‹ Les sources de l'histoire de FranceChapitre 626 sur 779 · L. d'Achery, Spicilegium · texte numérisé non relu

L. d'Achery, Spicilegium

J. Mabillon, Votera Analecta 59, 60

Et. Bâluze, Miscellanea 63

Marténe et Durand, Thésaurus anccdotorum 64 et s.

Marténe et Durand, Amplissima Collectio 71 et s.

J.-M. Pardessus, Diploniata, chartœ, etc 81

Recueil des historiens de France 85 et s.

G.-H. Pertz, Monumenta Germaniae 98 et s.

Albert Lenoir, Architecture monastique il4

DiDRON, Iconographie chrétienne 115

Mélanges historiques <20

Collection de cartulaires 120, 192, 196, 456 et s.

Privilèges accordés à la couronne de France par le Saint-Siège i44

J. Micuelet, Procès des Templiers ■ 149

Négociations relatives à la conférence de Loudun 165

Correspondance administrative sous Louis XIV, tome IV *..... 171

Chroniques de Flandre 194 et s.

Œuvres de Grégoire de Tours 268

Chroniques des Églises d'Anjou 210

Les Miracles de saint Benoit 212

Orderic Vital, Histoire ecclésiastique 212

Chroniques de Saint-Martial de Limoges 213

Annales de Saint-Bertin et de Saint-Waast *^^5

Rouleaux des morts du ix® au xv® siècle ^^^

Diocèses et monastères de France 248, 249, 23ft

Société de l'histoire de la Belgique ' 233 ©^*'

GuizoT, collection de mémoires, tomes I à V, IX, XIV à XXVIÏI 271 ^^ *'

J.-A. BucuoN, Chroniques nationales, tomes I à IV ^

Leber, Dissertations, tomes III, IX, X, XI, XVIII 345,350,33»^ ^^

CiMMER et Danjou, Archives curieuses, P« série, t. IV à VII, XiV . 365 à 368^ ^

Revue rétrospective, tomes II, V, VIII, XII . 386, 388, 389, ^^

Bibliothèque de TÉcole des chartes, t. VII, VIII, XVIII, XXIV. . 405, 406, 414^ *'^ Tn. DE Bèze, Histoire ecclésiastique des Églises réformées ^

in provincias ecclesiasticas distributa.

Qua séries et historia archiepiscoporum, episcopo?^m

et abbatum Franciœ vicinarumque ditionum,

ab origine Ecclesiarum ad nostra tempora deducitur,

et probatur ex authenticis instrumentis adcalcem appositis.

Opéra et studio Domni Dionysii Sammarthani,

presbyteri et monachi ordinis Sancti Benedicti

e congregatione Sancti Mauri.

Paris, 1715-1865, 16 vol. in-folio.

^ premier ouvrage vraiment sérieux où Ton ait entrepris d'établir la *^Ccession chronologique des archevêques et dos évoques de France est ^tià Jean Chenu, avocat au parlement de Paris. 11 le publia en 1621 sous ^^ titre : Archiepiscoporum et episcoporum Gallix chronologica historiay qua '^9th eorumdem a temporiôus apostolorum incœptus ad nostra usque, per iralucem succedenlium servatus, ostenditur *. Ce volume, bien supérieur déjà aux informes essais donnés antérieurement par Antoine de Mouchy ', par JactpiesSevert' et par AubertLemire*, présentait encore d'immenses lacunes.

* Auctore Joarme Chenu, Biturico, in senatu parisiensi patrono, Paris, in-4®.

* Christianœ religionis, imtiiutionLsque domini nostri Jesu Christi et apostolicx tror Mtionis.,.. catholica et historica propugnatio, Antonio Mouchiaceno Demochare Ressotuso, doctore SorbanicOf auctore. Paris, 1562, in-folio. II® partie, de Sacrificio missœ.

* Chronologia historica successionis hiérarchies illustrissimorum archiantistitum Lugdunensis archiepiscopaius, Galliarumprimatus,,,, Authore lacobo Severtio, doctore sacra? theologix parisiensi, 1607, in-4®.

