BRÉQUIGNY ET PARDESSUS
fermer des chartes, de les relever et de rédiger pour chacune une notice analytique comprenant les noms de personnes et de lieux, Tobjet de la pièce et sa date. Les actes devaient être classés ensuite par ordre chronologique, et compris dans des tables onomastiques et géographiques. Il fallait, en outre, donner à la suite de chacun d'eux la liste des principaux ouvrages oti ils avaient été publiés.
Secousse, qui par la nature de ses travaux paraissait plus propre que personne h l'exécution d'un pareil travail, en fut chargé, et s'en occupa jusqu'à sa mort, arrivée en 1754. Sainte-Palaye continua les recherches, avec Taide de quelques collaborateurs; mais, absorbé par la composition de son Glos-saire, il demanda un successeur, et Bréquigny, qui lui avait été adjoint, demeura seul à la tête de l'entreprise.
Avant qu'il fût en mesure de livrer le premier volume à l'impression, un certain abbé de Foy, qui avait eu, dit-on, entre les mains, une partie des travaux de Secousse, publia un ouvrage intitulé : Notice des diplômes, des chartes et des actes relatifs à l'histoire de France, qui se trouvent imprimés et indiqués dans les ouvrages de diplomatique, dans les jurisconsultes et dans les historiens, rangés dans l'ordre chronologique depuis l'an 23 de l*ère vulgaii^e jusqu'en 841. Ce volume in-folio, de plus de six cents pages, et sortant de l'Imprimerie royale, n'obtint'aucun succès. L'auteur y avait accueilli des pièces dépourvues de tout caractère authentique, et yavait joint des observations souvent inexactes , toujours placées hors de propos, car il ne pouvait être question, dans un recueil semblable, de discuter le caractère et la valeur de chaque pièce.
Bréquigny poursuivait son œuvre, et on estime à douze mille environ le nombre des ouvrages qui durent être consultés avant la publication du premier volume. Celui-ci parut en 1769, précédé d'une intéressante préface et suivi de cinq tables alphabétiques.
Le quatrième volume était sous presse lorsqu'éclata la Révolution ; mais il fut presque entièrement détruit pour le service de l'artillerie, ainsi que d'autres grandes collections alors prêtes à paraître. Les exemplaires restants furent vendus au poids, en 1811, par le ministre de la justice, qui avait l'Imprimerie impériale dans ses attributions. Heureusement, la Bibliothèque impériale avait eu soin de se faire délivrer quelques exemplaires des bonnes feuilles, et elle avait reçu en dépôt les portefeuilles de Bréquigny renfermant les notes recueillies pour la suite du travail. Il était donc facile de le reprendre et de le poursuivre.
Ce ne fut toutefois qu'en 1829 que l'Académie des Inscriptions songea à
TABLE CHRONOLOGIQUE
continuer cet ouvrage, et en 1832 seulement qu'elle s*en chargea officiellement. La rédaction fut conûée à M. Pardessus.
Il fallait s'occuper d'abord de réimprimer le tome IV, ce qui paraissait facfle, puisque les bonnes feuilles de la première édition avaient été conservées. Mais elles s'arrêtaient à la page 47â, fin de l'année 1209, et la suite manuscrite de 1210 à 1214, n'existait plus. C'était là une difficulté sérieuse, mie perte difficile à réparer, car il devenait indispensable de recommencer le dépouillement de tous les ouvrages qui avaient été consultés pour l'ensemble du recueil. Pardessus se fit adjoindre trois collaborateurs libres de leur temps, et le tomelY vit le jour en 1836. Dans une longue préface, l'auteur expose toutes les difficultés qu'il a eu à surmonter, et annonce qu'aux tables données par Bréquigny il a ajouté celle des fiefs, dignités et noms de familles.
Le dernier volume publié^ est le septième, qui embrasse les années 1271 i 1302, et qui est Tœuvre de MM. Pardessus et Laboulaye. Celui-ci est aujourd'hui seul chargé delà continuation du travail, et on s'étonne de la lenteur avec laquelle il se poursuit, quand on se rappelle que Bréquigny a rassemblé la presque-totalité des matériaux destinés à l'ouvrage tout entier.