‹ Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845Chapitre 106 sur 362 · Cette date est restituée d'après les d'hiver · texte numérisé non relu

Cette date est restituée d'après les d'hiver

I aO FIN"

Pour rachapter les exclaves iVançois de Maroeq, il convient envoyer quérir à Rouen deux marchantz appelles Le Gendre', lesquelz ont accoutumé despuis longues années liafTiquer grand nombre d'argent audit Maroeq, et que le presant que l'on l'era à l'empereur Mole Zidan de Maroeq soit mis entre les mains des susditz marchantz, qui en respondronl et tretteronl l'alTaire avec prudance et asistance que leur donnera le chevallier de Uazilly.

Ledit empereur Mole Zidan auroit esté sy-davant affronté par Castelanne'' de Marseille et autres, envoyés à Maroeq pour consulz'' de la part de Sa Magesté, qui ont trompé ledit empereur de sept mile volumes de livres estimés à deux millions. Et, voulantz envoyer des ambassadeurs en France pour se plaindre, ilz auroist estez par deux fois indignement trettez ', ce qui auroit contraint ledit empereur à faire prandre grand nombre dexclaves françois.

Or, pour faire la paix et rachapter les susditz exclaves de Maroeq, il convient pour soixante mille escus d'estoife descarlatte, velours, brocar et damas, qui doubleront presque dans le pays.

Les pierreryes vallent au moins autant à Maroeq comme elles fonten France. Toute la difficulté qu'il y auroit seroit que, desdiamans de vingt mille eseus, l'on ne les voudroit risquer d'un coup à les envoyer à terre, de peur qu'il lust retenu; et, de la marcliandize. l'on n'en risquera que deux mille escus à la fois, où on ictirera en mesme temps un nombre d'exclaves accordez et le trocque continura de ceste sorte.

Mais, sy l'on est assuré de pierrei'ye, l'on peut faire l'affaire

1. Jean-Baptiste et Thomas Le Gondro, Zidàn auprès du roi de France. V. /" Série. fils de Lucas Le Gendre. Pays-Bas, t. II, Doc. XLVIII, p. io8 ; LV,

2. Sur l'affaire Castelanc, Cf. i'' Série. p. i3i ; LVII, p. i38; LXXIII, p. 174, France, t. II, p. 5.'n, Sommaire. et Addenda. Doc. I, 2 et 4, pp. 788, 787

3. Claude Du Mas est sans doute l'autre et 748. En 1619 Isaac de Razilly avait consul dont veut parler l'auteur du mé- oljlenu de Moulay Zidàn l'envoi d'un autre moire. V. p. loi et note 4. Mais Du Mas ambassadeur, Sidi Farès ; mais il semble n'a pas été mêlé à l'affaire des livres. que celui-ci fut retenu à Marseille et ne

4. En 1612 Louis XIII avait refusé ini fut pas reçu par Louis XIII. V. supra, sauf-conduit au caïd Ahmed el-Guczouli, p. 117 et note 2. C'est cet envoyé de .Moulay malgré les instances des États-Généraux Zidàn qui est appelé le « gentilhomme clos Provinces-Unies qui s'étaient faits en more » dans le Doc. XX, p. ion, et le la circonstance les intermédiaires de Moula v « chevalier more » dans le Doc. XIII, p. 5o.

MEMOIRE DE HAZII.I.Y A HICHELIEU 191

avsernpnt. d'autant qu il se (rémora dos niarchantz à Paris lesquelz fourniront toutes sortes d estoll'es au tiers de la valleur des piorreryes, les leur mettant en gage. Le tout est donc d'avoir des piorrerves pour soixante et dix mille escus'. pour faire la paix a^ec l'ampereur Mole Zidan et reltirer les exclaves françois do Marocq et empaicher à l'advenir que Ion n'en prenne plus.

Avant retiré les susditz exclaves. l'on on laissera cent à l'islo do Mongador", lieu très-propre d'y establyr iing commerce de poscherye. C'est un lieu do grande importance, soit contre les royaulmes de Fez. Marocq et Suzo. mesnio contre l'Espaigno. en cas de gueri'O. lieu dont la nature a forlifiô 1 isie d une toile façon que cent hommes avec six canons la pouvoiit deffandre et garder contre toutes les forces d'Affrique ; il y a l)on jiorl à mettre à cou^or quinze \cssoaux entre l'islo et la terre ferme.

Il y fault porter des planches de sap et hisquit pour ung an, futailles, charbon et autre menue chose nécessaires que l'on desduira dans loslat do randjarcpioiuenl.

Les exclaves que l'on retirera dudit .\Iarocq serviront trois ans le Roy sans aulcun gage, ou payeront deux cent escus pour leur lachapt; autrement les delinquans seront compdamnés àlamoit. De cesto façon Sa Magesté gaignera beaucoup en cesle alfairo sur l'antretien de ses vesseaux et fera une œuvre qui bénira son raigne au ciol ol en la terre. Oultre. sans double, que dans laditte coste d AlTrKpio, par la i^ràcp do Dieu, les trois vi^ssoaiix du Roy et la patachc prandroni dos forbans chargés d airnos pour plus de cent mille escus ol \olonliors da\antage. Cela fera rodoutoi' les armes du Roy et ompaicbora qu dz ne \iendront plus \<)ler les pau\ ros François aux coslos de ce royaulnie. Bref, la suitte de ceste affaire est de très-grande imporlance et le ciel est ouvert pour tous ceux qui coni rdiiicioni à coslo liniuio (i'U\re.

