V. Cousin, ouvrages inédits d'Abélard i
L'Éclaircissement de la langue françoise. . 160
Correspondance administrative sous Louis XiV, tome IV 171
Sociétés littéraires de France 248
Mémoires sur le XVin* siècle, tome VI 317
Lebeb, dissertations, tomes XIV et XV 353, 354
Revue rétrospective, tomes I, II, VI, Vm, XV 385, 386, 388, 390, 393
Bibliothèque de TÉcole des chartes, 1. 1, X, XXII, XXVIII .... 400, 407, 416, 420
où ton traite de torig'me et du progrès, de la décadence et du rétablissement des sciences parmi les Gaulois
et parmi les François; du goût et du génie des uns et des autres pour les Lettres
en chaque siècle ;
de leurs anciennes Ecoles ;
de rétablissement des Universités en France ;
des principaux Collèges;
des Académies des sciences et des belles-lettres ;
des meilleures Bibliothèques anciennes et modernes ;
des plus célèbres Imprimeries, et de tout ce qui a un rapport particulier à la littérature.
Avec les Éloges historiques des Gaulois et des François
qui s'y sont fait quelque réputation;
le Catalogue et la Chronologie de leurs écrits;
des Remarques historiques et critiques sur les principaux ouvrages;
le dénombrement des différentes éditions:
Le tout justifié par les citations des auteurs originaux.
Par des Religieux Bénédictins de la Congrégation Db Saint-Maur.
Paris, 1733-1873, 26 vol. m-4«.
Il n'existait encore, au commencement du siècle dernier, aucune histoire de la littérature française. La Croix du Maine et du Yerdier avaient réuni déjà des matériaux utiles, mais fort incomplets, et c'est à dom Rivet que revient l'honneur d'avoir tracé le plan d'une histoire vraiment méthodique et remontant à la source de notre littérature.
Antoine Rivet de la Grange était issu d'une famille originaire de Niort, qui
:i80 HISTOIRE LITTÉRAIRE DE LA FRANGE.
s'était divisée en deux branches. « L*unc, infectée des erreurs de Calvin, dit dom Taillandier, a donné à la république des lettres André et Guillaume Rivet, deux hommes célèbres que la Réformation met au rang de ses plus illustres écrivains; Tautre branche, avec la religion de ses pères, conserva soigneusement rintégrité des mœurs, qui en est le caractère le plus auguste; c'est dans celle-ci que dom Rivet eut le bonheur de naître. »
Il prit rhabit de bénédictin à Marmoutiers en 1704, et fit ses vœux Tannée suivante. Bientôt après, ses supérieurs l'appelèrent à Paris pour y travaillefT avec quelques autres religieux, à une Histoire des hommes célèbres de tordre de Saint-Benoît, entreprise qui ne fut point continuée. Dom Rivet se livra alors tout entier à VHistoire littéraire de la France, qui Ta occupé toute sa vie. Il s'associa dom Joseph Duclou, dom Maurice Poucet et dom Jean Colomb, et le premier volume vit le jour en 4733.
Retiré au fond du monastère du Mans, où Tavait fait reléguer son attachement aux doctrines d'Arnauld et de Quesnel, dom Rivet parvint, avec le puissant concours de son ordre, à publier en moins de vingt années les huit premiers volumes de Thistoire littéraire.
Le plan adopté par lui est aussi simple qu'ingénieux. L'ordre chronologique sert de base au monument; les siècles sont étudiés l'un après l'autre, d'abord dans la Gaule païenne, puis dans la France chrétienne. Avant de passer à l'analyse approfondie des productions de chaque siècle, le résumé de son influence littéraire est présenté dans un discours sur l'état des lettres et des arts pendant cette période , excellente méthode qui permet d'apprécier l'esprit dont furent animées les générations successives, sans entrer dans le détail de leurs travaux. Ces discours exposent l'origine des académies, l'établissement des écoles épiscopales et monastiques, la création des collèges, des universités et des bibliothèques, les découvertes scientifiques, les noms des princes et des grands hommes que l'amour ou le culte des lettres a immortalisés. A ces discours, dom Rivet fait succéder l'histoire complète des auteurs et de leurs œuvres. Une notice biographique précède l'examen des ouvrages, qui sont distribués en plusieurs classes, suivant qu'on les regarde comme authentiques, apocryphes ou douteux. Une critique judicieuse préside à l'analyse de toutes les pièces, et les articles sont terminés par la liste des diverses éditions de chaque traité. Sans accorder h. dom Rivet les qualités d*un grand écrivain, il faut reconnaître qu'il unissait à un esprit plein de sens la facilité et la clarté du style, qualités qui rendirent sa tâche à la fois moins pénible pour lui et plus profitable au public. Il mourut le 7 février 1750.
Toute la charge de l'entreprise retomba alors sur les doctes religieux qui
lui avaient seni de collaborateurs. Ils s'adjoignirent dom Charles Clémen^ cet et dom François Clément, et dix années de travail conduisirent Thistoire littéraire jusqu'au douzième volume, qui comprend le deuxième tiers du XII® siècle, et qui fut publié en 1763.
Les matériaux étaient déjà tous rassemblés pour l'histoire importante du siècle d'Abélard et de saint Bernard, mais ils ne purent être mis en œuvre. La congrégation de Saint-Maur fut troublée par des dissensions intérieures, et les travailleurs se séparèrent. Puis la Révolution survint, qui suspendit toutes les entreprises de ce genre.
En 1807 seulement, la troisième classe de l'Institut fut chargée par l'empereur de poursuivre le travail des bénédictins. MM. de Pastoret, J.-J. Brial, Ginguené et Daunou composèrent la commission spéciale instituée pour cet objet. Leur premier soin fut de mettre en ordre les documents réunis par les bénédictins, et en 1814 ils publièrent le tome XIII, digne de ses aînés et rédigé sur le môme plan. Le titre seul fut modifié et remplacé par celui-ci : Histoire littéraire de la France, ouvrage commencé par des religieux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur et continué par une commission prise dans la classe d'histoire et de littérature ancienne de l'Institut.
Les volumes suivants parurent à des intcr^'alles plus ou moins rapprochés, dont la moyenne est de cinq ans environ. Dans cette œuvre de continuation, il est juste de signaler la part considérable qui revient à Daunou, ainsi que son remarquable discours sur l'état des lettres en France au treizième siècle (en tête du tome XVI). Outre les savants que nous avons nommés, Daunou eut pour collaborateurs ou pour successeurs MM. Amaury- Duval, Petit-Radel, Émeric David, Félix Lajard, Paulin Paris, Cl. Fauriel, Victor Le Clerc, Emile Littré, Ernest Renan et B. Hauréau. Chacun des volumes publiés par eux renferme en appendice des articles complémentaires ou rectificatifs relatifs aux volumes précédents; ils continuèrent aussi*'à publier des notices biographiques sur leurs collaborateurs décédés et des tables générales à la fin de chaque siècle.
La commission dut réimprimer en 1830 le XIP volume et en 1841 le XP volume, qui tous deux étaient devenus introuvables. L'ouvrage entier vient d'être réédité chez l'éditeur Palmé, sous la direction de M. Paulin Paris.
HISTOIRE LirrÉRAIRE DE LA FRANCE.
[Publié en 1733.]
[Rédigé par dom Rivet.]