Martial. Spectac., i
4- Vous renvoyons, pour la frise des Amazones, a la récente éludé de Wollers et Sieyeking, \ixli. Johrburlt. XXIV, iqoi). p. 171-191.
a54 LES STATUES FUNÉRAIRES DU Ve ET DU IV SIÈCLE
Elles étaient torl nombreuses, si l’on en juge par les fragments conservés au Britisli Muséum; peut-être même, pour les décorateurs du Mausolée, avaient-
elles constitué la partie
essentielle de leur œuvre, celle dont ils pouvaient être le plus fiers. Aujourd'hui, d ans la salle où ces sculptures sont réunies, l’attention du visiteur est sollicitée tout d’abord par les dél tris du quadrige colossal ipn se dressait sur la plate-forme de la pyramide. Pytlnos, à la fois sculpteur et architecte, en était I auteur. 11 reste des fragments du char, l’arnère-train d un cheval, le poitrail et le buste d un autre qui, à raison de la direction de la tète, tournée vers la droite, devait être attelé en flèche1. U a conservé sa têtière de bronze avec les rondelles (çÿ.Aapa) qui la garnissaient (fig. l65). Si prévenu que 1 on puisse être I'ig. 164. — Le Mausolée, d’après la restauration de Bernier. Contre les Statues ColoS-
sales, où I exécution est
parfois sacrifiée à 1 effet décoratif, on admire ici sans réserve la largeur et la puissance du modelé. Avec sa lorte encolure, sa crinière flottante, sa tête d une
1. Newton, Travels and Discoverics in tin ■ Levant, 11, pi. 1 1 . tintai, of Sculpt. Brit. Muséum, II, n° ioo2-ioo5, ]'). XVI. CI. notre Ilisi. de la sculpt. qreeque. II, p. 33", fig. 172.
LES GRANDS TOMBEAUX D’ASIE MINEURE structure solide ou se dessine en relie! le réseau des veines, le cheval de
Phot. Slercoscopic Company.
tic. 1 65. — 1* rafrment du quadrige colossal du Mausolce (Britisli Muséum).
parait etre dune autre race que ceux de la hase du Partliénon. De massives et robustes, il évoque plutôt le souvenir des chevaux de la
1 *y I luos
(ormes I tenais-
LES STATUES FUNÉRAIRES DU Ve ET DU IV' SIÈCLE
Pliot. Slcrcoscopic Company
Pi g. i66. — Statue de Mausolos provenant du Mausolée (British Muséum).
sance italienne. Mais ne faut-il pas reconnaître avec quelle conscience le sculpteur a traité cette énorme ligure, dont les visiteurs du Mausolée ne pouvaient apercevoirque la silhouette?
Newton a le premier proposé de replacer sur le char deux statues colossales, celle d’un personnage viril où I on s’accorde à reconnaître le portrait de Mausolos, et celle d’une femme qui paraît être Artémisia. La restitution estelle exacte? Avant de nous p rononcer, considérons d’abord les deux statues.
Le satrape est représenté vêtu d’un long chiton et d’un manteau drapé autour du corps, avec des plis lâches et souples ; il est chaussé de bottines de cuir à courroies1. La main droite s’appuyait sans doute sur un sceptre : la gauche soutenait la masse retombante de riumation (fig. 166).
i. Calai, of Sculpt. Brit. Muséum, II, iooo,pl. XVI. Cf. Newton, Travels and Discoveries, II, pl. 8-9. Brunn- Bruckmann, Denhmaeler . n° a4i. Bernoulli, Griech. Ikonoyraphie, II, p. 4i- 46, pl. VII
LES GRANDS TOMBEAUX D’ASIE MINEURE
L attitude est majestueuse, solennelle, comme il convient non seulement à la dignité quasi-royale de Mausolos, mais à son caractère de mortel liéroïsé. Le visage offre des traits bien individuels, avec une physionomie qui est celle d un demi-barbare hellénisé plutôt que d un Grec : galbe lourd et massif, front bas, au modelé un peu tourmenté, barbe courte, bouche charnue sous la moustache nettement dessinée. Ce qui achève de donner à cette tète un accent très personnel, c’est la longue chevelure relevée sur le front et retombant en masses épaisses le long du cou. A coup sûr, la statue est un portrait. M. J. Six s’est même efforcé de faire ressortir les analogies que présente la tête avec celle d’un Héraclès figuré sur une monnaie de Ivos frappée au ivc siècle, c’est-à-dire au temps où l île était sous la domination du satrape1. Bien que 1 argument ne soit pas décisif, on n hésite guère à admettre que cette statue, véritable oeuvre de maîtrise, est bien celle de Mausolos.
La statue féminine est de dimensions un peu inférieures à celles de la précédente2 (fig. 167). Le visage a disparu ; mais la coiffure, où fou remarque un triple rang de boucles disposées à la manière archaïque, sans doute suivant une mode carienne, fait songer à une mortelle plutôt qu’à une divinité. L identification avec Arténnsia ne paraît guère douteuse. Et d ailleurs, avec ses formes amples, et 1 agencement de 1 himation ramené sur la tête en guise de voile, la figure rappelle à bien des égards les matrones des bas-reliefs funéraires attiques. Mais I exécution est ici d une qualité supérieure. Le sculpteur qui a traité avec une telle virtuosité les plis si variés du chiton et de 1 himation, semble être un spécialiste de la statuaire icomque. L un des artistes du Mausolée, Léocharès, est précisément connu pour avoir exécuté à Athènes de nombreuses statues-portraits. L’hypothèse qui lui attribue celle d Yrténnsia 11 a donc rien d invraisemblable 3.
Revenons à la question que nous avons indiquée plus liant. Les deux elïigies colossales étaient-elles, comme 1 a supposé New ton, placées sur la plateforme du char? M. Bercy Gard 11er a écarté cette restitution, en se fondant sur de sérieux arguments : différences de stvle et de proportions entre les statues et les chevaux; silence de Pline, qui mentionne seulement le quadrige de Py-