‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 102 sur 212 · Brt'ickner, Der Friedhof am Eridanos, p. 86, fig · texte numérisé non relu

Brt'ickner, Der Friedhof am Eridanos, p. 86, fig

1 56 LES STATUES FUNÉRAIRES DU V ET Dl IV SIÈCLE

la dignité de la matrone athénienne, la tendresse de l’épouse ou de la mère. L ampleur de ces grands bas-reliefs, qui sont comme des tableaux de famille, lui permel de déployer une richesse de moyens dont ne dispose pas la statuaire. Elle a plus de ressources pour grouper les époux échangeant la poignée de mains traditionnelle, ou représenter la mère entourée des siens, dans des scènes d un caractère intime.

Fig. 87 <‘t. 88. — Tètes féminines. Détails d'une stèle attique (Musée national d'Athènes).

Aussi, les nuances du sentiment \ sont-elles rendues avec beaucoup de variété. Ce n’est pas que les types perdent leur caractère conventionnel. Ces femmes aux formes amples et parfois un peu lourdes, noblement drapées dans I himation ramené sur la tête comme un voile2, ces jeunes tilles aux gestes mesurés et contenus, nous mettent sous les yeux le tvpe généralisé de la femme et de la jeune fille athéniennes. Mais I art à la fois sentimental et observateur du

1. \ oir par exemple, Conze, AU. Grabreliejs, n° 33^, pl. JA\\\ .

LE IV< SIÈCLE. — LES IMAGES DES DÉFUNTS

( )n peut en effet considérer comme emprunté à la staluaire le Ivpe que reproduit une stèle attique exécutée dans les premières années du ivc siècle, celle de Mélité" (fig. 8q). Accoudée sur un pilier, la morte est debout, tenant de la main droite relevée le bord de Fin- Fig' ^ ~ Stèlede ' MusiV ,ialional mation qui la drape de ses plis lâches.

Pour la structure et la forme de la coiffure, la tête offre encore certains des caractères de l’art du ve siècle3; d’autre part, l’altitude et le costume évoquent à certains égards le souvenir de l’Eiréné de Képhisodotc. C’est sans

iv' siècle sait y faire passer le reflet des émotions que trahissent les gestes et les attitudes des personnages. Nous déta- 4 chons d’une stèle attique deux morceaux ca ractéristi crues 1 2 ; la tête d une jeune femme qui échange une poignée de mains avec une jeune fille debout devant elle, en regardant sa compagne avec une expression de tendresse souriante et passionnée, et celle de la jeune fille, charmante de gravité et de mélancolie discrète (fig. 88). Cette recherche du sentiment ne reste pas étrangère à la statuaire des tombeaux; mais c’est dans des ligures isolées que celle-ci la poursuit le plus souvent. Au reste, la plupart des motifs cju elle traite lui sont communs avec la sculpture en Ims-relief et ici encore, le rapprochement avec les stèles s imposera plus d une fois.

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