Perrot, Hist. de l’Art, III. p. 600, fig
i4 LES TYPES DE L’ART ARCHAÏQUE
les types traités par la sculpture funéraire, il n’y a pas de différences essentielles1 2 3. Un type tel que celui de la Sirène, que nous rencontrerons fréquemment dans l’art attaque du ive siècle, est, sous sa première forme,
I image de I âme du mort, déposée dans le tombeau. C'est par une transition naturelle qu’il vient prendre place sur la stèle ou sur la base qui surmonte la sépulture. Il nous reste avoir s’il n’y a pas d’autres conséquences à tirer de ce principe.
L’âme a son soutien. Le corps a-t-il aussi le sien? Est-il permis de croire qu’avec le retour au rite de l inhumation se manifeste le souci de placer à côté du corps, voué à une destruction certaine, une image plus durable qui survive à cet anéantissement ? Là encore, il n’y a rien qui soit en contradiction avec les idées dont nous avons rapidement esquissé l’histoire. Les tombes royales de Mycènes nous en fournissent déjà la preuve. Les masques d’or où l’orfèvre mycénien a reproduit les traits du défunt avec un si curieux réalisme, trahissent bien la préoccupation de conserver, au fond de la tombe, l’image intacte d’un visage que la mort va promptement altérer ". Au vrai, ces masques sont les plus anciens monuments de la sculpture funéraire. On sait d’ailleurs que ce! usage ne se perd pas, et qu’on en peut suivre 1 histoire jusqu’à l’époque romaine '. 11 est donc légitime d’affirmer que, dans les plus anciennes croyances grecques, on retrouve quelque chose d analogue aux idées égyptiennes : il faut donner au corps un double plus durable, un véritable soutien.
Ce soutien, il est naturel de le chercher également parmi les figurines d’offrande. Certains savants ont poussé cette théorie jusqu’aux plus extrêmes conséquences. Pour M. Dragenclorff, il n’y a dans les tombes primitives et archaïques que des représentations purement humaines4. Les figurines de marbre des tombes des Cyclades, les « idoles » de Mycènes, les papadés de Béotie, ne seraient, au moins en majeure partie, que des images des morts. La plastique primitive n’aurait visé qu’à représenter des êtres humains, et c est seulement parce que l’imagination grecque prête aux dieux l’apparence humaine qu’on