‹ Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845Chapitre 288 sur 362 · I-. Icrr.ux V.A · texte numérisé non relu

I-. Icrr.ux V.A

Pl. V.

//. Ikmuut'tn. .SV

LETTRE DE SAINT-I'É A MAZARIX CoC)

LETTRE DE SAIINT-PÉ' A MAZARIN

En écha/Kje d'un secours, le PorUujal aurait cédé Tanijcr au roi de France. — Avantaçjes que l'on retirerait de l'occupation de cette place.

Lisbonne, St juillet iG^^.

Monseigneur.

J'ay eu sy grand peur que mes lettres ne fussent toujours bien receues à cause des grandes occupations de \ ostre Eminence que je n'ayj ozé vous escrire sy souvent comme j eusse laict sans cela...

On s'esloil promis d'avoir un secours de France entretenu tant que la guerre dureroit ; mesmes quelques ministres disoyent qu'à cette condition on mettroit la ville de Tanger en Afrique entre les mains du Roy. Sy cclla eût eu lieu, Monseigneur, on auroit de ce costé faict une grande diverlion, et larmée navalle de Sa Majesté auroit eu une assurée retraicte aud. Tanger, et de là auroit tenu subjeUe toute la coste d'Espagne depuis l'entrée de la rivière de Siville jusques à Barcelone, einpesché aux Caslillaiis la communication des deux mers et le Iraiïîc des Indes, parce que dud. Tanger, on auroit tenu en eschec les flottes el armementz de Cadix, oîi rien ne fùl entré ni sorty qu'à la morcy des armes du Roy et de ses alliez. Et après la paix, sy l'on eût voulu donner de l'exercice aux

I. Jean de Saint-1'o, pourvu du consulat il reprit ses fonctions (V. ses instructions

de Franco à Lisbonne le 2 janvier iCii,"), datées du 6 mars iG^i, /l^/". Ëir., i'or/iijai,

resta consul jusqu'à la déclaration de guerre Correspondance politique y Vol 3, ff. 12-13')^

entre la l'rancc et l'Espagne. Après la pro- et fut confirmé dans sa cliargc par arrêt du

clamation de l'indépendance du Portugal, Conseil du ro aoOlt ifi'ifi.

l-)h Casikihs. III. — 3y

6lO 3l JUILLET 1644

gens de guerre dans l'Afrique pour les tenir en alainc et empcscher qu'ilz ne s'adonnent au brigandage et à guetter les chemins, ce port-là auroil servy de dessente et cette belle ville de place d'armes.

Vostrc Eminence faira en cella une œuvre qui vous sera méritoire devant Dieu et (rès-louable devant les hommes, et obhgerés toute la famille de celuy qui n'aspire qu'à la gloire d'estre à jamais,

Monseigneur, Le plus humble et le plus obéissant de vos serviteurs.

Signé : De Sainct-Pé.

De Lisbonne, ce Si' juillet i6/td-

^lonseigneui' l'Eminentissime Cardinal Ma/arin.

Archives des Affaires Etranc/èrcs. — Porliujnl. — Correspondance poliliijiie. Vol. '2, Ij: 1S9-19'2. — Orltjinal.

LETTRE DE LANIER A MAZAKIN Gll

ex

LETTRE DE LAMEli A MAZARIN

// a cxjMst' à un ininixtre fjoiiiif/ais /c? raisons ijui empêchent le roi de France d'accepter la cession de Tam/er.

Lisbonne, 4 octobre iC^O.

Monseigneur,

Je donné advis à V. E. de la sortie de l'armée de l'ortiigal par ma depesche du 20' du mois passé, qui attaqua le fort de Tillena à une lieue de Badajos.

Sa Majesté me confirma qu'en tout il ne manqueroil à ce

qu'il m'avoit promis pour faire une diversion Irès-puissanlc, qui auroit de plus gi'ands elfects s il avoit des généraux comme en France, et do la cavaloi ic qui luy est très-ncccssaire. ayant tenté toutes voyes pour en avoir, mesme du costéde Barbarie, ce qui m'a esté confirmé par un capitaine françois' qui faict grand trafic tant à Maroc f|u'à Salé, mais je no pense pas cpiil en puisse tirer de là.

Et à ce propos, un des principaux ministi'es flu Uoy m'a pai'lé pourquoy l'on avoit pas vouUu entendre par delà à la proposition de remeltre la ville et forteresse de Tanger entre les mains du Hov pour se rendre maistre du passage du Destroietet avoir entrée dans l'Afrique. Sur quoyje luy respondi que, dans cette proposition, le Portugal y Irouveroit plus son compte que la l"'rarice, à la(juelle celte garnison consommeroit des gens et de l'argent, (pji esloienl plus nécessaires ailleurs, aussy que les premières propositions ne

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