‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 61 sur 212 · Couve, art. cité, p · texte numérisé non relu

Couve, art. cité, p

ailes retroussées. A voir la pose inclinée de la tête, la bouche un peu morne que n éclaire aucun sourire, on peut se demander si le sculpteur n’a pas voulu faire passer une ombre de mélancolie, « un nuage de Iristesse » sur cette

Pliot. Giraudon.

Fig. 4L — Statue de sphinx en pierre calcaire trouvée dans la nécropole de Marion, à Chypre. Longueur om,78 (Musée du Louvre).

ligure de deuil, et si nous ne voyons pas déjà poindre la recherche d expression qui s'imposera plus tard à la statuaire funéraire.

On connaît trop bien aujourd’hui l’action des influences ioniennes sur l’art attique du vf siècle, pour s’étonner qu un t\jie analogue à celui du sphinx de Marion se retrouve en Attique. Le sphinx découvert dans la nécropole de Spata est une oeuvre encore très archaïque, appartenant à la série des premières sculji-

LES FIGURES SYMBOLIQUES

tu res en marbre exécutées entre 5 - o el 55o‘ (fig. 45). Ce monument a été bien

Fig. 45. — Statue de sphinx trouvée à Spata, H. om,47 (Musée national d Athènes).

souvent décrit. Nous nous bornerons à en relever les caractères essentiels :

I attitude assise et non couchée, avec le buste liant el la lete droit*', posée de

i. Musée nat. d Athènes, Gavvadias, Calai., n° 28. [thon. MilthciL, IA, 187(1, pl V et p. o> (Milehhoefer). Brunn-Bruckmann, Denkmaeler , n° M» A. Cf. notre Hisl, de la sculpt. grecque, I. p. 383, fig. nj<). 1 >cfc> dominer, Sculptural Tombs oj Jfellas , p. 123, fig. 44- Perrot, Hisl. de l \rl. \ III, p. f»5(|, lig. )<>7- Péchât. La sculpl . Ql tique , p. 121-124, fig. 7. Locwv, Wiener Jahreshejte, \II. iQO(>, p. 26>-2h,|.

LES TYPES DE L’ART ARCHAÏQUE

face sur un corps destiné à être vu de profil ; la structure carrée de la tête surmontée du polos, où l’on distingue encore les rosaces tracées à la pointe qu’avivait la peinture ; le type du visage aux yeux saillants, à la bouche légèrement souriante ; 1 agencement de la chevelure, ondulée sur le front, retombant le long du cou en deux masses où le ciseau a découpé des chapelets de petites boucles. Il est à noter que le travail se limite à la face antérieure, et que le sculpteur n’a point poursuivi sur le revers le dessin des plumes ni les imbrications dont la poitrine est couverte. A n’en pas douter, la statue était faite pour être vue sous un seul aspect, et de bas en haut. Comme le sphinx de Chypre, elle se dressait sur un pilier ou sur une colonne couronnant le tertre du tombeau; elle offrait aux regards sa face sculptée, que rehaussait une vive polychromie, des tons bleus et rouges pour les ailes, un ton brun rouge pour la chevelure.

Les fouilles de M. Noack au mur de Thémistocle ont amené la découverte d’un second sphinx funéraire de vieux style attique1 (fig. 4b)- H a été trouvé, près des fondations du mur, avec un fragment d’arrière-tram d’animal assis qui lui appartient sans doute. Sa destination n’est donc pas douteuse; il décorait une ancienne tombe du Dipvlon. L attitude est identique a celle du sphinx de Spata : corps de profil, tourné vers la droite, visage regardant en face; même forme d ailes recoquillées, même décor en écailles sur la poitrine. Les gros veux saillants, la forme de la coiffure avec les boucles massées sur le dos et encadrant le cou. la ligne festonnée qui cerne la chevelure sur le front, tous ces traits l’apparentent de très près à la statue précédente. Mais la tête n’est point coiffée du polos. Le sculpteur a laissé lisse la calotte du crâne que recouvrait la peinture, et un mcniskos, dont on observe le trou de scellement au sommet de la tête, protégeait la statue contre les injures des oiseaux. Lin peu plus récent peut-être que le sphinx de Spata, celui du Dipvlon appartient également à la série des plus anciennes statues at tiques en marbre.

Outre ces trois monuments, nous ne pouvons guère citer qu un fragment douteux découvert en place dans la nécropole de Mégara Ilyblaea en Sicile2. II s’en faut cependant que ce type reste exceptionnel dans la sculpture archaïque. On en connaît d autres exemplaires dont la destination n’est point funéraire. Il nous suffira de citer pour I Attique le sphinx du Pirée, très voisin, pour le

1. Noack, Athen. Mitthcil., XXXII, 1907, p. .r)5o, n° 7, pl. \ X 1 1 1 et X\l\ , nos 1 et 2.

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