II. STATIONS
La Station a lieu à la fois dans les trois églises deste. Marie in Cosmedin, de Ste, Sabine et de S. Alexis sur le mont Aventin. On gagne à la visite de l’une d’elles une indulgence de 15 ans et 15 quarantaines.
A Ste. Marie in Cosmedin (1) on vénère le corps de S. Coronat m. conservé dans l’autel du chœpr des chanoines et les
(1) L’inscription suivante, placée sous le portique, mentionne l’origine païenne de la basilique, son érection en titre par le
reliques suivantes exposées dans l'église ou dans la crypte : les chefc de S. Didier m., de S. Talentili m., de S. Julien m., de & Désiré m., de Ste. Concorde m., de S. Benoît m., de S. Adaucte m., de S. Bénigne m., de S. Candide m., de Ste. Candide m., de S. Romain m., de S. Placide m., de S. Ange enfant m., et de S. Hippolyte m. ; les crânes de Ste. Aurélie m., de Ste. Clémence m., de S. Octave m., de S. Adrien m., de S. Généreux m., de S. Patrice m., et de S. Antonio m. ; une jambe de Ste. Olympe m., et des ossements de S. Aurèle m, et de S. Vincent m.
A Ste. Sabine, où se rend processionnellement vers 3 heures et demie, la confrérie des Sacconi, (I) on vénère les corps de Ste. Sabine m., de Ste. Sérapie, de S. Alexandre pape et m. et de ses compagnons Eventius et Théodule, qui reposent dans la confession. On expose au maître-autel le crucifix dé S. Pie V, deux os et une jambe de l’impératrice Ste. Hélène; une dent de S. Priscillien m., un os de Ste. Séraphine m., des ossements de plusieurs saints martyrs, une jambe deste. Constance m., un bras de S. Crescence m., une vertèbre de S. Firme m., un morceau du bras de Ste. Sabine m., une vertèbre de S. Fortunat m., la rotule d’une jàmbe de S. Cons-
pape S. Denis, l’an 261 et l’école voisine où S. Augustin enseigna la rhétorique :
Templum hoc pervetustum I pudicitiae patritiœ | a gentilitate dicatum | anno Domini CCLXI \ S. Diorilsio summ. pont . | S. Marias in Cosmedin | Christiana pietas | in titulum commutavit . | In ejus aula | Hadriano imperatore 1 sub nomine Athenaei | Scola Graeca | antea nuncupata | S. Augustinum retho ricam | postmodum docuisse | ex veteri traditione 4 habetur. | Cujus rei memoriam , | ne oblivione tepescat , | archipresbyter I et canonici \ hoc in marmore l apponi curarunt, I anno jubilaei l MDCLXXV.
(4) Les Sacconi doivent leur nom au sac dont ils sont revêtus. Ils forment une confrérie, composée presque exclusivement aie Cardinaux, de prélats et de nobles romains . Ils ont leur lieu de réunion, leur cimetière et leur charnier à S: Théodore- le- Rond. Ils marchent pieds nus, portent un sac de grosse toile, sont ceints d'une corde à laquelle pend un chapelet et ont la figure couverte d'un capuchon percé de deux trous d l'endroit des yeux et garni au front d'une tête de mort
tance m., le corps et le chef de S. Vincent m., le corps de S. Decentius m.
L’église et le couvent de Ste. Sabine sont pleins du soave* nir de S. Dominique.
Quand le fondateur de TOrdre des Frères- Prêcheurs eut cédé à ses religieuses le couvent de Saint-Sixte-le-Vieux, le pape Honorius le dédommagea, en lui abandonnant son propre palais, situé sur l’Aven tin. Or, on voit à Sainte-Sabine la dalle tumulaire sur laquelle il se couchait pour prier Dieu, et, sur un tronçon de colonne, la grosse pierre noire, ancien poids romain (4), qu’une nuit le démon lui jeta pour le tuer, et qui ne lui causa ni la mort ni la moindre blessure.
Au témoignage de Piazza, cinq vers latins remémoraient autrefois le triomphe de l’homme de Dieu. Les voici tels que les cite YEmerologio di Roma (Rome, 1713, t. II, p. 511 ) :
« Credidit orantem jacto contundere saxo Sanctum hic Dominicum* hostis versutus; at illum lllcESum Dominus servat: mirabile factum . Marmoris illaesi confractio monstrat in ævum Hisque fidem praebet suspensus et iste molaris. •
H est à regretter que dans le but de mieux assurer la conservation de la dalle tumulaire, on l’ait tirée de la crypte où elle gisait à terre, pour la dresser, loin de là, le long d’un mur, car c’est fausser le sens de cette inscription commémorative :
Super hunc sepulchralem lapidem quo olim sanctorum martyrum Alexandri Eventi j Theoduli Sabinœ et Seraphiœ corpora claudebantur s. p. Dominicus
, toto corpore prostratus
orare consuevit
(1) Minéralogiquement parlant , elle est de même nature que la pierre de touche. Corsi , Delle Pietre antiche, Rome, 1845, in-8°, p . 162164 nomme cette pierre lapis æquipondus, pietra nefritica.
