‹ Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845Chapitre 130 sur 362 · LES MORISCOS A SALE ET SIDI EL-AYACIII · texte numérisé non relu

LES MORISCOS A SALE ET SIDI EL-AYACIII

voulut uliliser leurs qualités militaires et chargea Ez-Zarouri', caïd de Salé, de lever parmi eux un corps de quatre cents soldats, qu'il envoya rejoindre une niahalla occupée à guerroyer dans le Draa - contre les partisans du marabout Sidi Ali ben Mohamed '. Ce contingent rallia l'armée chérifienne ; mais, comme l'expédition traînait en longueur et que la solde était rare, il déserta en masse et retourna à Salé. Vainement Ez-Zarouri tenta-t-il une seconde fois de les enrôler. Aussi bien, enorgueillis de leur puissance, les Hornacheros avaient résolu de se déclarer indépendants. Ils dissimulèrent leurs intentions et écrivirent à Moulav Zidàn pour protester de leur fidélité, demandant seulement le remplacement de leur caïd. Le Chérif lit arrêter Ez-Zarouri (i625) et leur envoya comme caïd le mamelouk' Adjib^ (fin mars 1627). Ce dernier avait comme instructions secrètes de s'appuyer sur les tribus du voisinage pour imposer son autorité aux Moriscos, dont les velléités d'indépendance préoccupaient le makhzen.

C'est à peine si ce nouveau caïd put prendre possession de son commandement. Tourné en dérision par les Hornacheros, il fut chassé de la Rasba ainsi que tous les ofliciers du Chérif''. Maîtres de la citadelle, et par là même de la

qui fut désigné en i624 comme ambassa- (leur pour les Proviiices-L nies des Pays- Bas. V. /" Série, Pays-Bas, t. lll. Journal de liuyl, 6 octobre i623.

I. 11 s'appelait Abd el-.\ziz ez-Zarouri. Cf. I" Série. Pays-Bas, t. III, k la date du 17 février i623.

i. Cf. El-Oufr.â.ni, p. ASget 1" Série, -Angleterre, Lettre de J. Harrison, 3o juillet 1623. — Harrison parle de l'envoi de mille soldats recrutés parmi les Moriscos.

3. Sidi .\li ben Mobammed, petil-lîlsde Sidi Ahmed ben Moussa, surnommé el- Djezouli, es-Semlali et quelquefois es- Soussi. Ce marabout, dont la famille avait une inlluence prépondérante dans le Sous depuis le xvi*^ siècle, s'était posé en prétendant contre Moulav Zidàn ; il avait été longtemps en lutte avec Sidi ^ahia ben Abdallah (V. p. 18, note 3). .\près la mort de ce dernier (6 mars i6a6), son autorité s'étendit jusqu'au Draa et au ïadlelt et il fixa sa résidence à Sidjilmassa. Il fut d'abord favorable à Moulav ecb-(<bérif, le fondateur de la dynastie filalienne, puis il rompit avec lui (i633-i634). Après plusieurs années de lutte, Moulay Mohammed ben cch-Chérif le supplanta dans le

Talili'lt et le Draa. Sidi Ali ben Mohammeil mourut entre le 18 septembre lOâij et le 0 septembre 1660. Son tils Sidi Mohammed ben Ali se retira à Iligh (Tazeroualt) où se trouve la zaouïa des Oulad Sidi Ahmed ben Moussa. — El-Oufràni, pp. .'176-476.

4. On appelle mamlouk au Maroc un esclave de race blanche, né de parents libres et ayant été réduit dans son enfance en servitude. Ce terme s'oppose au mot abd désignant l'esclave de naissance.

,"). C'était un renégat espagnol. Moulay Zidàn l'avait acheté comme esclave et le chargeait de missions de confiance. Le 5 août 1623, il l'avait envoyé avec Saint- Mandrier pour calmer les Doukkala que les entreprises des Hollandais sur .\ïer avaient mis en elfervescence. (/" Série, Portugal, à la date ci-dessus). En septembre itiafi, le caïd Adjib était allé à Mazagan saluer de la part do Moulay Zidàn le gouverneur D. (jonçalo Coutinho. Da Cunha, p. 7IÏ.

0. D'après El-Oiifkàm(p. 43g), les Moriscos aurai<uit mis à mort le caïd A<ljib. .1. Harrison raconte que ce caïd chassé île la ville fut assassiné par les .Maures des tribus environnantes. V. /'''' Série, Angleterre, ReliUinn ile.f. Hnrrixon, 1 1 septembre 1627

102 INTUODUCTION CRITIQUE

ville, les llornaclieros désaimèreiil la population indigène et l'obligèrent à émigrer'. C'était la révolte complète. El-Avachi n'y avait pas été étranger ; Charles l", lui écrivant le 12 octobre 1627,1e félicitait de l'aide qu'il avaitdonnée aux Moriscos dans cette insurrection-.

Les llornaclieros devenus indépendants s'installèrent dans la Kasba. Mais justement préoccupés de leur faiblesse numérique, ils attirèrent à eux les Moriscos réfugiés dans les autres parties du Maghreb et les établirent au pied de la citadelle. C'est ainsi que l'ancienne ville de Rbat fut reconstruite et repeuplée^. L'habitude se prit de la désigner sous le nom de Salé-le-Neuf (Sla el-Djedid) par opposition avec la ville du Nord appelée Salé-le-Vieil (Sla el-Bali) *. De cet

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