Le doU'unct ro\ dosiroit grandement consor\or le tralTicq de Maroccj \ d autant tpio toutes nos marchandizos do France sont bien vandues en ce pays là.

1. Il est jiarli' ]i1ms liant d'iiiir' somme lion ilr^ Mogaclor, V. supru. Doc. WII, (le soixante mille éciis. p. i |- ; Doc. XV, p. ■^6.

2. Sur les avantages que présente la posi- '1. Il se faisait luitre la France et le Maroc

123 FIN iG'jG

Et pour le payemont des marchandizes que l'on porte de delà, l'on on rapporte de l'or, des cuirs, de la cire et du salpestre, dont la navigation est très-ayséc et le voyage cour; et sy d avanture il V avoit des vesseaux marchantz qui voulussent aller en Espaignc, l'on les pourra conduire en chemain Taisant.

Arrhircs des Affaires KtraïKjcres. — Maroc. — Mémoires et Documents, t. 3, /. 12 13. — Ori.jiwil.

im trafic dont il a été plusieurs fois ques- achetaient le sucre dans les provinces mention : la Provence et le Languedoc impor- dionales du Maroc et principalement dans taient les fameux cuirs appelés maroquins, le Sous. V. i''' Série. France, t. II, Doc. tandis cpie Rouen, Dieppe et Le Havre CV, p. 357.

MEMOIRE DE RAZILLY A lUCIIFMEU laO

MÉMOIRE DE RAZILLY A RICHELIEU

s. 1. |fin i6a6.] Au dos, alia inaim : M' de Rasilly.

Il n'est point parlé du traffic de l'Afrique, où l'on peut employer six vaisseaux en marchandises tous les ans, qui en rapporteront d'ordinaire cinquante pour cent de profTit après que le commerce sera estably, assavoir trois à la cosle de Maroc, et trois autres à la coste de Guinée, sçavoir un à Sénégal et deux pour Capdever et Gamby. Et ces vaisseaux ne doibvent estre moindres de trois cens tonneaux armez en guerre et marchandises; par ce moyen ils n auront point de besoing d'escorte.

Les marchandises pour les trois vaisseaux de la coste de Maroc doibvent estre thoilles de Rouen et les balots réduits à IIII' aulnes chacun, saffran et oppion, drapperie de couleur rouge et bleue: le fer se vend bien, mais cela est deffendu par Sa Sainteté. L'on en rapporte des cuirs maroquins, cire, salpestrc, pouldred'oretmedicos.

Pour les trois de Guiné, il y fault porter du fer en barre, du cristail. de l'ambre jaulne, force rassadc ' et contris^, des thoilles de Mantes et cousleaux. Et à Sénégal touttes les susd. choses y sont aussy très-bonnes et outre quelque argent monnoyé en pièces de dix solz de France ; l'eau-de-vie y est aussy fort requise. Les marchandises qui en viennent, ce sont cuirs de bœuf, morfil, cire, gommes, ambegris, civette, musqué et quelque peu de pouldre d'or.

Blhliolhhjue Nationale. — Fonds Jranrais. — Ms. ~^i8'20, f. 11. — Minute.

1. Kassade, pfilili^s perles de verre. de Venise employée comme monnaie cou-

2. Contris, contiTies : grosse verroterie rantc dans le lunimerce avec les Nùgres.

i2'i a5 MARS iC)9.'j

LETTRE DE RAZILLY A RICHELIEU (Extrait)

f)ciii(irrhi's (juc Razilly se propose île faire pour le rachdl des captifs.

Siiscriptinn : A Monseigneur.

s\a dos. (ilia manu: Razilly, du '3 5'' mars 1G27.

Me

Le jour que je partis de Paris, je rencontris le s'^ Glatignan, cydavant major de Calais, lequel me dist qu'en peu de temps il est entré huict navires dans Calais chargés de draps et marcliandises d'Angleterre pour débiter en Franee et Flandre, le tout sur le nom des Françoys, bien que ladite marchandise appartienne aux Angloys.

Je pars pour aller au Havre recepvoir le commendement de monsieur le Commendeur et payer tous les matelots qui ont scrvy dans les cinq vaisseaux du Roy, & tascheray d'aporter mon pouvoir à faire avancer les petites galliaces que faites bastir à Onlleur & au Havre. Puis à Casimodo je rcviendray solliciter à Rouan la vérification de l'edit des Conseillers, afin qu'il y ayt espérance de retirer cy-après les pauvres captifs françois de Marroque, où je nauray jamais jour de contentement f[ue je ne les aye veux en liberté.

Je demande pardon à Voslre Grandeur d'estre sy téméraire de

LETTRE DE HAZILLY A RICHELIEU 120

faire un sy long discours, mais c'est la passion que j'ay à voslre service qui me licensie, croyant que vous le prendrez comme venant do vostre créature qui ne respire rien sinon vostre service, &; je rcchcrcheray toute sorte d occasions, au péril de mille vyes pour tesmoigner à Vostre Grandeur en tous lieux que je luy suis à jamais,

Monseigneur,

Votre trcs-liumijle et très-obeissant serviteur,

Signé: Le chevalier de Razilly.

A Rouan, ce 25 jour mars i()27.

Depuis ma lettre escripte, j ay apris larrivée de monsieur de Cormolin, que je m'en vois voir.

Archives des Araires étrangères. — France. — Mémoires et Documents, Vol. 7h'5. f. l]3v". —Ori'jlnal.

126 l5 SEPTEMBRE 1627

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