LES CHRÉTIENS AU MAROC
Introduction critique.
Le christianisme, afl'aibli par les schismes et les hércsics dans la Mauritanie Tingitane comme dans toute l'Afrique septentrionale, n'opposa qu une faible résistance à l'invasion de l'islam au vu'' siècle. Aussi est-il peu probable que de petites communautés de Berbères chrétiens aient pu se maintenir longtemps dans le Maghreb el-Aksa (Extrême-Occident), nom que le conquérant arabe avait donné à l'ancienne province du Bas Empire. L'islamisme submergea tout.
Au commencement du xiii" siècle, François d'Assise, qui venait à peine de fonder l'ordre des Frères Mineurs ou Franciscains, conçut dans un généreux élan d apostolat le projet d'évangéliser le Maroc. Le saint, tout rempli de zèle, ignorant l'irréductibilité de la religion du Coran et considérant les musulmans un peu comme des idolâtres, pensait par une ardente prédication les amener à la loi de l'Évangile. Il ne détachait pas sa pensée des villes de Tanger et de Merrakcch, plongées dans l'erreur, et on l'entendait répéter: « 0 Timjis ! demenla Tingis .' 0 Marrucliium ! Marrochiiim. illusa civilas ! » Rappelé d'Espagne en Italie, il ne put exécuter lui-même son dessein et dut se contenter de faire partir pour le Maroc en 1219 une première mission composée de cinq Frères Mineurs. On doit reconnaître que la règle monastique instituée par François d'Assise convenait à merveille à des missionnaires en pavs musulman : la pauvreté et l'amour des humiliations donnaient à ces moines mendiants et exaltés une certaine ressemblance avec ces derviches que l'islam révère comme des esprits possédés de Dieu. Mais le zèle inconsidéré des premiers missionnaires envoyés au Maroc détruisit l'impression favorable qu'aurait pu faire naître cette lointaine ressemblance, et les cinq Frères Mineurs furent mis à mort le 13 janvier 1220, non pour avoir exercé leur religion, ni même pour
I. Cet expose est destiné à servir d'iii- .Iuax del Puerto, Mission histnrialde Mar-
trodiiclioti aux Doc. XX, pp. 99-1 n ; ruems ; Wadvisg, Annales ordinis Minorum;
XXVII, pp. 129-183 ; XXXIII, pp. 3(53-272 Paiva Manso, Historia ccclesiasticn ultru-
el XLIV, pp. 337-3/19. tp'' conticiinrnt le mnrinha ; Mahcelino da Givezza, Sloria
rccildela mission des PP. capiirins envoyés universateilelle MUsioni francescane ; Rocco
au Maroc par le P. Josepli. — ■ Cf. Marcos da Cesikale, Storia délie Missioni dei
Dv. LisiiOK,Chronicas anliyuas delaOrdende Cappuccini : Godard, Histoire du Maroc ;
los Frailes Menores ; Dominicus deGuber- Castellanos, Apostolado serajico en Mar-
NATis, Urbisseraphicus ; Fka.m;iscode San raecosclV\ayiEZ,Le P.Josephet Richelieu.
ni IMKODUCTION CRITIQUE
avoir piOclié l'Êvangilc, mais pour avoir insulté publiquement Maliomct et le Coran.
11 se mêlait si peu une idée de persécution, voire même d'intolérance, h cette condamnation que, six ans après, l'émir almohade \oussef el-Moslancir bi-Allnli, celui-là même qui avait fait périr les trop zélés et trop audacieux missionnaires, cédant à la demande des soldats et des autres chrétiens de son empire, laissait venir au Maroc une seconde mission de Franciscains. Il publiait, en effet, le 37 naars 1236, un édit par lequel il autorisait les chrétiens à construire des églises où ils pourraient librement pratiquer leur religion selon les rites de l'Église romaine, à la condition que l'évèque placé à leur tête appartînt à l'ordre des Frères Mineurs'. Peu à peu la mission franciscaine prit sa véritable orientation : elle renonça, au moins provisoirement, à l'évangélisation des musulmans et se consacra aux chrétiens du Maroc. Il y avait là les éléments d'une véritable église; on la verra se constituer avec son siège épiscopal et ses revenus provenant de généreuses et pieuses fondations. Ses lldèles se composaient d'élément divers: .Vndalous émigrés ou transportés au Maghreb; esclaves capturés sur mer par des pirates de toutes nations et vendus au Maroc ; soldats chrétiens formant l'élite des armées marocaines - ; commerçants circulant librement dans l'intérieur du pays, où le trafic n'était pas limité, comme dans les autres parties du Maghreb, aux villes tlu littoral ; enfin aventuriers de toute origine, plus ou moins en rupture de ban avec leur patrie. L'histoire de cette église du Maroc est intimement liée à celle des Franciscains. En effet, quoique le pape Ilonorius 111 eût confié en 1220, par la bulle ]'inea; Domini cuslodes, la mission du Maroc aux religieux de Saint-Dominique et de Saint-François^, les premiers ne semblent pas avoir pris pour champ d'action cette partie de l'Afrique, qui resta presque exclusivement dévolue aux seconds.
