I. Dullellino arch. Sapolilano, v, jd
LES TERRES CUITES DE SICILE ET D’lTALIE.
clievaux marins, de Tritons ou de Centaures (fig. 70),montrent aussi un retour curieux a l’alliance de la poterie avee la plastique ceramique1. Le developpement de la decoration indiqueunc ambition tres haute de l’artiste : il vise a un elfet monumental, pareil a cclui qu’ont realise avec plus de bonheur certains orfevres de la Renaissance dans les vases de metal cisele ; mais l’effort esl ici penible, l’ordonnance cornpliquee et laborieuse, l'aspect general trop herisse de saillies, 1’ execution des details denuee de toule linesse. Du reste, d’apres une observation de M. Lenormant, cette industrie daterait d’une epoque voisine de l’Empire, du premier siecle avant notre ere2.
L’influence des Rons modeles grecs est plus sensible a Locres. Le Musee du Louvre a recemment acquis de cette provenance plusieurs tetes de femmes traitees dans la maniere severe de la premiere moitie du ve siecle : les dimensions indiquent des statuettes de grandes proportions. Une serie de plaques a reliefs, percees de trous et destiuees ajetrefixees sur des parois, offrent une imitation curicuse des types arcbaiques : on v voit des representations de divinites, entre autres un couple conjugal tronant sur des sieges eleves et tenant en main un coq, un epi de ble3; la ressemblance est grande avec les marbres funeraires de Laconic, ou Lon s’accorde aujourd’hui a reconnoitre des morts heroisms, mais l’arcbai'sme du style parait ici conventionnel et date peut-etre d’une epoque relativement recente. Rappelons que Pasiteles, fondateur au ier siecle avant notre ere d’une ecole de sculpture oil l’on s’attacbait areproduire la rigidite majestiieuse des anciennes
] . Biardot, Torres cuiles grecques fun'ebres , pi. 40-44; Rayet ol Colli gnon, llisloire dc la ceramique grecque, p. 550-337.
2. Academy, 3janvier 1880, p. 14. Une epitaphe fundrairc, trouvee dans la m§mc tonibe, est datee par des noms consulaires de l’an 087 de Rome (65 av. J.-C.).