Dans le chœur, des fresques représentent S. Dominique prêchant à Ste Sabine, devant le pape Honorius 111 et instituant la confrérie du Rosaire ; créé maître du Sacré Palais et recevant la communion tandis que les anges tiennent la nappe; scènes ainsi interprétées, chacune par une inscription latine :
Devotio ac confraternité Ssmi Rosarii in ecclesia S. Sabinæ
magna populi devotione opera S. Dominici fuit constituta.
Malvenda in annalib. sub anno MCCXVIII.
Dominicus iam fama et meritis clarus Romam venit ab Onorio III sacri palatii primus magister creatus est apud S. Sabinam.
Malvenda in annalib. sub anno MCCXVIII et Flaminius.
Aspicite, ' Angeli Dei, quœ fecit nobiscum et cum timore et tremore confitemini illi ' regemque seculorum exaltate in operibus vestris .
Benedicite Dominum, agite dies lœlitiœ et confitemini illi.
Tobiæ, c. 13, 6.
Après de tels et si consolants exemples, l’on comprend et l’on approuve la prédilection toute particulière que l’Ordre rajeuni porte à Sainte-Sabine, dont il a fait le siège de la Réforme et qui, de nos jours, refleurit en piété et en vertus, comme au temps du saint fondateur.
Le couvent de Sainte-Sabine possède encore la cellule qu’habita saint Dominique, et où il conféra dans de pieux entretiens, quelquefois bien avant dans la nuit, avec deux autres fondateurs ou rénovateurs d’Ordre, saint François d’Assise et saint Ange, général des Carmes. Une fresque, placée au-dessus de l’autel, et élucidée par une inscription, rappelle ces pieux colloques :
Attende advena
hic olim sanctissimi viri •
Dominicus, Franciscus > Angelus carmelita in divinis colloquiis vigiles pernoctarunt.
L’humble cellule mesure douze pas de longueur sur neuf de largeur. Sa simplicité primitive a disparu lorsque les Pa-
pes et les Rois l’ont transformée en sanctuaire enrichi dB nar* bre s et de peintures. Clément IX commença en 1669:
Clemens IX. pont. max.
a/nanum hune s. p. Dominici recollecttonis locum publiées fidelium devotioni aptari et exornari fedt an. II. peyntif.
et sal. M. DC. LXIX. .
Charles IV d’Espagne augmenta la chapelle d’un vestibule. Il se justifia en prétextant une ruine imminente et un besoin urgent d'accession plus commode pour les fidèles. Cette restauration date de 1816.
Domus isthœc | sacrœ prœdicatomm femiliæ | sex ab hinc seeculis iûris facta | S. Dominici in Urbe prœcipua sedes \ CM roli IV. | Hispaniarum regis | iussu et impensis | ex direptione imminenti vindicata | B. fundatoris sacello | operibus marmo • reis exculto | et commodiore acçessu donato j fratribus prendi catoribus obviantibus \ regiœ majestati | III. id. septemb. A. R. S. MCCMXV. | prœclara munificentia \ restituta | in pristinum ius iterato rediit | eiusdem eyrdinis fratres | kal. quintil. MCCMXVI. | hoc grati animi \ M. P. C.
L’on voit aussi au rez-de-chaussée du même couvent la salle où saint Dominique donna l'habit à saint Hyacinthe et au bienheureux Ceslas, et, dans un coin du jardin, un oranger planté par lui qui tend ses feuilles vertes et ses pommes d’or à la pieuse main du voyageur. Or le vieil oranger dépérissait, lorsque de sa souche rajeunie sortit, il y a quelques années, une tige vigoureuse qui atteint actuellement presqu’à la hauteur du tronc desséché. Cette croissance inattendue n’a pas échappé aux novices d'alors, qui, profès maintenant, ont cherché dans ce rajeunissement de l’arbre vieilli, le symbole de la rénovation de l’Ordre de Saint-Dominique par l’utile et exemplaire réforme des PP. Lacordaire et Jandel.
A S. Alexis, on vénère l’escalier de bois sous lequel ce saint confesseur passa les dernières années de sa vie et l’on boit de
reta da prâts dont U se servait. On expose au maître-autel, sous lequel leurs corps reposent, les chefs de S. Alexis et de S. Boniface. L'autel de la crypte contient des reliques de S. Thomas de Cantorbéry, de S. Sébastien, de S. Agapit, de S. Anastase, de S. Hermès, de S. Panuce, et des SS. Nèrée et Achillee. On expose dans des reliquaires la guimpe de Ste. Catherine de Bologne , du lait de Ste. Hélène , ‘des reliques de Ste. Agnès v. et m., de S. Joseph conf., de S. Silvère m., de S. Priifle m., de S. Christofare m.; des ossements de S. Secondili m., de S. Lerus m., de S. Félicien m., de Ste. Pulcfaérie m., de S. Prudence m., de Ste. Clémentine ▼. et m., de Ste. Sabinille v. et m., de Ste. Festive v. et m., de Ste. Grani» Musa v. et m., de Ste. Lorica m., le crâne de Ste. Lucilie m. et un portrait de S. Ignace fait avec de la cire mélangée à de la poussière d’ossements de martyrs.