‹ Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845Chapitre 73 sur 362 · LETTRE DE HARL.VV DE SANCY A LOUIS XIII I I · texte numérisé non relu

LETTRE DE HARL.VV DE SANCY A LOUIS XIII I I

Je prie Dieu, Sire, quil doint à V. Maj" accomplissement de toutes ses volontez royales et, en parfaicte santé, très-longue et trèsheureuse vie.

De V. Ma"' très-humble et très-obeissant et trcs-fidele subject et serviteur.

Signe : De Ilarlay.

Bibliothèrjiie Nationale. — Fonds franniis. — M.s. KjlUS, J. '11. — Oriijinal.

12 2" MAI iGiy

LETTHE DE UARLAY DE SANCY A RICHELIEU

// (/ (ihti'iui ilii druiul ScK/ih'ur des lettres en faveur des Franrais détenus en esclaru'/e jxir Mouluy Ztdùn. — AlJnire (Àisle/nne. — Mauvais traitements infliijés aux Français par Moulay Zidàn.

Péra, 27 mai 1617.

Au dos: A monsieur, monsieur de Richelieu, conseiller du Roy en ses conseils et secrétaire de ses commendements.

Monsieur,

J'ay obtenu lettres de ce Seigneur' et un clmous vers le roy de Marruok pour faire délivrer deux cens François que j'ay advis quy sont détenus esclaves par ce roy, en vangeance d'une infidélité qui luy ha esté commise par un certain Marsillais nommé Phelippe Castellane".

Cet homme l'alla trouver avec lettres du Roy et de monsieur de Guise ; il fut receu honorablement de luy et tenu là en qualité de consul. Quelque temps après, il survint une disgrâce audict roy nommé Mouley Sidan qui fut contraint de se retirer de Marruok en une aultre de ses provinces et chargea tout ce qu'il avoit de plus cher sur quelques vaisseaux chrestiens pour l'y transporter. Il fia quatre ou cinq mille volumes de livres, riches de couverture et rares jiour l'impritnerie qui leur manque', audit Castellane et

1. V. Doc. précédent, p. 10. 3. Sur ces livres, V. i''' Série, Pays-Bas,

2. V. /"ijcrie. France,!. II, p.54i,Som- t. II, p. 107, note 2 ; France, t. II, p. 5^2, maire. Sommaire.

LETTRE DE IIAKI. VY DE SANCY A lUCHELIEU 1 .'i

les fit embarquer dans son vaisseau. Mais, dès qu il eut fait voile, il changea de route et tira droit vers Marseille : il fut rencontré en chemin par D. Luys Fajardo, gênerai en ces mers-là des vaisseaux de hault bord du roy d'Espaigne, qui le prit et mena son vaisseau en Espaigne où les livres sont encore aujourd'huy. Mouley Sidan, dez qu'il ouit ceste nouvelle, fit recherche de tous les François qui estoyent en ses Estais et les mit tous à la chaisne, et faict semblable traitement à tous les aultres François qui abbordent en ses Estats. Les ambassadeurs du roy de Marruok ont coulé devant moy ceste histoire au ^'isiI■. Je m'en suis bien sceu dell'endre, et, nonobstant toutes leurs oppositions, leur ay faict commcndement d'escrire à leur roy pour la délivrance desdicts François. Mais cependant, Monsieur, semblables infidelitez, assez et trop communes à nos Marseillois. ne laissent pas d'estre honteuses et de nous prejudicier souvent en plusieurs rencontres.

Continuez-moy. s'il vous plaist. l'honneur de vostre bonne grâce et me faictes la faveur de vous asseurcr du très-humble service de,

Monsieur,

Vostre très-humble el obeissani servilciu-,

Siyné : A. de llarlay.

De Pera, ce 27 may 161 7.

Bibliothhjuc .\(itioita/e. — Fonds français. — • Ms. IGl'iS, f. S8. — Original.

i5 JUIN 1617

LETTRE DE SAINT-MANDRIER A LOUIS XIII

Moiilay Ziilài) ci reçu par le sirur de Boni/ace une lettre de Louis XIII, mais il refuse d'y répondre. — // persiste à rendre le roi de France responsable de l'abus de confiance qu'aurait commis Castelane. — Samt- Mandrier a appris que Louis XIIl lui octroyait des lettres d aliolition. — // remercie le Roi de sa clémence et lui renouvelle l'expression de sa fidélité'.

De la province de Draa, i5 juin 1617.

Au dos : Au Roy.

Sire,

Le s' de Bonniface ' a esté an se peïs aA eq une lettre de V'' Majesté adressante à l'ampereur Molley Sidan, laquelle je luy ay randeue moy-mesme et fet fere l'esplicassion par son trochuman, à laquelle il n'a voUu fere aucune response, sinon que je disse audit Boniface qu'il avoyt assés souvant et amplement rcspondcu à V. M'. sur samblables lettres, et que \. M. est obligée de luy tirer reson

I . Robert de Boniface appartenait à une illustre maison de Provence les Boniface, branche de Cabanncs. Cf. Bibl. Nat, Pièces Originales, vol. /joi, pièce go33 ; Robert DE Briançon, État (le In Provence, éd.

1698, t. I, pp. 4i3-4i4; GAiîFRiDr, Hisi. de la Provence, t. IF, p. 602. — Robert do Boniface avait été envové par Louis XIII auprès de Moulay Zidàn pour négocier le rachat des Français détenus en captivité au Maroc. Son navire ayant été attaqué par des corsaires turcs, il se réfugia sur la côte de Carthagène. Philippe III lui accorda lui

sauf-conduit pour reprendre son voyage et il s'embarqua à Cadix sur un navire espagnol, le a S^ Maria Buenaventura » qui faisait voile pour Mazagan. Robert de Boniface, après avoir échoué dans sa mission, semble avoir pris en main les intérêts de l'Espagne, car on le trouve en avril 1O19 à Santa Cruz (Agadir) occupé à \me négocialion pour la cession de cetto place à Philippe III. Cf. i" Série, Espagne, 20 avril 1617 et 16 avTil 1619.

Page 1