‹ Les stalactites (volume 2)Chapitre 30 sur 30 · A OLYMPIO · texte numérisé non relu

A OLYMPIO

C'est peu qu'avec son UU une mère amazone M'ait fait sucer encor cet orgueil qui félonne.

RAfflNK.

A OLYMPidi

poète ! courbé sur mon œuvre lyrique ^

Ambitieux du ciel , Je veux savoir par moi la hauteur chimérique

Où peut monter Babel.

Je ferai fourmiller dans mes architectures ,

Tenace en mon dessein , Le chœur éblouissant des mille créatures

Qui vivent dans mon sein.

Je veux voir de mes yeux l'Olympe dont la neige

Blanchit le front chenu, Et les Grâces que suit Ëros, riant cortège ,

Folâtrer le sein nu !

Comme dans les combats du superbe Ëncelade,

Ardent comme un lion , Si ce n'est point assez d'Ossa pour l'escalade ,

J*y mettrai Pélion.

J'irai jusques au ciel, dans les voûtes profondes , Dérober pour mes vers

Le rhythme qu'en dansant chantent en chœur les mondes Qui forment l'univers.

Je boirai le nectar de la force première ,

Et dans la main du dieu , Impassible titan , chercheur de la lumière ,

J'irai voler le feu.

Alors 9 vous que j'ai faits et d'une fange vile

Et de ce qui m'est cher, Vous vivrez de ma vie , ô colosses d'argile y

Et vous vous ferez chair I

Vous vivrez, 6 mes fils ! et comme d'un jeune arbre

On secouerait les fleurs , Moi je ferai couler avec mon doigt de marbre

Votre sang et vos pleurs.

Gomme une floraison par le printemps hâtée ,

Par l'effort de mon bras Tu sortiras du bloc , ô jeune Galatée !

Et tu me souriras '

196 LSS STALÂCtitÉS.

Moi-même dans tes yeux j'allunf^ierai Vétoîle

D'or et de diamant , Et y père enorgueilli y je te tiendrai sans voile

Sous mes lèvres d'amaht !

Car je më sen^ iilù ^f^ottr ton amour étrange Qui me cherche et me fuit.

Jai le cœur de Jacob , et je puis avec TA'nge Lutter toute une ntrit.

La Mube mè sait fort , et m'est sfouvent prodigue

De ses âpres baisers , Qui font^ué l'iïtfpu^sant décroise de fatigne

Ses bras martyrisés.

Toi qu'elle aime , 6 po^te , à qui la voix de TOde Dès le berceau parlait !

Toi que, petit enfant , la fille d'Hésiode A nourri de son lait !

Victorieux lutteur, qui tiens en main la palme.

Qui, déjà radieux, Le front ceint de laurier, trônes dans le bleu calme

Pareil aux demi-dieux !

Si je te parle ainsi de la déesse, ô maître!

C'est que dans ce moment , k la face du ciel , toi seul et moi peut-être

L'aimons sincèrement.

Mai 1S4S.

ISculpteur y cherche avec soin ^ en attendant l'extase , Un marbre sans défaut pour en faire un beau vase ; Cherche longtemps sa forme , et n y retrace pas D'amours mystérieux ni de divins combats.

Pas d'Âlcide vainqueur du monstre de Néméc, Ni de Cypris naissant sur la mer embaumée ; Pas de Titans vaincus dans leurs rébellions , Ni de riant Bacchus attelant les lions Avec un frein tressé de pampres et de vignes; Pas de Léda jouant dans la troupe des cygnes,

20i LES STALACTITES.

De naïades aux fronis couronnés de roseaux Ou de blanche Phœbé surprise au sein des eaux

Qu'autour du vase pur, trop beau pour la bacchante, La verveine se mêle à des feuilles d'acanthe ; Et plus bas , lentement y que des vierges d'Ârgos S'avancent d'un pas sûr en deux chœurs inégaux, Les bras pendants le long de leurs tuniques droites , Et les cheveux tressés sur leurs têtes étroites.

Mai 1845.

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