Le siège épiscopal de Merrakech fut créé, selon toute vraisemblance, en 1233, par le pape Grégoire IX. Le premier titulaire fut un franciscain, le F. Agnelo, dont il est fait mention dans une lettre que ce pape adressait, le i'^'' juin 1333, à l'émir El-Mamoun pour lui recommander le prélat récemment nommé'. Semblables aux évêques de la primitive église, les évèques de Mer-
1. Cf. Francisco de S. Juan del 4. ce Et utinam fiducia quam conccpimus Puerto, Hb. II, cap. v. non fallamiir, de tua conversatione speran-
2. Ferdinand III U Saint, roi de Castille tes, pro coquod religiosis viris fîdei nostrœ (i2i7-i252)etdeLéon (i23o-:252), accor- et specialiter F. A. N. Facensi Episcopo et da à l'émir EI-Mamoun qui se rendait au aliis Fratribus de ordine Minorum le man- Maroc pour faire valoir ses droits à la suetum exhibes et benignum... » On voit couronne (122S) un corps do douze mille que dans ce document Agnelo était qualifie soldats castillans. évoque de Fez. Mais dans une lettre adressée
3. La bulle, en date du 7 octobre 1225, par le pape Innocent IV le iif janvier ia46 est adressée : « Fratribus Prœdicaloribus ci aux chrétiens de l'église du Maroc, ce prélat Miiviribns et in reijno Miniinulini a Sfdc est appelé « Episcopus Marrocliltanus ». Ce Apostolica destiiialis. » double titre était sans doute motivé par les
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rakecli n'eurent à leur début d'autres biens que les aumônes des fidèles. Mais en 1257, un peu après la prise de Séville, le roi Ferdinand III et ses fils D. Alphonse et D. Sanche firent don à l'évèclic de Merrakech de grands territoires situés à l'embouchure du Guadahjuivir et du domaine de Torre Blanca ' . Pour reconnaître cette libéralité, le pape concéda aux rois d Espagne le droit de présentation pour l'évêché du Maroc.
L'évèque franciscain résidait surtout à Merrakecli, où l'on vovait près du palais des émirs almoliades la petite église et le couvent de Sainte-Marie ; les Frères Mineurs se transportaient dans tous les lieux où se trouvaient des captifs, attirés davantage vers ces chrétiens qui se trouvaient plus exposés à l'apostasie par l'appât de la liberté. Us étaient aidés dans ce ministère par les Trinilaires et les Mercédaires, venus au Maroc vers le milieu du xin"^ siècle. Les religieux de ces deux ordres fondés pour la rédemption des captifs circulèrent toujours assez facilement au milieu des populations musulmanes du Maghreb, car ils étaient les intermédiaires de presque toutes les rançons.
Vers la lin du xv" siècle, les conquêtes des Portugais sur les côtes du Maroc eurent pour conséquence la fondation d'églises et de couvents franciscains à Tanger, à Ceuta, à Arzila, à Sali et à Mazagan. L'établissement des Frères Mineurs dans les villes du littoral, devenues des places portugaises, eut une répercussion fâcheuse sur la mission de l'intérieur du Maroc, et le nombre de ses religieux alla en diminuant dans les villes du centre, où la domination musulmane leur rendait l'existence plus diflicile. Une autre cause contribua au déclin de la mission franciscaine: les évèques de Merrakech, dont on peut suivre les noms depuis le F. Agnelo, ne furent plus exclusivement choisis parmi les disciples de Saint-François. Lorsque des revenus furent attachés à cette dignité épiscopale, elle devint l'objet de brigues ; on vit souvent les chanoines de Séville se mettre sur les rangs. Les évèques ainsi nommes manquaient de zèle apostolique et ne traversaient même plus le Détroit pour prendre possession de leur siège, délaissant à la fois les fidèles et les missionnaires placés sous leur juridiction'. Par un abus qui devint une tradition, ils se fixèrent à Séville, où ils furent plutôt les coadjuteurs de l'archevêque que des évèques de Merrakech. Ils habitaient sur la rive gauche du Guadalquivir au lieu dit San Telmo, dans ces territoires qui leurs avaient été concédés autrefois par Ferdinand III et ses fils, .\utour de San Telmo étaient venus se grouper les commentants faisant du trafic a\cc le Maroc, ce qui avait valu à ce quartier de Séville le nom de Barrio de Marruecos. On y voyait, outre le palais des évèques
deux capitales de l'empire almoliadc. Cf. (putstion ci-dcssus.
