MAI
vaisseau françois qui est parti de ce poit. le 7" de ce mois, pour Marseille et, de là. doibt aller à Saplii, porl du royaume de Marruok.
Geste cruauté dudict Sidan vers les François ha esté causée par l'infidélité d'un maraud de Marseille, nommé Philippe de Castellane', qui, ayant esté trouver ledict roy Sidan avec lettres du Roy et de monsieur de Guise, et bien receu de luy et accepté en qualité de consul pour les François, et, sur quelque accident survenu, ledict Sidan s'estant fié en luy et luy ayant mis entre les mains quatre mille volumes de livres précieux pour leur riche couverture et la rareté desdicts livres en ces pays où l'imprimerie n'est pas en usage, fit voile au contraire d'où il luy avoit commandé et prenoit sa route vers France. Il fut rencontré de D. Louis Fajardo, pris et mené en Espagne où les Uvres sont encores aujourd'hui. Les ambassadeurs du roy de Marruok. dont l'un est encore icy, racontèrent ceste affaire devant nioy au ^ isir, auquel je m'excusay sur ce que ledit Gastellane estoit un affronteur et les lettres feintes qu'il disoit estre du Roy, et, nonobstant tout ce que les ambassadeurs pussent faire, leur fy donner ordre exprès du Pascha de moyenner la liberté desdicts François et escrire à leur maistre que telle estoit la volonté du Grand Seigneur. En conséquence de quoy, j'ay depuis faicl depescher le chaous que je vous ayt dit cy-dessus.
Et pour ce que l'infidélité de ce Castellane ha esté de tant de pi'Cjudice aux subjects du Roy et honneur du nom françois et qu'il importe qu'à personnes indignes ne soyent confiées semblables charges, je vous suplie de me vouloir fa\oriser de ladite charge de consul à Marruok et Fess et terres obéissantes audit roy. Je ne commetterai aucun en l'exercice d'icelles dont la probité ne me soit cogneue et que je n'en puisse respojidre. J'en escris plus amplement à monsieur Fourreau que je vous suplie de vouloir entendre sur ce subject, me faisant 1 honneur de me continuer en vostre bonne grâce et me tenir, entre tous ceux qui ont l'honneur de s'advouer voz serviteurs, pour celiiy qui l'esl entre tous le phis véritablement.
Bibliothèque Aationale. — Fonds français. — Ms. IG738, JJ. 116- 117. — Duplicata original.
I. Sur l'affaire Castelane, V. i''' Série. a. Ici venait la dépêche du a3 septem-
Francc, t. II, p. .'3^1, Sommaire. bre i6i'-, V. n. 5, note 2.