* De statu religionis christ iatiœ per Europam, Asiam, Africam et orbem novum librilV, Aubertus Mirxus,.. publicabat, Cologne, 1619, in-18.

renfermait de nombreuses inexactitudes, et n'était pas fait pour décourager les historiens qui eussent pu ôtre tentés par ce sujet*.

Claude Robert, archidiacre de Chalon-sur-Saône, se livrait précisément, depuis plusieurs années, au môme travail, et le résultat de ses rerherche> forma un volume in-folio, qui parut en 1626, avec ce titre : Gallia cAnstianûy in qua 7'egni Francix diUontmique vicinarum dÛBeeaes et m ià pt^xsules describuntu?* •. Claude Robert ne s'était pas borné à dresser une simple nomenclature des archevêques et des évoques ; une notice assez substantielle accompagnait, comme dans le li\Te de Chenu, le nom de chacun d'eux, cl Ton trouvait en outre, à la fin de l'ouvrage, une liste succincte, par ordre alphabétique, des abbayes et autres bénéfices qui figuraient dans les diocèses. Cet ouvrage eut un grand succès ; l'auteur ne s'en dissimulait cependant pas les imperfections ', et, vers la fin de sa xib^ il souhaitait que des ^

érudits plus jeunes et plus actifs en donnassent une nouvelle édition, coni- — ^. plétée et refondue.

Dans cette pensée, il jeta les yeux sur deux fibres jumeaux, Scévole ef '^^^fi\

Louis de Sainte-Marthe *, déjà connus par leurs travaux historiques, eteLS" ^^^ possession, depuis 1620, du titre d'historiographes de France. Le sujet leu

ui

était familier, car ils avaient fourni des notes à Chenu, et Robert, durant 1 M^ ]a

composition de son livre, avait reçu d'eux plus d'une officieuse communs cation *. Après la mort de celui-ci, son protecteur dévoué, Jacques (Fz^ de Neufchèze, évoque de Chalon-sur-Saône, qui avait accepte la dédicace dEj^ du

^ « Nam ut cuilibet legenti facile constabit, non modo îa Democham >x>lumnie«^ - et « sacrificio missœ, qui maleriam nostram leviter attigerat, in Gbenuti, Sevcrtiîqc « libris plcraquc mutila cl hiulca, née non erroribus suot aspersa. »GaUiad praBfalio, p. m.

* « Cura et labore Claudii Roberti, Lingonensis presbyteri. »• ' « In Roberlo maxima pars dcest aut Eccicsiarum, aut prsesulum omissomm,

u rerum cxplicandarum, aut vetcrum monumentorum qnae ad cathedralium, « tiarum origines, incremcnta, privilégia, jura, discifilinam et comsuetudines wpt « haut. » Gallia chnstiana, praîfatio, p. m.

* « His adde, quod propter niorbosam senectutem Robertus cum huie labori « imparcm intelligeret, datis ad gemellos fratres sœpius epistolis enixe rogavit i/i « banc provinciam suscipcrent. » Gallia christiana, praefatio, p. m.

' « Cum Joannes Chenu, Bituricus, operis hujus umbram aliquam delineas8et,scji» a titulo Chronologicai historiae episcoporum Galliœ, fratres Sammarthani lubenteK*^/ w contulere quœ jam digerere cœpcrant, ut ipse testalur. Quod idem postea CiBod/^ ce Roberlo pra'stitere, qui majoris operis molem aggressus, non modo plura Cbemili^ « adjecit^ sed augustiorem formam et ordinem superinducens, a Sammarthanis etiim « non pauca recepit, quibus ejus liber cresceret et illustraretur. » Galiia chktiana, prœfatio, p. u.

'QàLIM CHRISTIAN A. 467

"folame, ioBista deiâoirvean auprès des deux frères pour qu*ils reprissent une œuvre si bien commencée *. Scérole et Louis de Sainte-Marthe hési- Itimit. La tÀcbelsnr semblait immense et difficile ; puis, ils avaient reçu du toi Tordre d'écrire une .Hùfmre ^éméalogique de la Maison de France, et le troisième volume n'était^point encore achevé '. Mais TAssemblée du clergé ta 1646 56 montca sifavondlileà une refonte du Gallia chrùttana, qu*ils finirait par accepter les propositions qui leur étaient faites *.