Casteli-anos, Apost. «era/., pp. 126-180. 2. En 1/129. les clirélieiis du .Maroc
I. Celle concession fui faite au F. .\gno, ('cri virent au pape Martin V pour se plain-
troisièmclitulaircdorévèchédeMerrakeoli, dre de l'abandon dans lequelles tenait leur
que qu(*Upics chroniqueurs espagnols ont évètpio D. Pedro. Celui-ci mourut en i^S.S
confondu avec le F. Agnelo dont il a été sans avoir jamais passé le Détroit.
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de Merrakech, une église, un hôpital et de nombreuses maisons s'étendant le long du fleuve.
Ces biens ne devaient pas rester à l'église du Maroc. En iD(îo, D. Fernando de Valdès, archevêque de Séville et grand inquisiteur, pria le pape Pie IV, qui le lui accorda, d'incorporer au Saint-OfTice les biens de cet évcché de Merrakech qui n'avait plus en réalité sous sa juridiction que le Barrio de Marruecos. Il justifiait sa demande en faisant valoir les dépenses excessives qui avaient incombé au Saint-Tribunal du fait de la lutte contre les protestants. D'ailleurs le titulaire de l'évcché de Merrakech, D. Sancho Diaz de Trujillo, chanoine de Séville, n'élevait aucune objection et s'offrait à faire la remise.
La bulle papale qui disposait en faveur du Saint-Office des bénéfices de l'évcché du Maroc ne mit pas fin à son existence. On relève encore, après Sancho Diaz de Trujillo, les noms d'autres évpques de Merrakech ; mais ceux-ci, bien que nommés à ce siège, résidèrent toujours en Espagne et furent en quelque sorte des prélats m parlibus ; le dernier d'entre eux lut le Portugais D. Francisco de Faria nommé par Lrbain VIII en 1689.
En réalité l'église hiérarchisée du Maroc disparut beaucoup plus tôt, avant même la liquidation de ses biens : pour indiquer une date qui ne peut être d'ailleurs qu'approximative, c'est vers i53o qu'elle cessa d'exister. Or c'est également vers cette date que survint au Maroc un grand changement politique : l'avènement des dynastieschérifiennes, révolution qui contribua, avecles causes déjà énumérées, à la ruine de la mission franciscaine. Les chérifs, dont la raison d'être avait été la Guerre Sainte, la lutte contre les Chrétiens qui, sous le faible gouvernement des Béni Merin. s'insinuaient de plus en plus au Maroc, grâce aux succès des armes portugaises, signalèrent leur arrivée au pouvoir par la persécution : les Chrétiens furent chassés de l'inlérieur du pavs comme souillant la ferre de l'islam, et bientôt il ne resta plus au Maroc que la malheureuse classe des captifs. Ces derniers, dont le nombre fut parfois très considérable, comme par exemple après le désastre de EI-Ksar-el-Kcbir (4 août 1378), ne furent pas complètement délaissés ; les Trinitaires, les Mercédaires, quelques Jésuites, des Dominicains et des Augustins, à défaut de l'ancienne mission permanente, vinrent les visiter de temps en temps, partageant leur dure existence d'esclaves ; plusieurs de ces religieux payèrent de la mort leur généreux dévouement.
En 1624. un célèbre capucin, animé pour 1 Église et pour son pavs d'un zèle égal, qui lui faisait entrevoir dans l'expansion du christianisme la réalisation d'une plus grande France, le P. Joseph, fit adopter par le cardinal de Richelieu et par Louis XIII un vaste plan de missions dont l'un des objets devait être de créer ou de développer les relations commerciales de la France. L'idée de la mission du Maroc fut suggérée au P. Joseph parle chevalier Isaac de Razilly. Cet homme de mer, que la paix avec les Protestants laissait inoccupé, désirait trouver l'emploi de son activité et de son initiative au Maroc, où il avait accompli un premier voyage en 1O19. Il lit part de son dessein au
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P. Joseph. Celui-ci accueillit d'autant mieux ses ouvertures qu'il entrevoyait le movcn lie rétablir au Maroc l'ancienne mission franciscaine qui y avait prospéré pendant trois siècles (i23o-iâ3o), et d'assurer en même temps à la France le bénéfice de relations commerciales avec celte terre africaine. Aussi bien, l'Espagne, absorbée d abord par la lutte contre les Protestants, puis par limplacabie persécution des Moriscos, délaissait de plus en plus le rôle de protection qu'elle s'était réservé auprès des chrétiens du Maroc. Au nombre de ces chrétiens se trouvaient d'ailleurs quelques-uns de ses propres sujets qu'elle venait de rejeter violemment du sol de la patrie. Lors du bannissement de 1610, en elTet, prescripteurs et proscrits ne furent pas toujours séparés par une différence de religion. Les témoignages sont nombreux qui établissent que, parmi les Moriscos réfugiés à Salé, il y avait un très grand nombre de chrétiens. Ceux-ci même avaient leur place dans les préoccupations du P. Joseph. Écrivant en 1620 au secrétaire de la Propagande, il faisait allusion à ces malheureux expatriés « qui ab Ilispania ejecli se ad Mas partes conlulerunt, inler cjuos mulli reperiuntar chrùilianx religionis non immeniores ' ».
