TOME II
Serenissimo principi et excellentissimo senatui reipublicae Venetiarum.
Historiarum studioso lectori.
Liber secretorum fidelium crucis, qui est tam pro conservatione fidelium, quam
§ro conversionc et consumptione infîelium : quanquam etiam propter acquirendam et tenendam Terram sanctam, et alias multas terras in bono
statu pacifico et quieto. Aiictor Marinus Sanuto, dictus Torsellus. [Marino SanutOj dit Toi'sello ou l'Ancien. — Années 1088 à 1307.]
Mârini Sanuto dicti Torselu epistolœ.
De récupérât ione terrae sanctœ. Auctor anonymus, patronus regius causaruin ecclesiasticarum in ducatu Aquitani<e.
Albert d'Aix, I.
Balderic de Dol, I.
Foucher de Chartres, I.
Gautier le Chancelier, 1.
Gaibert de Nogent, I.
Guillaume de Tyr. I.
Jacques de Vitry, I.
Marino Sanuto, II.
Olivier de Cologne, I. Raimond d'Agiles, I.
Robert le Moine, I.
Sanuto (Marino), II.
Torsello, 11.
Recueil des
HISTORIENS DES CROISADES
publié par les soins de F Académie des inscriptions
et belles-lettres *.
Paris, 1841-1875, 8 vol. in-folio.
La part glorieuse que la France a prise aux guerres des croisades a toujours fait considérer le récit des expéditions en terre sainte comme appartenant de droit à notre histoire' nationale. Dès les premiers temps de Timprimerie, ces vaillantes entreprises ont trouvé des vulgarisateurs parmi les savants français.
A la lin du xvi® siècle, un érudit célèbre par la variété de ses connaissances, Jacques Bongars, conçut le projet d'un recueil qui devait réunir tous les historiens alors connus des croisades. Il le soumit à François Pithou, qui l'approuva, et en 1611 parurent les Gesla Deiper Francos *. Ces deux volumes renfermaient environ vingt chroniques, dont plusieurs avaient été imprimées déjà; mais les textes étaient, cette fois, complétés et rétablis avec une habileté de critique qui laissait peu à faire aux éditeurs futurs.
En revanche, l'ouvrage devint bientôt insuffisant. Les riches collections formées dans le cours du xvii* siècle par du Ghesne, par d'Achery, par Mabillon, par Martène, etc., révélèrent une multitude de documents originaux relatifs aux croisades, et les Gesta Det per Francos ne purent plus, dès lors, être regardés que comme le modèle, exécuté dans des proportions beaucoup trop restreintes, d'une autre collection plus vaste et plus méthodique. Un instant dom Bouquet eut la pensée d'insérer tous ces do-
^ Pour les autres ouvrages relatifs aux croisades et compris ci-dessus dans la deuxicme partie, voyez la Table générale des matiïTcs. • Voyez ci-dessus, p. 500.
HISTORIEiNS DES CROISADES. 503
aments dans son grand recueil des Historiens de France; il préféra avec 'aison les imprimer à part et en former une collection spéciale, où les historiens orientaux prendraient place auprès des historiens latins et grecs. Cette vaste entreprise fut réglée par les bénédictins avec la sûreté de jugement que Ton remarque dans toutes leurs œuvres, mais elle ne reçut môme pas un commencement d'exécution.
Plus de cent ans après, le projet fut repris par l'Académie des inscriptions. Elle nomma une Commission de cinq membres : MM. Hase, Quatremère, Reinaud, Guérard et Beugnot, qui, en 1840, lui soumirent un plan détaillé pour la publication des historiens des croisades.
L'Académie décida que l'ouvrage serait divisé en trois séries distinctes, dont les volumes, mis au jour séparément, auraient une tomaison indépendante :
1" série, historiens occidentaux ;
2* série, historiens byzantins ;
3* série, historiens orientaux.
Les textes devaient être accompagnés de pièces diverses, lettres, traités d'alliance, actes publics ou privés, propres à rectifier des erreurs ou à développer des faits rapportés d'une manière incomplète. Le recueil étant réser\'é aux auteurs originaux, c'est-à-dire à ceux qui ont été témoins ou au moins contemporains des événements qu'ils racontent, on adopta pour limite chronologique le milieu du xn"" siècle. L'Académie décida également que les écrivains orientaux seraient traduits et commentés en français, les écrivains grecs en latin ; enfin, que Ton rédigerait en langue latine les notes relatives aux textes latins et en français celles qui correspondent à des textes français. Des plans et cartes seraient joints aux volumes, et la collection se terminerait par une table générale des matières.
Huit volumes des Historiens des croisades ont été publiés jusqu'ici, en y comprenant les deux volumes des Assises de Jérusalem, donnés par M. Beugnot en 1841 et 1843, et qui ne rentrent dans aucune des trois séries.