LETTRE DE LAXGERACK AUX ETATS-GENERAUX DES PROVIXCES-UNIES I
prisonniers par ledit roi de Fez, à cause de certaine affaire bien connue de Vos Hautes Puissances ; il s'agit d'une bibliothèque et de manuscrits de très grande importance, appartenant audit roi de Fez ', laquelle a été enlevée sur mer par les Espagnols, et cela, dit-on, par suite de la négligence, de la connivence du consul français ou de quelque complot: cette bibliothèque serait encore retenue en Espagne.
Or, parmi lesdits gentilsliommes français captifs au Maroc, se trouve, entre autres, un jeune seigneur se nommant également M . de Razilly . C'est un jeune hom me de qualité \ parent du chevalier de Razillv et également apparenté à monsieur d'Hauterive, colonel dans l'armée des Pays-Bas \ Ainsi me 1 ont déclaré le comte de Soissons " et la mère de Son Excellence, madame la comtesse de Soissons", qui m'ont prié avec instance de madresser à Vos Hautes Puissances et à Son Excellence monseigneur le prince d'Orange, et de les supplier, pour 1 amour desdits prince et princesse, de bien vouloir user de leur crédit auprès dudit roi de Fez, comme bons amis et alliés de ce roi, pour intercéder, par des lettres de recommandation, en faveur de ce jeune gentilhomme et demander sa relaxation, en mettant en avant sa parenté avec ledit sieur colonel de Hauterive, lequel se trouve au service de Vos Hautes Puissances. Lesdits prince et princesse du sang m'ont fait, à ce sujet, des instances sérieuses et réitérées. Aussi j'ose espérer que Vos Hautes Puissances ne refuseront pas de leur donner cette marque d'amitié et de leur rendre ce service.
Mais il importe, avant tout, que \os Hautes Puissances, dans leurs lettres, passent sous silence les liens de parenté existant entre