‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 155 sur 212 · I. — LES STATUES D’HOMMES · texte numérisé non relu

I. — LES STATUES D’HOMMES

II esl facile de prévoir les conséquences qu’entraîne l’emploi fréquent des statues tombales. Forcés de satisfaire à de nombreuses commandes, les mariniers de l’époque hellénistique 11e se mettent pas toujours en frais d invention, et leurs productions deviennent plus que jamais des œuvres industrielles. Les ateliers disposent d’un répertoire courant. Pour représenter l’image même du défunt, traitée comme un portrait plus ou moins conventionnel, les sculpteurs trouvent, dans l’héritage que leur ont transmis les maîtres du ivc siècle, des types tout créés. Avec Silamon, Léocharès, Sthennis, les statues-portraits se sont multipliées. Dans le troisième tiers du ive siècle, l’art a très nettement défini I attitude, le geste, la forme de draperie qui donnent au personnage debout, en costume civil, la plus haute expression de dignité. Qu’on se rappelle par exemple YEschine du Musée de Naples1 2 3, ou le Sophocle du Latran, réplique de la statue de bronze que T orateur Lycurgue avait fait ériger au théâtre de Dionysos, entre les années 35o et 33o '. L orateur et le jioète sont figurés dans la même attitude, la main gauche appuyée derrière la hanche, le bras droit ramené sur la poitrine et soutenu par les plis de l’inmation ; conception vraiment plastique, et d autant plus heureuse que, suivant la juste remarque de M. Heuzey, elle procède de la réalité, et que 1 effet sculptural ainsi obtenu « tient «à 1 essence même du costume antique ! ». Et rien ne convient mieux pour ces effigies d’apparat qui conservent

1. Arndt-Bruckmann, Griech. and roem. Portraets, pl. 116-118.

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