Tous deux moururent avant d'avoir pu mettre la dernière main à ce travail. Scévole décéda le 7 septembre 1^50 et Louis le S9 ami 1656. Pierre- Abel et Nicolas de 6ainte4ifarthe, fils de Scévole, qui depuis longtemps aidaient leur père et leur oncle, -se chargèrent d'achever Tœuvre ; ils compo-

* « fpse Jacobus de Nuehece, illustrissimus antistes Gabilonensis^ cui liber Roberti ^ consecratus erat^nos bumanitatc summa semper prosequutus, fatis funclo Roberto^ « vehementer invitavit frequeotibus Jitteris, ut huic operi sedulo incumberemus; cui « promovendo^ muita conquiri et exhiberi nobls documenta diligentlssime procu- <c ravit. Undc oullus vitio ucbis vertet, quod in alienam messem falcem immittere» ic et pîi, docti, nobisque conjunctissimi viri Roberti gloriam tcntaverimus obscurare. » -GnlHa chrisiiana, praefatio, p. m.

-* « Nihilominus cnm magsa rationum momenta revocarent Sammarthanos gc- « melioSyUt id oneris susciperent, nempe provectior stas^ operis moles ardua^ maxime « vero cum sibi tune proposuissent Historiae genealogicœ Domus regiae seriem perfi- « cere nobilissimarum Gallise familiarum. » Gallia chrisiiana, praefatio, p. m.

• « Tandem fluctuantes et incertos inclinavit Cleri Gallicani gcneralis cœtus, ha- M bitus Lutetîae anno 1646, qui cum intellexisset per suum promotorem dlgnissi- « mam... Galliœ christianse maximam utilitatem.... mandate suc speciali iis signifi- « cavit, fore sibi rem gratissîmam,fii quam primum fîeri posset idEcclesiae et Francise «c publico commode evulgarent. » GaUia chrisiiana, prœfatio, p. ui et iv. — Les auteurs reçurent d'avance une somme de trois mille livres, « pour les dédommager au- Gonement des frais de ladite impression », et trois mille livres durent en outre leur "être paytîes après la publication de l'ouvrage. On lit dans les procès- verbaux de l'aswatUée du clergé : « Le sieur abbé de la Feûillade, promoteur, a dit que les sieurs ■ de Saincte-Marttie frères, personnages fort sçavants dans l'antiquité, ont composé « un ouvrage de considération qui contiendra trois volumes, intitulé Gallia chris- • tiana, dont ils ont présenté TÉpistre dédicatoire à la Compagnie, et qu'ayans des-jà « i&it beaucoup de despence pour le faire imprimer, et travaillé utilement pour le « bien de la Religion... leur soin et leur zèle méritoient qu'il pleust à la Compagnie « leur en tesmoigner k satisfaction qu'elle en a par quelque honneste recognoistc Mnce. L'assemblée a arresté : que les sieurs de Saincte-Marthe seront conviez à « faire continuer l'impression de leurs livres, et pour marque de son estime... a ré- « «olu qu'il leur sera fait un présent de six mille livres, dont il leur sera délivré or- « donnance sur le receveur, la moitié payable présentement, et l'autre moitié lors- ■m que la susdite impression sera achevée. » Procez-verbal de rassemblée générale du clergé de France, ienuè en Vannée l64o; séance du 7 janvier 1640, p. 518.

GALUA CHRISTIANA. 469

deau ajoutait qu*au milieu de tant de recherches neuves et importantes, il n'avait rencontré aucune appréciation qui ne fût parfaitement conforme aux saines doctrines de TÉglise \

On songea alors à présenter l'ouvrage à rassemblée du clergé qui venait

dû se réunir. Celle-ci désigna pour examinateurs P. de Marca, A. Godeau,

Pr. Bosquet, les abbés Berthier et d'Espeisses, et le docteur Lemoine; elle

les chargea de soumettre le Gallia christiana à un examen approfondi, et de

rédiger un rapport dont l'assemblée prendrait connaissance.

