque matière, en observant la succession des numéros et des cotes; il était donc d'une grande utilité pour les fonctionnaires attachés à rétablissement , mais ne pouvait guère rendre de services au public. M. Alfred Maury, successeur de M. le marquis de Laborde , résolu de reprendre cette œuvre, en adoptant non plus Tordre des séries spéciales aux archives, mais Tordre logique des matières. C'est de cette pensée qu'est né V Inventaire sommaire rédigé par MM. Edgar Bontaric et Jules Tardif.

H. H. Lot y a ajouté le catalogue de la riche collection d'imprimés conservée aux archives, collection composée en majeure partie de pièces qui n'ont pas été mises dans le commerce*

Ce volume est la préface naturelle des publications faites par Tadmi-* nistration des Archives, mais elle n'est pas la première en date.

II. Lavettes do trésor des chartes. — Pendant la période mérovingienne^ les actes qu41 importait au souverain de cotiserver étaient déposés dans son trésor, pai^mi les objets les plus pfécieùx* De nombreux capitulaires attestent les soins que les rois de la seconde race prenaient de leurs archives^ dont la gardé était confiée aux chaiicelierS; Ces soins, que conti-

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nuèrent sans doute les premiers rois capétiens, n'ont pu préserver de la destruction nos archives politiques antérieures au règne de Philippe-Auguste. Des témoignages contemporains permettent d'attribuer à ce prince la formation du trésor des chartes, qui, depuis la fin du douzième siècle, a constitué les archives de TÉtat. On y déposait non-seulement les actes qui intéressaient la personne du souverain , mais encore toutes les pièces qui constataient ses rapports avec les puissances étrangères, TÉglise, les villes et les grands feudataires, ainsi que les archives des provinces successivement réunies à la couronne.

Dès le principe, les archives royales se composèrent de deux séries trèsdistinctes : 1*^ les Registres y dont M. Douët-d'Arcq prépare l'inventaire. â^ les pièces originales et autres, qui sont depuis longtemps désignées sous le nom de Layettes du trésor, parce qu'elles étaient conservées dans des coffres ou layettes ; celles-ci renferment aujourd'hui dix-sept mille pièces, dont quatre mille six cent soixante-trois sont publiées ou analysées dans les trois volumes de MM. Alex. Teulet et Joseph de Laborde.

III. Monuments uistoriques. Cartons des rois. — La seconde série de la section historique des Archives, appelée Série des monuments historiques, est un autre Trésor des chartes qu'on s'est abstenu de fondre dans le premier. Elle se compose de pièces enlevées aux archives de plusieurs établissements supprimés pendant la Révolution. Classées en 1796 par le Bureau de triage des titres, une division arbitraire les répartit en dix sections, dont la première, qui comprend les actes émanés de l'autorité royale, fut désignée sous le nom de Cartons des rois. Le bénédictin dom Joubcrt fit l'analyse de toutes les pièces qu'elle renferme, et ce travail a servi de base à l'inventaire publié par M. Jules Tardif.

Ce volume embrasse toute la première section des Monuments historiques, et fait connaître environ quatre mille cinq cents pièces, dont la plus ancienne remonte à l'année 528, et dont la plus récente est datée du 27 novembre 1789. En tête de Touvrage on trouve une longue préface de M. de Laborde sur la situation des archives pendant la Révolution, étude qui a été l'objet d'un tirage à part.

IV. Collection de sceaux. — Quelque considérable que paraisse cet inventaire, où l'on trouve décrits onze mille huit cent quarante sceaux, il ne comprend encore qu'une faible partie de la riche collection rassemblée aux archives nationales, où elle est depuis trente ans l'objet de soins spéciaux. Outre les sceaux extraits des pièces conservées dans l'établissement, elle

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doit réunir les empreintes de tous les spécimens possédés par les autres dépôts de Paris et de la province. Or les archives nationales possèdent plus de cinquante mille sceaux de cire encore plaqués sur les actes ou appendus par des attaches, et M. le marquis de Laborde évaluait à quatre cent mille environ ceux qui existent en province. M. G.Demay a déjà exploré les archives de la Flandre et de la Picardie, et en a rapporté près de quinze mille empreintes, dont rinventaire a été publié (1).

Dans celui de M. Douêt-d'Arcq on trouve la description de chaque sceau, ses dimensions, la reproduction figurée de la légende, et la cote du document d*oii il a été tiré. La préface est du marquis de Laborde , et contient une intéressante histoire du moulage des sceaux et un exposé des résultats obtenus aux archives nationales. Elle est suivie d'un savant traité de sigillographie , rédigé par M. DonGt-d'Arcq avec les éléments que lui a fournis la riche collection inventoriée par lui.

V. Actes du parlement de paris. — L'histoire de notre droit national, de notre constitution politique, de nos mœurs et de nos usages, écrite jour par

(i) Inventaire des sceaux de la Flandre recueillis dans les dépôts d'archives, musées ^eoUectiùns particulières du département du Nord; ouvrage accompagné de trente planches phoioglyptiques. Paris, 1873,2 vol. in-4».

L'ouvrage est divisé en vingt séries. Savoir : !*• série. Sceaux des souverains.

