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Îl a été tiré de cette ‘‘Leuille”, pour les meilieurs
amis el les plus précieux ennemis de l'auteur, et pour
tels qui voudront bien en Payer le prix, vingt exem-
Plaires sur papier Stralhmore, numérotés et signés à la main.
ps
Enregistré par Olivar Asselin au bureau des droits d'auteur, au ministère fédéral de l'Agriculture, à Ottawa, en juin mil neuf cent ueuf, conformément à la loi canadienne sur les droits d'auteur.
L'auteur de ce livre, M. Charles Langelier, fut pendant vingt ans un des esprits dirigeants du pat ci libéral à Québec. Elu député en 1878 contre M. Angers, à cette époque le véritable chef du parti conser- Vateur dans la sphère provinciale, il fit partie de l'Assemblée qui soutint et qui renversa Joly. 1]1 fut l'un des artisans les plus actifs de la fortune et de la ruine de Mercier. Il a été ministre de 1890 à 1892. Sorti de la politique depuis sept ou huit ans, il vit encore dans l'intimité constante de ceux qui tiennent dans leurs mains les destinées de son parti.
Le frère de l’auteur, M. François Langelier, aujourd'hui président de la Cour supérieure à Québec, a été ministre dans le cabinet Joly, a joué un premier rôle dans les querelles universitaires de Québec, et s'est quelquefois vanté d'avoir, plus que personne, contribué au triomphe du parti libéral sur l'hostilité cléricale d'abord, et sur le préjugé populaire ensuite. I] était l'avocat de Pitre Tremblay dans la contestation électorale de Charlevoix—action motivée par l’ingé-
() La critique qui va suivre a paru d'abord dans la “Patrie”. Je l'ai retouchée pour la conformer pleinement à mes vues et à mon tempérament propres. J'y ai ajouté des renseignements inédits sur le rôle joué par M. Chrysostôme Langelier, frère de Charles, durant la crise ministérielle de 1905. J'y ai fait une réserve touchant la nomination de Mgr Taschereau au cardinalat. Je regrette que mes occu-
ations ne m'’aient pas permis de lui donner une tournure plus ittéraire: mais telle quelle, j'espère qu'elle se lira assez bien pour plaire aux honnêtes gens et exaspérer les autres.—O. A.
rence cléricale. Il a été longtemps maire de Québec ; il aurait contribué en cette qualité à faire nommer cardinal Mgr Taschereau.
Un autre frère de l'auteur, M. Chrysostôine Langelier, depuis plusieurs années chef des services forestiers de la province de Québec, était un des amis intimes et un des sous-lieutenants préférés de Mercier.
Son nom se retrouve à toutes les pages du merciéris-
me. On ne peut parcourir les Comptes publics de cette époque sans buter sur lui à tous les tournants. Les caves de l'Hôtel du Gouvernement, à Québec, sont encore pleines de livres qu'il conquit à coups de ciseaux sur l'étranger et qu'il vendit à poids d'or à son pays. Exclu des faveurs ministérielles après le cataclysme de 1892, il y rentra en 1897. Il a été l'avocat attitré et grassement rétribué de la soi-disant politique forestière du cabinet Parent. Il était le secrétaire de la fameuse commission Legris-Brodie-Thivierge dont les travaux furent, plutôt accidentellement, le signal du révei! de l'opinion publique à l'égard de la colonisation. On assure qu'il a joué un certain rôle dans la crise ministérielle de 1905, et le fait qu'il surnagea dans le naufrage presque général du parentisme donne quelque vraisemblance à cette assertion, (2)
Et les frères Langelier n'ont pas poursuivi leurs carrières respectives chacun de son côté, sans s’occu-
(2) Cette phrase appelle peut-être des éclaircissements; je l’expliquerai en quelrue mots.
Vers le milieu de mars 1905, au plus fort de la crise ministérielle qui devait emporter M, Parent, le “‘Nationaliste”’ recevait de Québec, par l'intermédiaire d’un avocat que j’appellerai M. X., un article manuscrit sur la perception des droits de coupe, signé “Michonnet”.