Le docteur Lemoine, bien connu par son hostilité contre le jansénisme,

étudia surtout le livre à ce point de vue, et il finit par découvrir, dans le

^ÏViatrième volume ', une phrase dont les termes semblaient favorables à

ï^^abbé de Saint-Cyran. Il jeta feu et flammes, et protesta que le clergé ne

trouvait accepter la dédicace d'un ouvrage imbu de si dangereux principes.

On lui répondit que l'assemblée de 1646 avait en quelque sorte réclamé un

^loge de Duvergier de Hauranne par ces belles paroles : « Fac ut aliquis

«^ surgat ex ossibus ultor, qui nomen Aurelii, quod omnibus sanctum est, a

«« calumniis vindicet. » Mais, depuis cette époque. Innocent X avait con-

€3amné les cinq propositions de Jansénius, ce qui modifiait singulièrement

la situation.

L'évoque de Vence fut pris pour arbitre. 11 fit son rapport le 2!2 août, et la séance tout entière se passa à le discuter. Godeau se prononçait pour la modification de quatre lignes seulement; il voulut donner lecture du passage dont la suppression était demandée, mais l'assemblée s'y opposa, et remit au lendemain pour prononcer définitivement. Ce fut, en efi'et, le 23 qu'elle rendit son verdict. Elle déclara accepter la dédicace de Touvrage, mais à la condition que la feuille contenant l'éloge du Duvergier de Hauranne serait réimprimée, « que l'éloge entier du sieur de S. Cyran seroit osté du livre « des sieurs de Sainte-Marthe, et que Ton mettroit à la marge que si, dans « les autres exemplaires il y en a quelques-uns ', ils y ont esté inserez sans « connoissance ny approbation de l'Assemblée; ce qui, ajoute le procès- « verbal, ne préjudiciera aucunement à la réputation et foy historique des-

' « Nosigitur... lubenter testamur utilissimosEcclesiœGalIicanae,imoetuniversœ, « hos libros fore, quippe quos ad Ecclesiasticam praescriplionem ad versus haereticos « probandam recte adducere possumus, nihil in illis quod sans doctrinœ repugaet t reperiri, imo multa Dova et scita dignissima conlinere. »

«Page83i.

' Des éloges, sans doute.

470 GALLIA GHRISTUNA.

« dits sieurs de Sainte-Marthe, lesquels ont bien mérita de TEglise gai- « licane *. »

Les auteurs se soumirent aussitôt à cette décision, et Tartîele consacré à Tabbé de Saint-Gyran fut ainsi refait : <( loannes du Verger de Hauranne, (( Baionse natus anno 1581, prsecedentis episcopi resignatione suffectus « abbas, prsefuit anno 1620, et excessit e seculo die 11 octobris 16i3 '. « On lit en marge ces mots qui rendent fidèlement les termes mêmes dont s'était servi le rapporteur du clergé : « Gautum est decreto cleri gallicani quod si « in quibusdam exemplaribus elogium huic diversum reperiatur, id cen- « seatur insertum sine ejus cognitione et approbatione ; illsBsa tamen £ama « Sammarthanorum et historica Ûde, qui suis operibus de Ëcclesia gallicana « bene meriti sunt. »

A la séance du 23 août, les commissaires avaient <c esté priez de voir « s*il y a quelque autre chose dans ledit livre qui doive être rapporté à la « compagnie ' » ; mais ils furent unanimes cette fois à reconnaître le mérite de Touvrage, ainsi que sa parfaite orthodoxie, et Ton arrêta qu'il serais solennellement présenté à l'assemblée du clergé le 13 septembre suivant.