Sceaux des grands dignitaires.

Grands feudataires, avoués et vidâmes, corps politiques.

Dignitaires des grands feudataires.

Seigneurs.

Hommes de fiefs.

Villes.

Cours et tribunaux.

Officiers.

la*

Papes et cardinaux.

Archevêques et évoques.

Chapitres.

Paroisses.

Universités.

Abbayes.

Prieurés et prévôtés.

Corporations religieuses.

Ordres militaires religieux.

Hôpitaux, maladreries, tables des pauvres, confréries.

Divers et inconnus.

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jour par les greffiers chargés d'enregistrer les actes du Parlement, se trouve enfouie dans le riche recueil des décisions rendues depuis Tannée 1S54 jusqu'au 14 octobre 1790. Cette collection, déposée aux Archives en 1847, se compose de dix mille cent quatre-vingts[registres, qui peuvent être portés au chiffre de dix mille cinq cents environ, si Ton y ajoute des liasses de minutes et plus de vingt-cinq mille rouleaux. Chaque registre renferme en moyenne cinq cents actes, ce qui donne un ensemble d'environ cinq millions deux cent cinquante mille actes à analyser. On comprend donc quel dut être rembarras de M. Boutaric au moment de préparer une publication qui promettait d'exiger cinq cent vingi^cinq volumes in-quarto à deux colonnes et de durer plus de six cents ans.

Cependant, loin de la réduire, il a encore trouvé le moyen d'y ajouter. En effet, les Olim, les plus anciens registres du Parlement, ne commencent qu'à l'année 1254, et de patientes recherches ont permis à M. Boutaric de retrouver quarante actes antérieurs à cette date. Enfin, M. Delisle a joint au premier volume neuf cent trente-cinq actes, essai de reconstitution d'une lacune depuis longtemps constatée dans les Olim.

Malgré tout, la préface insérée en tête de l'ouvrage nous promet la publication complète des registres du Parlement, au moins pour ce qui concerne la période du moyen âge.

VI. Titres de la maison de Bourbon. — C'est l'inventaire du trésor des chartes des ducs de Bourbon, provenant de la Chambre des comptes de Moulins, d'oîi les titres furent transférés à la Chambre des comptes de Paris après la célèbre trahison du connétable. Ces actes font aujourd'hui partie de la section administrative des Archives nationales.

Le premier volume renferme l'analyse détaillée de trois mille cinq cent huit actes, et, comme les autres inventaires, la copie intégrale d'un certain nombre de pièces importantes et inédites. Il s'arrête à la prise de possession du Forez par les ducs de Bourbon en 1382.

Le second volume, resté imparfait par suite de la mort de M. Huillard^ Bréholles, a été achevé par M. Lecoy de la Marche. Il comprend environ neuf mille pièces et finit quelques années après la confiscation des biens du connétable de Bourbon. Ce second volume devait être suivi d'une table générale alphabétique, qui n'a point encore paru.

VII. Musée des Archives. — On doit à M. le marquis de Laborde la création du Musée des Archives, quia été ouvert le 19 juillet 1867. Le choix des pièces qu'on y a exposées fut arrêté par une commission d'archivistes, après un

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examen attentif des diverses catégories de pièces conservées à Thôtel Soubise. Une double considération a dicté ce choix : faire connaître au public les documents historiques les plus intéressants, et mettre sous ses yeux un ensemble d'actes propres à indiquer les différentes phases de récriture. Ainsi, d'une part, une série de pièces curieuses à raison des grands événements qu'ils relatent, tels que fondations d'abbayes, traités de paix, contrats de mariage apportant à la couronne' des provinces nouvelles, correspondances diplomatiques, édits célèbres, autographes des derniers siècles, etc. ; de l'autre, diplômes , chartes , rôles , registres parfois ornés de miniatures ou de dessins à la plume, lettres historiées, papyrus, tablettes de cire, papier de coton, etc., par conséquent une suite de documents chirographiques indiquant les transformations successives qu'a subies l'écriture et les formes jadis imposées aux arts,

Pour que le public appréciât et comprit la valeur du Musée, un simple livret énonçant la nature de chaque pièce et renvoyant à son numéro d'ordre ne pouvait suffire ; une description détaillée était indispensable. Il fallait analyser le contenu de chacun des actes placés dans les vitrines, en faire ressortir l'importance et le caractère, donner dès lors des renseignements sur les faits historiques auxquels ils se rattachent, sur les personnages dont ils émanent, et compléter par des indications sommaires les enseignements paléographiques qui ressortent des pièces mêmes.

C'est le plan qui a été adopté. Les mille quatre cent quarante -quatre documents exposés sont distribués en sept sections, correspondant aux sept grandes périodes de nos annales, et en tôte de chacune on a placé une introduction qui résume le caractère de la paléographie durant l'époque qu'elle représente. De nombreux fac-similé mettent sous les yeux du lecteur des spécimens d'écritures et des passages curieux extraits des actes cités.

La rédaction de ces notices est l'œuvre des archivistes qui ont présidé à la constitution du musée.

INVENTAIRES DES ARCHIVES

Inventaire sommaire et tableau méthodique des fonds conservés

aux Archives nationales.

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