‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 100 sur 212 · Conze, Att. Grabreliefs, n° ) 2 8 , pl. CLXXXIV · texte numérisé non relu

Conze, Att. Grabreliefs, n° ) 2 8 , pl. CLXXXIV

2. Alt. Grabreliefs, nos io33, pl. CCY ; to54, pl. CCX ; io5fi; 1057.

3. AU. Grabreliefs, n° ro55, pl. CGXI, Vrndt-Amelung, Ein:eluvfnahmen, nos (k)8, 701.

ri, mi. m„

Fie. 84- — Stèle d’Aristonautès. II. 21", i4 (Musée national d’Athènes).

i5a LES STATUES FUNÉRAIRES DU Ve ET DU IVe SIÈCLE

liè\ res . A ses pieds, son chien flaire le sol, comme pour suivre une juste. En lace de lui. son père, un vieillard barbu, vêtu de I himation, le contemple

avec tristesse. Si les sculpteurs de stèles ont ainsi reproduit avec persistance cette ligure essentielle, tantôt sous un aspect, tantôt sous un autre, la groupant avec d autres qui varient, n est-ce pas parce qu’ils avaient pour prototype une œuvre statuaire, une statue de jeune palestnte appuyé contre le pilier qui surmontait le tombeau Aussi bien, si I on isole le jeune chasseur de la stèle de I llissos, et si I on fait abstraction du personnage assez banal qui I accompagne, rien ne donne mieux 1 idée d une statue de tombeau. L œuvre est d’ailleurs traitée demain de maître.

Le sentiment de la vie éclate dans le modelé large et souple de ce corps robuste ; le visage, au regard dirigé vers le ciel,

Fic- 85 ■ - d;,n personnage cuirassé. Détail Je la stèle trahit u ne ex pression . le rêverie de Prokles et de rrokleides. 1

passionnée, celle-là même qui caractérise les têtes des statues de Scopas \ Ce vigoureux chasseur, nu comme un héros, évoque le souvenir d'une statue célèbre, qu on s accorde à considérer comme « scopasienne », le Méléagre du Vatican, et la tête rappelle d assez près pour la structure et 1 intensité du sentiment qui anime le visage, 1 admirable

r. Voir Weicker, A reh. Jahrb., XXII, 1907, p. 109.

2. L’hypothèse a été émise par Weisshâupl, Eranos ]'indobonensis. p. 52. Cf. Conzc, AU. G rab reliefs, n° 928.

3. Bolho Graef, Roem. Mittheil., IV, 1889, p. 189 suiv. Cf. notre étude sur Scopas et Praxitèle, dans la collection des Maîtres de l’Art, p. 3o et suivantes.

LES STATUES FUNÉRAIRES DI Ve ET DI IV-' SIÈCLE

tète de Méléagre conservée à la Villa Médias1 * *. A n’en pas douter, la stèle de ! Ilissos est due à un artiste d’un rang plus élevé qu un simple marbrier, et appartenant peut-être à l’entourage de Seopas \ Si, comme cela est probable, d a pris pour modèle une statue funéraire, nul doute qu’il n’ait suivi de très près I original.