Au début de cette séance, les frères de Sainte-Marthe furent introd dans la salle, et prirent « place au devant du bureau, sur des chaises « bras. » Abel-Louis de Sainte-Marthe fit à l'assemblée un long disco latin, auquel le président répondit en fort bons termes ^. Puis, « les di <( Sieurs de Sainte-Marthe s'estant retirez, la Compagnie a tesmoigné la « tisfaction qu'elle avoit eue du discours du P. de Sainte-Marthe, et par « aplaudissement général, a tesmoigné l'estime qu'elle faisoit de la (i ponse que Monseigneur le Président y a faite. Mondit Seigneur le Présl « dent a ensuite représenté à la Gompagnie les services que lesdits Sie (( de Sainte-Marthe ont rendus au Glergé et ceux qu'ils luy peuvent ren< « encore, et a dit qu'estant très-juste de les reconnoistre et de leur doiuie=^ (c des marques de Testime que la Gompagnie fait de leur mérite et capa— M cité, elle ne pouvoit rien faire de plus honorable, ny de plus conforme

* Frocez-verbal de rassemblée générale du clergé de France, tenue à Paris es armé f655 et 1656, p. 654.

' Voyez le tome IV, p. 83i, — Cette notice fut reproduite textuellement, en ilL dans la nouvelle édition du Gallia christiana (tome 11^ p. 132) ; on y ajouta aeuleme ces mots : « In urbe Lutetia, ubi et sepultus est in ecclesia.S. Jacobl deAlto pasaiv M suburbio S. Jacobi. »

* Procez'verbal de l'assemblée générale du clergé, p. 656.

* Ces deux discours sont reproduits dans le ProceZ'Verbal de l'assembUe du clergé, p. 804 à 810.

'< leur sentiment^ que de leur accorder une pension. Sur quoi, délibération *< prise par Provinces, il a esté unanimement résolu qu'il sera donné à « chacun desdits sieurs de Sainte-Marthe la somme de cinq cens livres de << pension, faisant pour trois celle de quinze cens livres, sur le fonds des « Jtinistres convertis '. » On leur remit, en outre, trois mille livres, pour compléter la somme de six mille livres qui leur avait été promise en 1G46.

Malgré les mérites très-réels du Gallia rhristinnay le temps y révéla peu de grandes imperfections. Les travaux publiés depuis 1656 firent re- ^^ ^>nnaltre dans la chronologie des prélats et surtout dans celle des abbés lus d*une lacune. On reprochait encore aux auteurs le plan qu'ils avaient .<lopté : rhistoire des métropolitains, de leurs sufTragants et des abbayes ^ui en dépendent ayant une intime liaison, il eût mieux valu, disait-on, c^éunir sous un seul titre Tensemble de chaque province ecclésiastique, «'assemblée du clergé de 1710 pensa que le moment était venu de refondre \i de compléter cet immense ouvrage, et elle chargea de ce soin un béné- ^Uctin éminent, qui appartenait par son nom et par sa liliation à la famille •^es premiers auteurs, le savant Denis de Sainte-Marthe '.

Q fût convenu que, dans le nouveau travail, l'histoire de chaque arche-

^^êché serait immédiatement suivie de celle des évêchés qui en ressortis-

^ent et des abbayes qui y étaient situées. L'assemblée voulait encore :

« que dans le rang des Provinces ecclésiastiques, pour ne point donner

« d'atteinte aux diverses prétentions de plusieurs Métropolitains, l'auteui'

^ suivit Tordre alphabétique; ce qu'il observera également, ajoutait-on, et

« pour la môme raison dans le rang des Évêchés qui composent une même

^« province '. »

L'assemblée posait encore à Denis de Sainte-Marthe les conditions sui- Viintes :

« A la tête de chaque Province, il y aura une carte géographique, où <« Ton marquera non-seulcjnent les Villes épiscopales et les Abbaïcs, mais

' ProceZ'Verhal de rassemblée générale du clergé, p. 81 i .

^ Il était neveu du jans^'oiste Claude de Sainte-Marthe, qui lui-même descendait de Caucher de Sainte-Marthe, le médecin de François I*'.