Le manuscrit m'était inconnu, mais l’article était fort intéressant. L'auteur, mettant en regard les chiffres âu recensement industriel de 1901 et ceux du ministère des Terres de la Couronne, prouvait ds: faron irréfutable que dans la seule agence de l'Outaouais supérieur, dirigée à cette époque par M. Gendron, beau-frère de M. Parent et æijourd’hui député, il devait y avoir un ‘‘coulage” de plus de $200,000 par année. 11 disait entre autres choses:
per les uns des autres. Ils ont été presque toute leur vie les collaborateurs d'une même œuvre, les membres d’une même raison sociale. L'auteur des “Souvenirs politiques” écrit lui-même à la page 196 de son livre :
Le dimanche Mercier Consacrait toute sa journée au travail; il s'enfermait au Palais Législatif dans une petite chambre qu'on lui avait choisie comme chef de l'opposition, et là, il dépouillait les dostiers ministériels dont ii avait demandé la production dans le cours de la semaine. I] n'aurait pas pu suffire seul à la besogne, alors il nous invitait, mes deux frères, François, Chrysostôme et moi à aller l'aider. Il nous distribuait ces dossiers que nous examinions et dont nous lui remettions une analyse écrite. C'est surprenant ce que l’on trouve parfois de choses étonnantes dans un dossier ! Nous nous amusions bien des découvertes que nous faisions. De cette façon, M. Mercier connaissait mieux ces dossiers que les ministres eux-mêmes qui, la plupart du temps, ne les avaient pas même lus.
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“Ceux qui voudront se donner la peine d’en faire le calcul consta. teront que sous le régime conservateur, avec ure moyenne de 19,411 milles sous licence, la moyenne du revenu provenant des droits de coupe a été de #398,126.56 par année. au lieu que sous le régime Parent-Gendron, avec une moyenne de 21,726 milles sous licence, les droits de coupe n’ont rapporté en moyenne que $328,814.44, soit une diminulion de $69,512.1>.
“C'est déjà un chiffre respectable, digne d'attirer l’attention des députés et de tous ceux qui s'intéressent à l'administration de nos forêts. .
“Pourtant, LA DIMUNITION REELLE EST BIEN PLUS GRANDE QUE NE L'INDIQUE LA SOMME MENTIONNEE PLUS HAUT. ...
‘.. Et tous ces braves fonctionnaires. du ministère des Terres +. ONT JURE AVEC TANT DE COMPLAISANCE sr .
CLARATIONS? FRANCHEMENT, IL AURAIT ETE INTERES. SANT DE LES ENTENDRE EXPLIQUER CETTE DIMINU- TION: INEXPLICABLE POUR LE COMMUN DES MORTELS...
“Nous n'avons dans le moment ni le temps ni l’espace voulus pour continuer cette étude; mais il nous semble que les faits signalés plus haut nécessitent une enquête, et une enquête sérieuse, sur l’administration de notre domaine forestier par M. Parent. Seulement pour l'agence de l’Ottawa supérieur, il ressort de la Comparaison entre le recensement et le rapport du commissaire (ou ministre des Terres) une différence de $243,523.44. Déduisez si vous voulez une quarantaine de
à LES “SOUVENIRS” DE M. LANGELIER
* Or ce qui frappe le plus, dans les “Souvenirs politiques” de M. Charles Langelier, annoncés si bruyamment et accueillis si complaisamment, c'est l'absence complète, désespérante, de toute information nouvelle sur les événements auxquels lui et ses frères ont été mélés.
L'ingérence de certain élément du clergé dans les élections, le coup d'Etat de Letellier, la formation, la vie et la chute du cabinet Joly, les pourparlers coalitionnistes entre Chapleau et les libéraux, les querelles universitaires de Québec, l'agitation rielliste de 1885 et 1886 et l'avènement de Mercier, la restitution des biens des Jésuites, ces événements sur quoi l'auteur a voulu concentrer sa mémoire — car son livre s'arrête, ou du moins, est supposé s'arrêter à 1889 — ont passionné une génération qui est encore, pour une bonne partie, mêlée à la nôtre; et si l'on ne nous y
mille piastres pour le bois pris sur les lots non encore patentés ou en possession des colons, et il reste encore plus de $200,000 qui jusqu’à preuve du contraire, ne peuvent représenter autre chose que du coulage,
“SL LE MEME COULAGE SE PRODUIT DANS LES AU- TRES AGENCES, IL EST BIEN PERMIS DE CROIRE QUE CEUX QUI DISENT OUE SOUS LE REGIME PARENT LA PROVINCE PERD CHAQUE ANNÉE UN MILLION DE PIAS- Lisa DROITS DE COUPE NE SONT PAS LOIN DE LA É CRE
“ENCORE UNE FOIS, NE VAUT-II, PAS LA PEINE DE VERIFIER CELA PAR UNE ENQUETE?”
