‹ Les squatters, La clairière du bois des Hogues;Chapitre 2 sur 5 · Le schelling d'Amérique ou douze sous et demi de France · texte numérisé non relu

Le schelling d'Amérique ou douze sous et demi de France

fleurs odorantes, et la brise fraîche, qui nous apportai t les vives senteurs des acacias, faisait frissonner sur les joues rosées de la jeune fileuse les boucles blondes de sa chevelure. Trois petits enfants, roses et blonds comme leur mère, jouaient à ses pieds dans un dernier rayon de soleil. An-dessus du foyer, tapissé de mousse sauvage, était suspendue la longue carabine du maître. Au dehors, les derniers bruits du jour commençaient à se faire entendre , et les tintements de la clochette des bestiaux dispersés se mêlaient aux chants bizarres des oiseaux des bois , aux notes mélancoliques du weeppoor^will i.

Après le repas du soir, qui réunit autour de la même table les maîtres et les serviteurs, je me retirai dans la petite chambre destinée aux voyageurs, et là, demeuré seul pour la première fois depuis le matin, je pus réfléchir aux incidents de la journée. Par quelle fatalité bizarre avais-je pu encourir l'animosité d'un homme que j'avais vu la veille pour la première fois ? Qui pouvait être ce géant bourru qui refusait de coucher sous le même toit que moi ? Pendant que je m'adressais ces questions en jetant un dernier regard sur la campagne, je crus apercevoir deux ombres, deux formes humaines, qui se dessinaient à quelques pas de la maison, entre les arbres blanchis par la lune. La plus grande de ces ombres me parut ressembler à Township; la plus petite, à James. Je ne pus toutefois vérifier cette conjecture : car, à peine avais-je paru à la fenêtre , que les deux hommes s'éloignèrent et se perdirent dans les broussailles. J'attendis vainement qu'ils reparussent, et je me jetai sur mon lit, épuisé de fatigue.

Le lendemain , un joyeux rayon de soleil m'éveilla ,

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