. * Proc€Z.'Verhal de rassemblée générale du clergé de France, tenue à Paris en l'année 1710, p. i9t.

rempli les engagements pris par lui vis-à-vis de l'Assemblée du clergé. On y trouve les provinces d'Albi, d'Aix, d'Arles, d'Avignon et d'Auch, ainsi que les évôchés et les abbayes qui en dépendent. Une carte géographique figure en tôte de chaque archevêché, et le volume est terminé par une longue série de preuves ou documents inédits [instrumenta), qui avaient été fournis à l'auteur par Claude Étiennot, Etienne duLaura, Edmond Martène, Orsin Durand, Jacques Roger et d'autres reli^'ieux de la congrégation de SaintrMaur.

Denis de Sainte-Marthe avait atteint l'âge de soixante ans lorsqu'il entreprit ce grand travail ; il n'eut que le temps de Taire inipiimer deux autres rolumes, et mourut en 17:25, l'année môme de la publication du tome 111*. n avait eu pour collaborateurs dans ses dernières années les PP. Thiroux, Joseph Duclou, Claude Bohier et Barthélémy Petit-de-la-Croix. Le tome 11% qui parut en 1720, contient les archevêchés de Bourges et de Bordeaux, et le troisième, trois métropoles fort éloignées les unes des autres, celles de Cambrai, de Cologne et d'Embrun. En tôte de ce dernier volume on trouve les changements arrivés dans les Eglises depuis l'impression des trois premiers tomes.

La mort de Denis de Sainte-Marthe n'interrompit point la publication du Galba. Les bénédictins qui aVfiient travaillé sous sa direction, Jean Thiroux, Télix Hodin et Joseph Duclou le continuèrent avec zèle, et mirent au jour, en 1728, le tome IV*, qui s'ouvre par un éloge de leur chef et prédécesseur. Ce volume renferme l'histoire de la seule métropole de Lyon. Trois ans après, les mômes religieux publièrent le tome V% consacré aux provinces ecclésiastiques de Mayence et de Malines. Jusque-là les volumes s'étaient succédé régulièrement, mais entre le V® et le Vr, il s'écoula un intervalle de huit années. Cette interruption doit être attribuée aux affaires du Jansénisme, auxquelles plusieurs membres de la congrégation de Saint-Maur prirent une grande part. En 1739 parut enfin le tome Yl% œuvre de Félix Hodin et d'Etienne Brice. On n'y trouve plus ni additions, ni corrections, ni les changements surN'cnus dans les diocèses; un avertissement placé en tôte annonce que ces suppléments seront insérés à la fin de tout l'ouvrage*. Ce volume renferme l'histoire de l'archevôché de Narbonne et des onze évèchés qui en dépendaient.

^ « Quod enim praBmissae doq fuerint emendationes, haud inde inféras, lector, • nuUas a nobis de novo fuisse détectas, nullasque factas fuisse ab edito quinto tomo c mutationes : sic velim potius existimes tôt esse ac tantas, ut confusionem visi fuis- « semus parère magis quam perspicuitati consulere. Melioribus usi consiliis, bas ad

GALUA CHRISTIANA. 475

Disons on mot d*iuie tentative, demeurée infructueuse il est vrai, mais qui n'en fait pas moins honneur à celui qui la conçut. Vers 1847, un bi* bliotbécaire de la Sorbonno, Tabbé Giraud, publia un projet de réimpression et de continuation du GaUia. Il se proposait de revoir et de corriger Fouvrage, de combler les lacunes provenant, soit du temps, soit du fait des auteurs successifs, en un mot d'en faire une œmTe parfaite. C'était beaucoup entreprendre, et il eût été certainement plus sage de s*en tenir à une continuation pure et simple. Bn vain Tabbé Giraud fit un' pressant appel ans évèques et aux savants pour obtenir leur adhésion et la communication des documents nécessaires. Son essai avorta dès le début, et il fallut attendre encore près de dix ans avant d'entrevoir la réalisation du complément de Tœuvre commencée par Denis de Sainte-Marthe.