Par ‘‘ceux qui disaient que sous le régime Parent la province perdait chaque année en droits un million de piastres de coupe et qui n'étaient pas loin de la vérité”, Michonnet désignait en particulier le sénateur Legris, ancien président de la Commission d'enquête sur la colonisation et sur l’industrie forestière, qui avait courageusement déclaré la guerre à M. Parent à propos de cette question des droits de coupe, après trente ans de dévouement à la cause libéral:
L'article parut dans le ‘*Nationaliste” du 19 mars sans une coupure, sans une modification,
Deux ou trois jours après. M. Legris, passant au ‘“Nationaliste”, me demanda quel était ce Michonnet qui connaissait si bien l’administration du domaine forestier. Il s’écrix en voyant le manuscrit : “Maïs c’est l’écriture de Langelier!” Et il me fit observer là-dessus qu’il la reconnaïîtrait entre cent mille, parce qu’il l’avait eue sous les
reporte que pour le plaisir de rééditer, sans preuves à l'appui, des affirmations mille fois contredites, ce n'est vraiment pas la peine.
Pour les guerres politico-religieuses : les instructions secrètes de l'épiscopat au clergé, la correspondance des évêques entre eux, les premières entrevues des ecclésiastiques en cause avec les envoyés spéciaux du pape ;
Pour le coup d'Etat: la correspondance privée entre Letellier et les ministres fédéraux dont il était accusé d'être l'instrument (et qui lui demandèrent certainement des explications, s'ils n'avaient inspiré son acte), les relations personnelles du lieutenant-gouverneur avec les chefs des deux partis à Québec et à Ottawa, les démarches faites en sa faveur auprès du gouverneur le marquis de Lorne (aujourd'hui lord Argyle), et du cabinet anglais ; RS
Yeux pendant des mois à la Commission de colonisation et qu’elle était unique en son genre.
Le dimanche suivant j'attrapai Maître Chrysostôimne pour un mensonge qu’il s'était permis sur le compte de M. l'abbé Coreil, le vail. lant curé colonisateur de l’Ascension, dans la région de Labelle, devenu depuis missionnaire de colonisation sous la haute direction de Mgr Latulippe, et curé de la Tuane, M, X. m'écrivit le lendemain: “Malheureux, vous avez tué la poule aux oeufs d’or! Michonnet, c’est Chrysostôme Langelier!” La poule n'était pas morte, cependant. Un mois après je recevais, Par le même canal, un autre article signé Michonnet, traitant. celui-là, de la perception des droits de coupe dans la région du Saint-Maurice.
“En appliquant le tarif du Bouvernement aux quantités de bois mentionnées dans le recensement”, écrivait dans cet article M. Chrysostôme Langelier, les droits de coupe s'élèveraient à $154,553 27 pour l'année 1901. D'après le rapport du ministre pour la même année, ils ne se sont élevés qu'à $67,728.40, ou seulement 42 pour cent de la somme précédente.
“A QUI FERAIT-T.ON CROIRE QUE DANS CE TÉRRITOI- RE DU SAINT-MAURICÉ LE BOIS DE COMMERCE COUPE DANS LES TERRES DES PARTICULIERS REPRESENTE LES SIX DIXIEMES DE LA COUPE TOTALE? C'EST L'INVERSKH QUI AURAIT DU BON SENS,
“Or, les six dixièmes du chiffre ($154,553.27) résultant des quantités établies par le recensement, forment une somme de $92,731.92%, soit $25,003.52 de plus que les $67,728.40 mentionnés dans le rapport du ministre.
Pour les tentatives de coalition de 1833 et 1884: l'attitude des principaux chefs de chaque parti et de chaque groupe, les intérêts en jeu, les entrevues et les échanges de vues :
Pour l’histoire du ministère Joly: les diverses influences qui entrèrent dans le choix des ministres, toutes les circonstances qui entourèrent la défection ce MM. Flynn, Fortin, Blanchet, Chauveau et Racicot. et es motifs qui pouvaient animer chacun de ces messieurs en particulier ;