‹ Les Spasmes Duodénaux dans l'Appendicite Chronique et les Inflammations du Côlon DroitChapitre 20 sur 27 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Valeur diagnostique des spasmes duodénaux.

Dès lors, il nous est permis, en nous reportant aux observations, et d’après les diagnostics que nous avons discutés, d’établir la valeur séméiologique du spasme duodénal.

1° Dans un premier groupe de faits, on constate un spasme duodénal du genu inférius avec mouvements de va-et-vient dans la 2e portion, chez un malade qui présente par ailleurs des signes appendiculaires nets :

— point douloureux de la fosse iliaque droite en toute positions, retrouvé sous écran.

— stase cæcale douloureuse, avec accélération du transit colique.

Dans, ce cas :

«) le spasme confirme le diagnostic d’appendicite chronique et permet de rattacher à cette cause les troubles ressentis par le malade ;

8) la gêne d'évacuation qui en résulte, explique la plupart des signes dyspeptiques :

— les douleurs post-prandiales tardives ;

— le spasme du pylore avec retard de l'évacuation de J’estomac, l’hyperkinésie, l'hypersécrétion gastrique ;

— l'existence d’un point para-ombilical droit plus marqué en position debout ;

— les troubles de l’état général : céphalée, migraines, amaigrissement.

y) Enfin, premier stade du retentissement sur le duodénum

LEE CAES

de l’appendicite, le spasme rend compte à une phase plus avancée de la coexistence d’une périduodénite, où même plus tard d’un ulcère. Par là, il explique la persistance des troubles dyspeptiques après l'opération : «les lendemains douloureux de l’appendicectomie ».

2° Dans d’autres cas, le malade se présente comme un dyspeptique banal, un ulcéreux, un lithiasique. Aucun signe clinique ou radiologique n’annonce une lésion du carrefour inférieur. Mais l'examen à l'écran met en évidence un spasme duodénal qui est à l’origine des troubles observés.

La constatation de ce spasme doit faire penser qu'il s’agit d’appendicite ou de colite droite, si l’on a éliminé par leurs signes propres les affections qui peuvent donner un tel symptôme, et dont nous avons parlé.

Elle doit faire rechercher dans le passé :

— des troubles du fonctionnement intestinal ;

— des petites crises douloureuses de la fosse iliaque droite avec fièvre :

— des indigestions inexpliquées.

Elle permet de conseiller l'intervention chez des sujets ayant de tels antécédents, alors que la disparition momentanée de tout point appendiculaire rend le diagnostic hésitant.

Lorsque l’interrogatoire, l'étude des antécédents se sont montrés négatifs, il importe d'établir une surveillance attentive des malades, de les revoir après un traitement de désinfection intestinale. En l’absence de signes directs appendiculaires, des examens répétés sont nécessaires pour poser le diagnostic de facon ferme. Parfois, au cours de l’un d’eux un symptôme nouveau sera découvert, signant l’appendicite. En tous cas, la persistance du spasme duodénal constaté à la radio, joint aux signes de dyspepsie rebelle est un argument important en faveur de l'intervention.

Observations.

Nous classerons 30 observations de spasmes duodénaux en trois groupes :

19 celles des malades opérés, que nous avons pu examiner de nouveau après l'intervention. Elles sont au nombre de19%

20 celles des malades opérés, chez qui le diagnostic d’appendicite fut donc confirmé, mais que nous n'avons pu revoir. 4 sont dans ce cas,

39 celles des malades non opérés, mais qui présentent des signes nets d’appendicite ou d’inflammation colique droite ; Î

I. — Observations de malades opérés et revus après l’intervention,

Douleurs épigastriques évoluant par crises, avec une hématémèse : Spasme duodénal découvert à la radio. Point appendiculaire intermittent. Disparition du spasme après appendicectomie.

Mne Le G.., 26 ans, vient consulter le 25 juillet 1933 pour des douleurs épigastriques, ayant débuté 6 mois auparavant et évoluant depuis ce temps, sous forme de crises quotidiennes de 8 à 15 jours séparées par des intervalles de 1 à 2 mois de bonne santé.

