Cf. 1'''' Série, France, t. II, p. 4oOi
XVI INTRODUCTION
on sait que A. de Lisle se porta en janvier iSSg au devant de ce jeune prince, qui, envoyé en otage par son père, fit son entrée en grande pompe dans la capitale chérifienne'. Ce fut aussi pendant ce premier séjour au Maroc que l'agent officieux de Henri IV fut témoin des luttes du Chérif contre le prétendant Moulay en-Nasser, mais, contrairement à ce que raconte Guillaume Du VaP, il n'assista pas aux batailles de Er-Roken (3 août lôgô) et de Taguate (i2 mai lôgG). pendant lesquelles il resta à Merrakech avec Moulay Ahmed el-Mcinsour^. En novembre iSgô, A. de Lisle, avec l'intention sans doute de rappeler sa présence au Maroc et de se faire bien voir du nouveau souverain, envoya en présent à Henri IV deux chevaux sous la conduite de l'apothicaire (voticario) ïreillault'. Cependant, au Collège Royal, la chaire d'arabe fondée par Henri III restait vacante par suite de l'absence du titulaire : professeurs et étudiants désiraient vivement le retour de A. de Lisle. Henri de Monantheuil, prononçant le i !i novembre 1 5g5 un discours solennel % sans doute pour la réouverture des cours du Collège Royal, allait jusqu'à interpeller Henri IV dans une figure oratoire : « Rappelez, lui disait-il, rajDpelez de la Mauritanie Tingitane, où il est actuellement, exerçant la médecine auprès du roy [de ce pays], et apprenant la langue arabe, le professeur de cette langue, créé par Henri III, mon Jean de Lisle'' ». Mais il y avait à Paris une personne qui réclamait, bien plus encore que les professeurs et étudiants du Collège Royal, le retour de A. de Lisle, c'était sa
I. V. /"' Série, Franco, l. Il, p. igg. — /" Série. Espagne, Lettre de Ballliazar
Les relations de k. de Lisle avec D. Anlo- Polo à Medina-Sidonia, 19 novembre 1696. nio et SCS fils D. Emmanuel et D. Chris- 5. Oratio qiia ostenditur quale esse debc-
tophe devaient remonter à 1 586. Cf. i6iViem, ret Colteyium profcssoruin regiorum, ut sit
p. 129. iierfectuin at(]ue absolutum. — Habita 18 Cal.
1. L'erreur commisi' par (îuiLLAU.ME Du Der. in audilorio regio ab Henrico Monan-
Val (op. «'(., p. 3o) provient de ce qu'il thotioRemo,medicoetmathematicarumartium
regarde A. de Lisle comme l'auteur des professore rcgio. Paris, 1695, pp. 60-61. deux relations de ces batailles. 6. « Mcum loannen Insulanum ». C'est
3. Cf. i" Série, France, l. l\, p. 21a. par erreur que Monantheuil donne à de
note 2. Lisle le prénom de Jean. Quant au pro-
.'4. « El medico frances... a enbiado de nom possessif meum, il s'explique par ce
aqui [Merrakech] un voticario suyo con dos fait que Monantheuil, ayant remis à A. de
cavallos de présente y otras cosas quel Lisle la palme du doctorat, considérait
mesmo medico manda al rey de Francia w. celui-ci comme une sorte de filleul.
INTRODUCTION XVII
femme qui latteiKlait depuis six ans. Pour obtenir que le Chérif laissât partir son « proto medico », il fallait trouver à celui-ci un remplaçant. Ce ne fut qu'en 1098 ' qu'un médecin de la Faculté d Orléans, Etienne Hubert ^ sur les instances de son ami le sieur Duret, beau-frère d'A. deLisle, et désireux d'acquérir une connaissance approfondie de la langue arabe « se résolut aisément à ce voiage pour retirer le sieur de L'Isle et demeurer là quelque tems près la personne du roy de Maroc, en mesme charge et apointement que ledit sieur de Llsle ' ».
Arnoult de Lisle rentra en France en iB()() '. Sa présence à Paris est constatée le 9 mai 1601, date où l'on trouve sa signature sur une quittance '. Le Collège Royal recouvrait enfin son professeur, mais ce fut sans grand profit, car il ne semble pas que ce dernier ait jamais enseigné \ Le rôle que les circonstances l'avaient amené à jouer, l'expérience qu'il avait acquise des affaires du Maroc avaient profondément modifié ses idées. Aussi visait-il plus haut maintenant qu'à une chaire du Collège Royal et son ambition secrète était de retourner auprès du Chérif, non plus comme médecin, mais comme ambassadeur.
I Celte date est fournie par une mention qui se trouve dans une relation manuscrite de la bataille de El-Ksarel-Kebir. V. /" Série, France, t. I, p. 45i, note 4- Celte note a très certainement été écrite par le frère d'Etienne Hubert.