Si TAcadémie des Inscriptions n'avait pas pris à sa charge la continualion du GuUia ehrâtîanaj comme elle l'avait fait pour tant d'autres collée- Sons, il est juste toutefois de reconnaître qu'elle se préoccupait de l'inaehèrvement de ce monument historique. Elle déclara plus d'une fois qu'elle plaçait cette œuvre au premier rang des travaux auxquels elle conviait Its érudits français, et que nulle autre ne lui semblerait mériter davantage les récompenses dont la distribution a été confiée à ses lumières ^

Cet appel devait être entendu. Un savant distingué, M. Barthélémy Hauléaa, entreprit courageusement un travail devant lequel tant d'autres avaient reculé, et bientôt il fut à même d'ajouter trois volumes aux treize fin nous avaient été légués par les Bénédictins. Quelques-unes des pièces justificatives réunies par les religieux pour l'histoire des quatre provinces qui restaient à publier avaient, nous l'avons dit, échappé à la destruction ; mais elles existaient à l'état d'épreuves non corrigées et tellement incorrectes, que M. Hauréau ne put en employer qu'un très-petit nombre *. Il Alt donc livré à ses recherches personnelles, et ce fut sur les documents

' « De cujus tamen utilitate cum omnes uûq ore consentirent, et ut pcrficeretur « summopcre exoptareot, Inscriptionutn Academia iterum iterumquc proscripsit ma- « ximas a se persolvendas grates ei qui, Benedictinorum vestigiis ingressus, dere- • Udam rem persequeretur. » Admonitio ad lectorem, en tête du tome XIV.

• M Non pauci quidem opinai! sunt quartum decimum hoc volumen a Benedictis « sodalibus saltem inchoatura fuisse; et curiosius vel apud exteros armaria scrutati « sont, si quas tanti laboris rcliquias e naufragio colligere liceret. Eamdem investi- « gationem aggressi operam mox agnovimus perditam, nisi quod instrumenta quaB- « dam, ad hoc volumen spectantia, jam vulgata typis ex officina cujusdam librarii « depromere datum est. Textus vero eorum tôt mendis scatebat, ut, plerisque sub- « motiSf pauca tantum, variantibus lectionibus marginata, rursus praelo mandave- « rimus. » Admonitio ad leciorem, en tête du tome XIV.

recueillis par lui qu*il rédigea le complément du Gallîa, auquel il conseirs la méthode adoptée par les premiers éditeurs.

Les trois volumes qu'il a publiés déjà, c'est-à-dire les tomes XIV*, XV* et XVI*, ont paru successivement en 4856, 1860 et 4865. Le premier comprend l'archevêché de Tours et ses suffragants ; le second est consacré à la province de Besançon, et le troisième à la métropole de Vienne. Les listes d'archevêques, d'évêques, d'abbés, etc., relativement complètes, s'arrêtent à l'année 1790. On trouve dans ces volumes, comme dans ceux des Bénédictins, les cartes géographiques des diocèses, et les nombreux Instrumenta qui accompagnent le texte sont choisis avec discernement et soignés sous le rapport de la correction.

Il ne reste plus désormais qu'à mettre au jour Thistoire ecclésiastique de la province d'Utrecht, et ce sera l'objet du tome XVII* et dernier. Alon le programme des Bénédictins sera entièrement rempli, le travail d'ensemble sera complet. Mais il y aura encore des lacunes à combler, i faudra continuer l'histoire de chaque diocèse, et la conduire jusqu'à nos jours ou, au moins pour les treize premiers volumes, jusqu'à la Révolution. Bien des listes d'évêques et d'abbés devront être complétées; beancoup de corrections et d'additions seront nécessaires.

Un supplément de ce genre est actuellement en voie d'exécution. C'est un Bénédictin de l'abbaye de Solesmes, dom Paul Piolin, qui Ta entrepris. 11 se propose de donner deux volumes d'additions, pour améliorer le GalUa christiana d'après les découvertes qui ont été faites depuis sa publication. Son projet comprend aussi une table générale des matières qui s'étendrait à tout l'ouvrage. En attendant il travaille à la réimpression textuelle, page pour page, ligne pour ligne, des treize volumes publiés par les Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur.

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