MARTÈNE ET DURAND
et à défondre saint Bernard contre les théologiens qui Tont accusé d'avoir condamné trop légèrement son adversaire. On y trouve également une discussion sur Tàge de saint Orient, dont le Cuimnonitorium est réimprimé dans le volume d'après un manuscrit de Téglise Saint -Martin de Tours. Une autre pièce remarquable est YAntiquus ordo Homanus ad usttm inoncuienorum ah annis circiter mille accommodai us ^ dont les auteurs du Thésaurus novus Anecdofomm prouvent l'antiquité.
Tels sont les principaux monuments publiés dans cet important recueil, que Bernard de Montfaucon * déclare supérieur môme à celui de dom Luc d'Achery. Outre les notices qui accompagnent la plupart des opuscules, DD. Martène et Durand ont placé au bas des pages de nombreuses notes. Chaque volume de leur collection possède en outre une table chronologique de toutes les pièces qui y sont rapportées, et une table alphabétique des matières et des noms. De plus, le dernier volume est terminé par un dictionnaire des mots barbares et étrangers que Ton rencontre dans le cours de l'ouvrage.
Quand les PP. Martène et Durand publièrent lem» Thésaurus Anecdotorum^ ils se proposaient de lui donner pour supplément une nouvelle édition des anciennes Leçons de Canisius, du Spicilegium de d'Achery, des Analecta de Mabillon et des Miscellanea de Baluze. revus sur les manuscrits, avec des dissertations, des remaniements et une nouvelle distribution des pièces. Les occupations dont ils furent chargés dans la suite les empêchèrent de réaliser ce projet.
Une autre collection bien plus importante, sinon par la valeur du moins par le nombre des documents, fut, quelques années après, Tœuvre des deux mêmes religieux, dont l'association littéraire dura près de trente ans. Ce nouveau recueil, qui comprend neuf volumes in-folio, imprimés de 1724 ;\ 1733, porte le titre général de Veterum seripturum et mnnumentorum historicorum^ dogmaticorum^ moralium amplissiua ixMtctio. Un sous-titre indique, pour chaque tome, les principaux monuments qu'il renferme. Comme le Thei^aurus novus Anecdotorum, VAmplissim.i collecdo est le résultat d'un voyage entrepris cette fois à l'étranger par les PP. Martène et Durand, sous tes auspices et aux dépens de la Congrégation do Saint-Maur.
En 1717, le chancelier d'Aguesseau, sintéressant à une nouvelle édition des Ilisiorn^ns de tmtu'e, que lui av,iit proposée dom Maur Audren de KerdreK avait invité DD. Martène et Durand à une conférence qui se tint
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sous sa présidence, et h laquelle assistèrent Baluze, Tabbé Renaudot, de Laurière, le P. Lelong et plusieurs autres savants. Martène, désigné pour dresser le plan de ce grand travail, présenta un rapport qui obtint tous les suffrages, et il se vit chargé du soin de la nouvelle édition. Mais ce projet fut presque aussitôt interrompu par les changements survenus dans le ministère. Ce n'était qu'un ajournement, et, en attendant la reprise de Timpressioû, les supérieurs de la Congrégation de Saint-M aur, désireux de seconder les intentions du chancelier, jugèrent nécessaire de faire explorer les Pays-Bas et TAllemagne pour y rechercher les monuments susceptibles de figurer dans la collection des Historiens de France, Martène et Durand partirent le 30 mai 1718, et allèrent jusqu'en Saxe, à l'abbaye de Corvey, la nouvelle Gorbie. Leur absence dura près d'une année, et à leur retour ils publièrent un résumé de leurs découvertes sous le titre de Voyage littéraire de deux Bénédictins de la Congrégation de Saitit-Maur. Ils y joignirent trois anciennes relations de voyages : VLe voyage de Nicolas de Bosc, évêque de BayeuXy pour négocier la paix entre les couronnes de France et d'Angleterre en i381 ; 2* Iter indicum Balthasaris Spinger[ibQl]; ^"^ Descriptio apparatus bellici régis Francis Caroli intrantis civitates Italix, Florentiam ac deinde Romam, pro recuperando regno Sicilix sive Neapolitano [1494].
Ce volume n'était que la préface de l'immense collection qu'ils furent bientôt en état de mettre sous presse.
Le premier volume de V Amplissima colkctio vit le jour en 1724. On y trouve plus de treize cents diplômes et lettres de rois, princes et autres personnages. Une introduction très-développée expose l'occasion, les motifs, le but et le contenu du nouveau recueil. Elle renferme aussi des observations intéressantes sur les premiers rois et signale les noms de plusieurs notaires ou chanceliers dont il n'est point parlé dans la Diplomatique de Mabillon. Il y est question aussi des conciles, des papes, de certains évêques et monastères, en particulier de l'abbaye de Saint- Victor de Marseille, et de divers points d'histoire ecclésiastique.
Le tome second renferme plus de quatre cents lettres écrites parWibaud, abbé de Corvey, le registre du pape Alexandre III pour la province de Reims, comprenant quatre cent quatre-vingt-quinze lettres tirées de l'abbaye de Saint-Waast d'Arras ; plusieurs lettres de l'empereur Frédéric, de Sixte IV, de Jean de Montreuil, prévôt de Lille, qui avait été secrétaire de Charles VI, roi de France, et qui fut tué à Paris par les partisans du duc de Bourgogne, en 1418. La préface est consacrée au monastère de Stavelot, à la croisade de l'empereur Conrad et de Louis le Jeune ; aux conciles de Trêves et de Reims tenus par le pape Eugène III ; à l'archevêque de Reims