Le P. Joseph, en parfaite communion d'idées avec Razilly, usa de son inllucnce pour le faire envoyer sur les côtes du Maroc. On sait que la situation était alors des plus tendues entic la France et le Cliérif. Celui-ci, depuis l'affaire Castelane, rendait le roi Louis XIII responsable du tort qu'il avait subi et, en manière de représailles, il avait chassé de Mcrrakcch les négociants chrétiens qui peu à peu, malgré les mesures d'expulsion prises par les premiers chérifs, étaient revenus s'y établir. En même temps que Razilly s'efforcerait de renouer des négociations avec le Chérif, trois capucins, pris dans la province de ïouraine et adjoints à l'expédition par le P. Joscpii, devaient étudier les possibilités de fonder dans l'empire chérifien une mission apostolique. Tout ce plan éciioua par suite de la trop grande confiance de Razilly qui, étant descendu à terre sans garantie sultisante, fut arrêté avec son escorte ainsi que les PP. capucins. Moulay Zidàn remit le chevalier en liberté peu de temps après et le renvoya avec l'un des capucins porter en France ses revendications. Quant aux deux autres religieux, on les conduisit à Merrakech où pendant cinq ans ils furent la
I. Cf. /'■' Série, Dépôts divers, Rome, 11 septembre 1627). « Je sais comme té-
lOsS. Les PP. capucins eux-mêmes décla- moin ocnlaire, écrivait Vihakeai,, qu'il y
renl que la plupart (les habitants de Salé a encore aujourd'liui dans la Barbarie beau-
11 étaient encore chrétiens en leur àmc » coup de catholiques qui furent tiilés d'Es-
(infra, p. 3/|i)- John Harrison s'exprimait pagne, n El Politico cliristianissimo ciel car-
ainsi sur les Moriscos de Salé : i< Ils sont nés clcnnl duque (le Richelieu. . . Trad. de Fr. de
en Espagne, ils sont chrétiens, baptises Gkexmlle, iG'iô, p. ij3. — A Tétouan
Il yen a beaucoup [larmi CCS Moriscos expul- les Moriscos clirétiens qui avaient refusé
ses qui sont d'aussi bons, sinon de meilleurs d'entrer dans les mosquées furent lapidés.
chrétiens qu'il n'y en a en Espagne » (j" Cf. Cabrera, y(c/«c(o«<'.5... p. ^o'|. V.suprn,
Série, .\ngleterre, Relation de J Ilnrrison. p. 'iQ et note 5.
De Casthies. III. 7
gS INTBODLCTIO>- CRITIQUE
consolation et le soutien des captifs chrétiens ; ils succombèrent à la peste en 1629, au moment où, sur les instances du P. Joseph, Razilly repartait pour le Maroc à la tète d'une escadre. Il devait traiter à la fois avec les rebelles de Salé et avec le Chévif. Mais l'escadre fut prise par le gros temps et dut rentrer à Port- Louis le 20 novembre 1629.
Une troisième tentative fut faite en i63o. Trois nouveaux capucins, auxquels le P. Joseph avait donné les plus sages instructions ', s'embarquèrent avec Razilly et Du Clialard envoyés de nouveau sur les côtes du Maroc. Les missionnaires se flattaient même de pouvoir s'établir à Salé, où ils auraient exercé, conformément au désir du P. Joseph, un fructueux apostolat auprès des Moriscos. Mais les Salétins, dans la trêve conclue à Salé le 3 septembre i63o, restreignirent l'exercice du ministère des capucius aux seuls Français. Celte condition parut inacceptable à ces religieux et, leur sécurité se trouvant d'autre part insulHsamment assurée, ils prirent la détermination de rentrer en France et de rendre compte au P. Joseph des obstacles qui s'opposaient à la fondation d une mission -.
11 appartenait aux Franciscains d'Andalousie de relever la mission du Maroc. Le P. Juan de Prado, gardien du couvent de Cadix, nommé en i63o par le pape Urbain VIII préfet apostolique de Fez et de Merrakech, alla prendre possession de son siège sous le règne de Moulay el-Oualid et rétablit l'ancienne église de Merrakech^.
1. V. CCS instructions, p. 3^6. sion, mais pour s'enaployer auprès des