‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 64 sur 212 · III. — LE LION · texte numérisé non relu

III. — LE LION

Le type du lion est un de ceux auxquels est réservée une place importante dans la sculpture funéraire des Grecs. Mais bien avant que son image se dresse sur une tombe hellénique, une longue tradition lui a déjà donné, dans l’art de la Haute Asie el de la Syrie, son caractère symbolique. Emblème île la puissance royale, il est le gardien îles palais, des temples, des lieux sacrés. En Egypte, il devient le sphinx « qui n’a pu être à l’origine qu un lion chargé de garder les porles des temples 2 3 ». Nous le voyons en Chaldée et en Assyrie, sous sa forme réelle, jouer le rôle d’animal héraldique, et veiller à 1 entrée du temple ou du palais1. Dans la Syrie du Nord, à Sendschirh, des lions d’un style quasi barbare, à 1 aspect menaçant, sont les farouches gardiens qui protègent 1 accès de la forteresse4 5 * 7.

Comme le palais et le temple, la tombe est un heu sacré, qui doit être défendu contre les profanations. Tel est encore, en Phrygie et en Lvcie, le rôle dont s’acquitte le lion. Sculpté en relief sur le rocher dans lequel s ouvre la chambre funéraire, il veille sur les tombes phrygiennes d’Arslantash et d’Arslankava . De même en Lycie, témoin la tombe des Lions de Xanthosb. Ailleurs, il est représenté dévorant un taureau, manifestant sa force redoutable, et devenant ainsi le symbole même de la mort . Il serait facile de montrer cette tradition se poursuivant dans 1 île de Chy pre, où les monuments nous font voir

1. Un très bel exemple est le sphinx découvert à Ègine par Furtwaengler, Miinchener Jahrbuch der bildend. Kunst, Kjob, p. i et suiv. Loewy, Wiener Jahreshejte , XII, 1909, p. 260, fig. i33.

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