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XIX. Règles de foi orthodoxe

« Première règle. — Se tenir toujours prêt à obéir d'esprit et de cœur, en mettant de côté toute manière de voir particulière, à la véritable épouse de Jésus-Christ, à notre sainte mère, à notre maîtresse infaillible et orthodoxe, VÉglUe catholique., dont l'autorité s'exerce sur nous par la hiérarchie de ses pasteurs.

« Deuxième règle. — Approuver la confession des péchés, telle qu'elle se pratique dans TÉglise, la réception de la sainte Eucharistie une fois l'an, et mieux encore tous les huit jours, ou du moins tous les mois avec la préparation nécessaire.

« Troisième règle. — Recommander aux fidèles l'assistance fréquente et pieuse au saint sacrifice de la messe, les chants, ecclésiastiques, l'office divin et en général les prières et dévotions qui se pratiquent à temps marqué, soit en public dans les temples, soit en particulier.

« Quatrième règle. — Avoir une grande estime pour l'état religieux, cl donner au célibat ou à la virginité la préférence sur l'état du mariage.

a Cinquième règle. — Approuver les vœux religieux de chasteté, de pauvreté, d'obéissance pei'pétuelle, ainsi que les autres œuvres de perfection et de surérogation. Remarquons en passant, qu'il ne faut jamais s'engager par vœu à prendre un état qui serait un empêchement à un autre plus parfait; par exemple, le mariage : car le vœu est essentiellement un engagement à la perfection, la promesse d'un bien meilleur, dit la théologie.

« Sixième règle. — Approuver la vénération et l'invocation des saints, le culte des reliques, les processions, les pèlerinages de dévotion, les indulgences, les jubilés, l'usage d'allumer les cierges ou de faire brûler des lampes autour des autels, et les autres pratiques de ce genre utiles h la piété.

« Septième règle. — Approuver les abstinences et les jeûnes non-seulement de précepte, comme dans le carême, les quatre-temps, les vigiles, mais encore les jeûnes du vendredi

et du samedi qui sont de pure dévotion comme aussi les

mortifications ou pénitences volontaires, non pas intérieures seulement, mais encore extérieures.

« Huitième rèfjle. — Approuver la magnificence dans la construction et rornementation des églises, et les ^saintes images que nous honorons, justement, à cause des objets qu'elles représentent.

a Neuvième règle. —Loin de censurer en aucune manière les préceptes de TÉglise, les défendre de grand cœur, par toutes les raisons que l'étude peut nous fournir contre ceux qui les attaquent.

« Dixième règle. — S'étudier à trouver bons les décrets, les statuts, les traditions, les ordonnances, les rites et usages de nos pères dans la foi ou de nos supérieurs. Quant à leur conduite, bien qu'on ne trouve pas partout l'intégrité de mœurs qui serait désirable, cependant il y a plus de désordre et de scandale que d'utilité réelle à parler contre eux dans les conversations privées ou dans les discours publics. Ces sortes d'invectives ne font qu'aigrir les peuples et les soulever contre leurs princes et pasteurs ; il faut donc s'abstenir de toutes ces diatribes, et, ne point incriminer devant leurs sujets les maîtres absents : qu'on s'adresse en particulier à ceux qui ont entre les mains l'autorité nécessaire pour remédier au mal, à la bonne heure.

« Onz-ième règle. — Avoir en grande estime l'enseignement des pères et des théologiens. Ceux-ci, comme saint Jérôme, saint Augustin, saint Grégoire, ont travaillé surtout à former des cœurs chrétiens; ceux-là, dans la carrière ouverte par saint Thomas, saint Bonaventure, etc. , et suivie par tant de docteurs anciens et modernes, ont eu pour but de guérir les esprits des erreurs du temps et de les éclairer de notions exactes et de dogmes bien définis. Venus après les Pères, ils ont eu comme eux, pour s'instruire, les saintes Écritures et les écrits de l'antiquité, ils ont eu de plus les ordonnances et les définitions des conciles, les règlements et constitutions de la sainte Église, et l'esprit de Dieu les a puissamment aidés à profiter de toutes ces ressources pour diriger les fidèles dans les voies du salut. « Douzième règle. — Éviter toute comparaison des hommes vivants, quel que soit leur mérite, avec les saints. Par exemple

éviter de dire : Un tel est plus savant que saint Augustin :

Voici un autre saint François : Celui-ci est aussi zélé et aussi

éloquent que saint Paul.

« Treizième règle. — Pour n'être avec l'Église de Jésus-Christ

qu'un même esprit, qu'une même âme, il faut porter la con-

llfî* L„S SPLENDEURS DE LA FOI.

liaiice en elle et la défiance de nous jusqu'à prononcer que ce qui nous semblait vrai, est faux, si elle vient à définir qu'il en est ainsi; car il faut croire sans hésiter que l'esprit de Notre Seigneur Jésus-Christ est lesprit de son épouse, et que le Dieu qui donna autrefois le Décalogue, est le même Dieu qui aujourd'hui inspire et dirige l'Eglise.

« Quatorzième règle. — Quoiqu'il soit très-vrai que personne n'arrive au salut s'il n'est prédestiné, il faut cependant parler avec beaucoup de circonspection sur cette matière, de peur qu'en donnant trop à la grâce, on ne semble détruire le libre arbitre et le mérite des bonnes œuvres ; ou bien que donnant trop au libre arbitre on affaiblisse le pouvoir et l'efficacité de la giâcc.

« Quinzième règle. — Pour la même raison il faut parler rarement de la prédestination, et si l'occasion s'en présente, il faut le faire de telle sorte que le peuple ne puisse dire : Si mon sort éternel est fixé, que je fasse bien ou mal, il n'arrivera que ce que Dieu a décidé. Ce qui trop souvent conduit à l'ubanduii des bonnes œuvres et de tous les moyens de salut.

a Seizième règle. — Souvent aussi il arrive qu'à force d'exalter le mérite de la foi, sans ajouter aucune distinction ni explication, on fournit au peuple un prétexte de se relâcher sur la pratique des bonnes œuvres, lesquelles cependant précèdent la foi ou marchent à sa suite quand elle est animée par la charité.

« Bix-septième règle. — Il faut se garder aussi de tant relever la "lâce divine, que les auditeurs en viennent à ne plus se ' croire libi-es; mais il faut en parler comme le demandent et la plus grande gloire de Dieu et les temps où nous vivons, de jicur de donner atteinte à la liberté et à l'efficacité des bonnes œuvres.

0 Dix-huitième règle. — Quoiqu'il soit très-louable et trèsutile de servir Dieu par le motif de la chanté pure, cependant il tàut recommander beaucoup la crainte do Dieu, et non-seulement la crainte filiale, mais encore la crainte servile, qui est très-utile et souvent môme nécessaire à l'homme, pour se relever promptemenl du péché. Une fois sorti de l'état et libre de ratïection du péché mortel, on peut lui parler de celte crainte filiale, vraiment digne de Dieu, qui donne et conserve l'union du pur amour. »

TABLE ALPHABÉTIQUE

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