Percy Gardner, Journal of Hellen
Sludies. XIII, 1892-1893, p. 188-194.
Cf. Sculptured Tombs of H allas, p. 24o.
2. C’est l’idée à laquelle se rallient, avec M. Percy Gardner, M. E. A. Gardner ( llamlbook of Grceh Sculpture, 2e éd., p. 386, note 2) et M. Kekulé (Griech. Skulplur, p. 210). Cf. Scopas et Praxilcle, p. 60. Voir, sur cette question, J. -B. Knowlton Preedy, Journal of Hellen. Slud., XXX, 1 c> ï o , p. 1 33-i 62.
LES GRANDS TOMBEAUX D’ASIE MINEURE
Mausolos el d’Artémisia prennent un caractère rigoureusement funéraire, bien conforme aux idées grecques du ive siècle. Quant au char érigé au sommet de la pyramide, toul porte à croire qu’il était vide. Dès lors, les deux statues ne sont pas I œuvre de Pythios, el il convient d’en chercher les auteurs parmi les quatre artistes dont nous avons cité les noms. Scopas s’était-il réservé l’effigie de Mausolos? Celle d Artémisia est-elle bien de la main de Léocharès ? Aucun indice ne nous permet de trancher la question.
Le Brrtish Muséum possède encore les fragments de nombreuses statues, les unes colossales, les autres plus petites. Les auteurs des différentes restaurations du Mausolée les répartissent soit aux abords de 1 édifice, soit dans les entrecolonnements, soit sur 1 attique, au-dessus de l’entablement. A vrai dire leur place reste incertaine. La plus digne d attention est la belle figure de cavalier découverte en avant de la façade Nord, c’est-à-dire du côté oii se trouvaient les sculptures de Bryaxis 1 (fig. 1G8). Si mutilée quelle soit, elle s’impose à l admiration par la largeur et la souplesse du style. Vêtu du costume perse, tunique serrée à la taille et anaxyrides, le cavalier serre les flancs de sa monture lancée au galop, comme pour I enlever dans un mouvement violent qui creuse les flancs et lait saillir la puissante musculature de I animal. Est-ce un prince de la famille d Hécatomnos, un garde ou un officier du satrape? Ce cavalier asiatique faisait-il partie d un groupe, ou bien se dressait-d, sur sen cheval cabré, à 1 un des angles de la pvranude? Nous I ignorons. M. J. Six a proposé une conjecture, qui, si elle était justifiée, donnerait la solution du problème. La statue serait la figure centrale du fronton Ouest, œuvre de Léocharès. auquel appartiendraient également une panthère el un sanglier dont il reste des fragments2 3; par analogie avec un des frontons du sarcophage sidonien dit d Alexandre, M. Six reconstitue une scène de chasse dont le principal acteur serait Mausolos. D11 second fronton, celui de I Es!, proviendraient deux autres morceaux, un bélier et un bœuf ou un taureau ; le sujet serait par suite une scène de sacrifice. L hypothèse ne laisse pas d’être séduisante. Elle soulève cependant une objection, car elle conduit à restituer deux grands frontons inscrits dans un attique très lourd, qui écraserait la colonnade. El d ailleurs, si 1 on suppose I existence d une scène de chasse, ne pouvait-elle pas former un
1. Calai. Sculpt. Brit. Muséum, II, n° io45, pl. XIX. Xevvton, Travels amJ üiscoveries, II, pl. 4- Brunn-
Bruckmann, Denkmaeler. n° 71.
3. J. Six, Journal of Hellen. Studies. XXV. i(jo5, p. 1 — 1 3 .
26o LES STATUES FUNÉRAIRES DU Ve ET DU IV' SIÈCLE
groupe isolé et indépendant, comme la chasse d’Alexandre, exécutée pour Delphes par Lysippe et Léocharès i* Le passage où Lucien parle « des hommes et des chevaux représentés en beau marbre, avec une parfaite exactitude 1 » nous semble autoriser cette conjecture.
Fie. 1O8. — Fragment d’une statue de cavalier provenant du Mausolée (Britisli Muséum).
D’après les Denkmaeler de Brunn-Bruckmann.
Quelques morceaux méritent encore d’être signalés. D’abord, une belle tête d homme barbu, au visage régulier, au regard pensif, et dont le caractère purement hellénique est frappant 2 (fig. 169). Les stèles attiques nous en montrent d analogues, traitées avec le même caractère de généralisation. Peut-être laut-il reconnaître ici le portrait idéalisé de quelque ancêtre de Mausolos. C est I influence de Scopas que I on retrouve, semble-t-il, dans une tête imberbe, à la-