Ces douleurs, siègent à l’épigastre, surviennent une 1/2 heure à 3 heures après les repas. Elles sont à type de pesanteur, rarement de

2 EMES À 9 ER

brûlures. Vomissements fréquents, calmant les douleurs. En outre, la malade a eu une hématémèse de sang noir, peu abondante.

Aucun antécédent pathologique.

Règles normales depuis l’âge de 16 ans.

L'examen de l'abdomen ne montre aucun point douloureux.

L'examen général est négatif.

Radioscopie le 25 septembre 1933. Pas de lésions pulmonaires. Léger remplissage en neige de l’estomac. Contractions d’emblée énergiques avec léger spasme au niveau du bulbe, puis évacuation par assez grosses bouchées avec légers mouvements de va-et-vient.

Le lendemain : Transit rapide avec stase cæcale et appendice visible.

La malade est revue le 10 novembre 1933. On constate alors l’existence d’un point appendiculatire net.

Opérée d’appendicite le 14 décembre 1933.

Trois mois après, le 5 février 1934, la malade est revue. Elle va beaucoup mieux ; ne souffre plus de l'estomac.

Radioscopie le 6 février 1934 : Très petite quantité de liquide à jeun ; Contractions d'emblée très énergiques avec évacuations par grosses bouchées, sans arrêt au niveau du genu inferius, ni mouvements de va-et-vient.

À 17 heures : Baryte dans le côlon jusqu’à l’angle gauche d’une part, d’autre part dans l’ampoule rectale. Le côlon transverse est long, sinueux, l’angle gauche, haut situé.

Le lendemain : Cæco ascendant complètement évacué. La baryte occupe surtout l’ampoule rectale. Il en persiste cependant dans toute la partie moyenne de l’anse sigmoïde.

Dyspepsie hyposthénique. Spasme duodénal et stase caecale. Disparition de tous ces signes après l’appendicectomie.

Mie C..., 15 ans 1/2, vient consulter le 26 janvier 1954 pour un état nauséeux avec parfois vomissements durant depuis 15 mois ; tendance à la constipation.

Cet état s’accompagne d’amaigrissement.

Dans ses antécédents : pneumonie, diphtérie.

G. Giraud 4

MNT

Règles normales depuis l’âge de 13 ans.

Quelques pertes blanches.

Parents bien portants. 2 collatéraux bien portants.

L'examen abdominal ne montre aucun point douloureux.

L'examen général est négatif.

Poids : 44 kgr. 800.

Radioscopie le 30 janvier 1934. Léger remplissage en neige. Estomac allongé avec contractions d'emblée assez énergiques, mais spasme persistant du bulbe et aucun passage au début. Ultérieurement, évacuation très lente avec 2€ portion duodénale très effilée, et mouvements de va-et-vient au niveau du genu inferius.

A 17 heures : Estomac évacué. Baryte dans le gros intestin jusqu’au niveau de l’angle gauche.

Le lendemain : Colon ascendant et ampoule rectale fortement njectés. [l persiste de la baryte dans le bas-fond cæcal.

Opérée Le 27 février 1934 (DT Padovani) qui constate une appendicite rétio-cæcale et un appendice malade.

La malade est revue le 25 juin 1934 .Tous les troubles ont disparu.

Poids 46 kgr. 400.

Radioscopie : Estomac sans liquide à jeun, à contractions rapidement énergiques et bonne évacuation, sans mouvement de va-etvient, n1 arrêt au niveau du genu inferius.

Douleurs abdominales et constipation. Signes cliniques d’appendicite. Spasme duodénal. Disparition de celui-ci après appendicectomie.

Mme M..., 27 ans, vient consulter le 4 novembre 1933 pour des douleurs abdominales dont le début remonte à 2 ans 1/2. D’abord soignée pour entérite, elle a suivi, depuis le début, un régime sans lait, avec viandes grillées, sans aucun résultat.

Les douleurs surviennent à n'importe quelle heure de la journée ; Elles siègent à tout l'abdomen, mais surtout à l’hypocondre gauche, au creux épigastrique, peu à droite, sans irradiations caractéristiques. Elles sont parfois très intenses, obligeant la malade à se coucher.

Page 1