On peul. à la rigueur, classer parmi les statues I elïigie du soldat Aristonautès. exécutée vers le même temps que la stèle de I ’ Ilissos ‘ (fig. 83 et 84). Si elle s’encadre dans la façade architecturale d un naïskos, elle n en donne pas moins I illusion d’une statue, tellement la saillie du haut relief est accentuée. Aristonautès est représenté avec une armure d hoplite, cuirassé, et coiffé d un casque .à timbre haut dont le rebord montre les trous destinés à fixer une couronne <le bronze. Le bouclier au bras gauche, une courte chlamyde flottant sur I épaule, d s avance d’un pas rapide sur le terrain accidenté qui sert de base, comme un soldat marchant à 1 ennemi. On a souvent remarqué le caractère « scopasien » du visage, et l’analogie qu d présente pour le type, pour l’expression pathétique, avec une tête casquée du fronton de Tégée, œuvre de Seopas4. Sans doute celte figure pleine de mouvement est due à un artiste tout pénétré de renseignement du grand sculpteur de Paros, et c est sous son mlluence qu il a lait passer une telle intensité de vie dans ce visage au Iront tourmenté, à la bouche entr ouverte, au regard profond et passionné. A ce point de vue, on peut rapprocher de la slèle de l Jhssos celle de Proklès et de Prokleidès appartenant, comme la précédente, au Musée national d Athènes (fig. 85 et 86). Le mort est également un hoplite cuirassé, échangeant une poignée de mains avec son père, un vieillard assis, tandis qu à 1 arrière-plan sa mère le contemple avec un air de gravité pensive. Son visage barbu, aux joues creusées par la fatigue des campagnes, aux yeux enfoncés sous I arcade sourcilière, a un singulier accent de vérité, comme si I artiste avait poursuivi la recherche < le la vérité individuelle.

La stèle est certainement antérieure au décret «le Démétrios de Phalère. Faut-il en conclure que, dès le i\‘ suède, la sculpture funéraire vise au réalisme

i- Antikc Denkmaeler , J, pl. a a-'i b, p. 29 (Petersen).

2. Wolters, Athen. MiUheil. . XVII, i8<j3, p. 6. Furtwaengler, Meisterwerkc, p. 5i5.

,'i Athènes, Musée national Conzc, Alt. Grabreliefs, n° 7 18, pl. CXLI. La stèle est certainement plus récente que le début du ive siècle. Cf Klein, Gesch. 1 1er cjriech. Kunst, II, 280.

[\ . Antikc Denkmaeler. I, pl- XXXV.

5. Conze, Alt. Grabreliefs. n" 718, pl. CXLI Arndt-Bruckmann, Denkmaeler . pl. 5 18.

LE IV SIÈCLE

LES IMAGES DES DÉFUNTS

et s achemine vers le portrait? A vrai dire, nous ne voyons pas apparaître avant l’époque hellénistique le souci de reproduire fidèlement les traits des défunts dans les elligies érigées sur leurs tombes. Mais il ne faut pas oublier qu’au iv' siècle, sans atteindre encore à la précision aiguë de I époque suivante, la sculpture de portraits a déjà fait de singuliers progrès avec Silamon et ses contemporains. Si les sculpteurs des stèles d Anstonautès et de Proklès n ont peut-être |ias prétendu conserver avec une parfaite exactitude la phvsionomie des deux hojihtes, ils se sont certainement attachés à la définir, en imprimant à ces figures encore conventionnelles le caractère qui convenait à 1 âge et à la condition des défunts, en donnant au visage du premier 1 expression héroïque du brave qui marche à 1 ennemi, en montrant dans I autre le soldat énergique, rompu aux rudes épreuves de la guerre.

La préoccupation de donner aux statues tombales une sorte de personnalité. par le détail du costume, par les traits de la phvsionomie. devait se marquer avec j > I u s de force lorsque le sculpteur avait à exécuter 1 elligie d’un étranger. Le cas est fort rare. Nous ne connaissons qu’un seul monument de ce genre; encore est-il déplorablement mutilé. Les recherches poursuivies en 11)07, dans la nécropole voisine de la chapelle d Hagia Tnada, ont mis à découvert un fragment de statue, datant du ivc siècle, et qui paraît être celle d un personnage en costume perse 1 . Le vêtement se compose d une tunique à manches, et d un manteau. Par derrière, tombant sur la nuque, apparaît la partie inférieure de la coiffure, où l’on reconnaît la tiare persique. La statue, dont le revers esta peine travaillé, était assise sur un trône. C était donc 1 effigie d un Perse en costume national < pie les fouilles nous ont rendue. On aimerait à savoir quel était cet Oriental, dont la destinée fut d être enseveli loin de son pays, dans la nécropole d Vthènes.

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